AVEC LES INDES ORIENTALES. Liv. XVII. Ciíàp. III. 5 8 9
est vrai que cette ville souffrit plusieurs fois beaucoup des révolutions quiarrivèrent en Egypte, après quelle fut tombée fous la puissance des Ma-hométans, & que nous avons sommairement indiquées,- cependant l’ex-cellence du Port d’Alexandrie, & les avantages fans nombre que le com-merce qu’on y faisoit, procuroit à ceux qui étoient maîtres de l’Egypte,empêcha son entiere ruine, quoiqu’elle fût entre les mains de la Nationia plus barbare. Avant que de parler de la derniere & fatale révolu-tion arrivée dans ce Pays, à de la grande décadence de son commer-ce, il faut dire quelque chose d’une autre voye , par laquelle les mar-chandises des Indes passèrent pendant quelque tems err Europe : deuxraisons nous y engagent; premierement, parcequ’on n’y a presque pointfait attention; & en second lieu, parceque sexpérience ayant prouvéqu’elle étoic praticable, il ne seroit pas impossible qu’un jour ou autreelle ne fe rouvrît («).
Le Lecteur fe souviendra que nous lui avons déja fait connoître le lesGênois
.uvais état où l’Empire Grec a été pendant quelques siécles , avant.__ > - - 1 1 * davoii .
mauvaisson entiere
ruine , dans le
en-
avec
., «ana tems, qu’au milieu de quelques rayons d z Cmmercc
prospérité , il étoit allié avec les Etats d’Italie. Les fréquens revers .qu’il indép,eut á essuyer, l’obligerenc de leur laisser occuper les Places qui étoient à dant tleur bienséance, jusqu’aux fauxbourgs mêmes de Constantinople. Iln'y à làen eut point qui rendissent plus de service aux Grecs dans quelques occa-sions , & qui en d’autres en agissent plus mal que ìes Génois, qui onttoujours passé pour hardis, iricrigans & entreprenais. Depuis plusieurssiécles ils a voient une grande part au Commerce de l’Empire Grec, & ilsn’étoient pas assez scrupuleux pour négliger le profit qu’ils pouvoient fai-re en trafiquant avec les Mahométans : tout cela ne suffisoit pas cepen-dant à leur ambition ou à leur avarice. 11s jugèrent qu'en s'assurantquelque Port commode fur la Mer Noire, il étoit possible de procurer àla République une sorte de commerce exclusif, qui pourroit être très-avantageux, & dans cette vue ils s’emparerent du Port de Cassa clans laTartane Crimée (b). , Ce Pays s’appelloit anciennement la Chersonese 1266.Taurique, & il est parle souvent de Cassa dans les anciens Auteurs fousle nom de Theodofia. Les Génois trouvèrent cette ville en assez bonétat, mais ils la'rendirent bien plus florissante. ils améliorèrent lePort, augmenterenr les fortifications, & embellirent la ville de quantitéde beaux édifices, dont on voit encore les ruines. 11 leur étoit facilede faire tout cela avec les immenses richesses que leur procuroit l’Em-pire de la Mer Noire, qu’ils possédèrent tant que Cassa fut entre leursmains, ne le partageant qu’avec ceux avec lesquels ils étoient obligésd’avoir à faire, pour entretenir correspondance avec les Pays au-delà dela Mer Caspienne (c). A la fin, après qu’ils eurent lâchement aidé auxTurcs à passer en Europe & à leur faire prendre Constantinople, contretoutes les réglés de la bonne Politique, aussi bien que contre tous les de-voir*
(a) Huet ubi sup. Ch. 44. fart. P. VII. Ch. 5.
Cbj Ahikhaûi Kljan, jíist. Gdnéal. des (c) lluct 1 . c.
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