DANS LES INDES ORIENTALES. Liv. XVH. CflAfc VII. 9
des doux de gérofle : ce qui fait qu’on nomme les Molucques, les Mines à 'ot Siíctioude la Compagnie ; aufli l’ont-elles été, car le profit qu’elle en retire est im- XVII.mense, & il n’est gueres à craindre que ce fonds s’épuife jamais («). Une Gouverne-livre de noix muscade ou de doux de gérofle coûte à la Compagnie environ âà!-un demi sol, & l'on sait à quel prix elle le vend en Europe. ne .
C’est dans l’Ifle d’Amboine qu’est le centre du riche Commerce des doux ——-de gérofle, & la Compagnie pour en être maîtresse absolue, fait arracher O»»*»»»#dans les autres Istes tous les arbres qui produisent ce fruit. Souvent même k l r °n*s efabondance y est si grande, qu’elle est obligée d’en brûler beaucoup. Quel- recueillentques jours après que le fruit est tombé, on le ramasse, & on le feche fur fi? je pré•des claies devant le feu, & c’est de-là que d’un beau rouge qu’il est naturel- parer,t àlement il devient brun ou noir : ce qui vient peut-être de l’eau qu’on verse Amboine,dessus. On prétend qu’on le trempe, pour empêcher les vers de s’y met-tre; mais il y a peut-être une autre raison, c’est que l’eau augmente la pe-santeur du clou (è).
Quelque foin que l’on prenne, & avec quelque attention que l’on com- ll ejl disi-pare les meilleurs Mémoires, il est très - difficile de parler de ce sujet avec cile dc llé ‘la certitude & la précision que l’on pourroit souhaitter, pareeque les Rela- ^rions se contredisent souvent , & qu’on a de la peine à démêler qui a rai-son. D’ailleurs les Hollandois font perpétuellement des changemens dans lamaniéré de gouverner les épiceries, déserté qu’au bout de quelques annéesles meilleures Relations se trouvent , en défaut. De-là vient que quantité dechoses rapportées par des Auteurs d’un grand poids, ne se trouvent plusconformes à la vérité aujourd’hui. Par exemple, on dit que l’on abbat lesdoux ou qu’on secoue l’arbre, au-lieu qu’on les cueille à la main, & fi parhazard une branche se casse, l’arbre en souffre, II y en a qui ont dit qu’onne recueille les doux qu’une fois en plusieurs années, d’autres assurent qu’onles cueille plusieurs fois dans un an. L’un & l’autre peut être vrai, s’il s’agitde lieux differens, & íl on parle auíîî de differens teins. A-préíent il nelè fait par an qu’une seule grande récolte, entre le míiieu'd’Octobre & la mi-Décembre, tantôt plutôt tantôt plus tard, selon que le fruit est mûr. Il y a desannées où les arbres produisent quatre, cinq ou six fois autant qu’en d’autres.
Mais en prenant un nombre moyen pour sept ans, on peut le fixer à un mil-lion de livres ; on compte que l’un portant l’autre chaque arbre qui produit,rend quatre livres (c).
C’est une erreur vulgaire, que cet arbre est d’une qualité si chaude, qu’il quellene souffre pas que rien croisse aux environs. La vérité est qu’on n’y laisse ™ ariert!l ?rien, & que c’est-là ce qui fait partie de fa culture. La Compagnie a pu- Itblié un ample Règlement pour la culture & la sûreté des Plantations de gé- i es Giroflesrofle, qui sent partagées en cinq districts, & tout le monde est obligé de dans kss y conformer sous les plus rigoureuses peines. Le clou sauvage est plus Moluc '
Ar Pdnfola , Nieuhos, Schouten , Iía•
(D Mémoire du Dr. Garcin. Expéditionlomé Vin,
. gros
de trois Vaisseaux, T. II. p. 145-147.
(<•) Dictionn.de Comni. T. 1 . Col. 1215.
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