AVEC LES INDES ORIENTALES, Liv. XVII. Chap. III. 591' U se fait cependant encore un grand commerce à Cassa, . & c’est Téta- Etatprâ-pe de la Mer Noire, ensorte que Je Chevalier Chardin assure que pen-dant quarante jours il en vit partir plus de quatre-cens voiles. Les Vér Caffa *nidens , peut - être dans l’espérance 4e. faire revivre en quelque façonfaocien commerce, obtinrent á grands frais, en 1(572, de la P<?rte lapermission de venir négocier dans cette ville (a)*. Mais cela ne dura paslongtems ; les Juifs firent craindre tant d’inconvéniens de ce commerce,qu’en moins d’un an, nonobstant l’argent quïis avoient dépensé, la per-mission fut révoquée, & par-là toutes les tentativc-s pour renouvelles leCommerce des Indes par cette voye cesser en t. 11 n’est pourtant pas in-croyable, qu’avec le teins elle ne puisse s’ouvrir de.nouveau; car lesRusses étant maîtres d’Azof, & ayant un grand nombre de vaisseauxmarchands dans ces mers, il pourvoi t arriver telle révolution qui rendroicla navigation de la Mer Noire entierement libre, & restitueroic aux Eu-ropéens en général, mais fur.touc aux Etats d’ítalie , un commercetrès - lucratif en foi-même, & capable d’accroissement ; cela donneroitune nouvelle face au Commerce de l’Europe en général, si cela arrivoicjamais (b).
Revenons à présent à la grande voye du Commerce des Indes avant la a-découverte du passage par le Cap de Bonne-Espérance, qui étoit le Porc vanl agesd’Alexandrie; & considérons un peu de quelle importance il étoit à ceux nidens-Vqui le faifoient. Ce fut fans-contredit le véritable fondement du va i\t tiraient'dacommerce, des prodigieuses richesses, & de la formidable Marine des Gemmera:Etats d’Italie. Ce fut par-là qu’ils firent de grands profits fur tous les txc Mf^autres Peuples de !'Europe; & ce qui est bien plus surprenant, ils en- es *voyerent des A gens dans les autres Pays , pour y résider òty diriger le-commerce, comme si les habitans en étoient incapables (c). Li en tems
de
(á) Hist c!e Vénise, p. 391. (c) Gérard Malines, Lcx Mercatoiia L.
(A) Dict. de Commerce, Vol.ll.p. 587. XI. ch. I2 .
faire les autres branches de comtneice avec avantage , & pour développer par quelsdifférens moyens les Italiens s’en font conservé pendant si longtems la possession, danslaquelle ils se seroient maintenus, selon toutes les apparences, plus longtems encoresi le passage par le Cap de Bonne-Espérance n’avoit pas été découvert. A l’égard déce que nous insinuons, qu’il n’est pas. impossible qu’un jour ou l’.autre le commerce parce côté-là ne se rétablisse, on n’a qu’à se rappcller les grands projets formés & exé-cutés en Russie par Pierre k Grand (i'j; qu’on fc souvienne encore, que de notre teinsles Ruffiens ont été maîtres de la Capitale, & de. tout le plat- pays de la Crimée (2),& que l’on juge, s’il y a quelque chose d’improbable dans la supposition, que dans uneautre guerre leur bonne fortune les pourra mettre en possession de la Forteresse & duPort de Cassa; en ce cas-là rien ne les empêcheroit de faire revivre ce commerce, cequi, comme nous le disons dans le texte, ne pourroit qu’avoir de très-grandes suites.Eu attendant il y a une extrême différence entre des prophéties & des conjectures ; nousne prétendons pas prédire que cela arrivera jamais, mais nous disons feulement que íachose peut arriver, & nous marquons quelle relation cet événement, s’il arrivoit, au-loitavecle sujet que nous avons en main.
(-) Essai set le Commues & fur. la Marine, p, 21, (z) Hist, de la ckrn, Guerre, p, ?? 7 > ,