AVEC LES INDES ORIENTALEL.Liv. XVIL Chap. Iíí. 5 g 3& force les maîtres les plus barbares 3 le favoriser. Le second Succeíîeurde àLomsr, de cet homme qui s’érigea en Souverain lorsqu’il n’avoitqu une trentaine de sujets, fe trouva assez puissant, après avoir conquisla Perse, pour exiger un tribut annuel considérable de l’Egypte: l’Empe-reur Heraclius , qui n’étoit pas en état de défendre ce Pays me pouvantnéanmoins souffrir que les habitans payassent à un autre Prince qu’à luiune aussi forte somme que celle de deux-cens mille écus d’or ( a \ com-manda de refuser le tribut; la guerre suivit, ses troupes furent battuesil fut accablé de chagrin, & il perdit l’Egypte (*). Omar , second Cali-fe, qui fit cette conquête, ne régna que dix ans & demi, & dans cetespace de tems il soumit à ion obéissance la Svrie, la Chaldée, la Méfopotamie , la Perse, l’Egypte, & une partie de'f Afrique, jufqu’à Tripo-li en Barbarie. Ce coup fit perdre aux Grecs toutes les Provinces del’Orient, & le Commerce des Indes, au moins de ce côté-là (b) U estpresque inconcevable quel changement f élévation de ce nouvel Empirefit dans la face des affaires, . & quels ravages suivirent avant que cesGonquerans ruílent allez civilisés pour cultiver les Arts de la paix &pour tâcher par quelques réglés de Politique d’affermir & de conserverí’Empire qu’ils avoient fondé, qui écoit effectivement le plus vaste qu’oneût jamais vu, puisqu’il s’dtendoit vers l'Occident jusqu ai’Espagne, & àPOrient jusquaux frontières des Indes (c). L’irapétuosité qui fit queles Sarrasins se rendirent maîtres en si peu de tems de tant de Provincesnepermettoitgueres,selon les apparences, qu’ils demeurassent longtemsréunis fous un seul Chef, ce quiétoitcertainement l’intemion deleur Fon-dateur. Sans entrer dans leur Histoire au-delà de ce qui est absolumentnécessaire , remarquons qu’ Abulcaffem Mohammed Ben Abdallahs étant enpossession d’une partie de l’Afrique, se rendit indépendant lan 296 de1 Hégire, & prit, non le titre de Calife, mais celui de Mahadi, qui si-gnifie Directeur (d). 11 établit ie siégé de fa Monarchie à Cairoan , quieltlenoraque les Arata; donnent à la ville d e Cyrene, ou pour mieuxdire a une nouvelle vil.e bâtie fur les ruines del’ancienne. 11 laiíso la Cou-ronne à son fils Cajem, qui transporta fa résidence à Mabadìe , qui étoit unenouvelle ville que son pere avoit fondée. Son petit-fiis Abou Terni m Maadsurnommé Moez Lcdinillah , qui monta sur ie Trône fan 341 de J’Hégiré 'suivit le projet que ses prédécesseurs avoit formé de se rendre maître d t ’l’Egypte (í).
G) Paul. Diacotl. L XVIII. Guliel, Tyr, (c) V07. Oc<‘- ' y Hisl. des Sarrasins.
P- IX. (d) Epit. Ilist. Saracen. L.V. p.oi.
O) Abulfarag , Hist Dynast.p. 113. (e) D’IIerbehi llìbl. Orient, p. 595. '
(*) L’Egypte étoit en ce tetns*là assez riche pour pouvoir payer ce tribut f an ,préjudice des revenus de i’Einpereur-Grec : il ce Prince i’avoît employé á y constrn'des Forteresses, à équiper une Flotte, & á mettre fur pied une Armée i] surnrconserver cette Province, la meilleure de tout son Empire; mais son avw-/ ■ pulut garder tout fut ia véritable cause qui lui fit tout perdre, L à mTfLTpteson-tre les mains de Barbares , dont elle n’est jamais sortie, & dont selon soutes sos caren-ces elle ne sorttfa'janiais (1). - "
(1) ~ibnlfareg. Hist, Dynast. p, i 79 .