10 CONQUETES, ÉTABLIS 3 EMENS &c. DES HOLLANDOíS
fjtcnon gros & plus spongieux, celui qui est cultivé plus petit, plus dur &plus aroma-XVII. tique tant pour l’odeur que pour le goût. II est certain que les Hollandois se sont
Gouverne- j onn ^ S à peines extraordinaires pour extirper lesGérostiers dans les dix IslesífAmboi- qui dépendent d’Amboine, & dans celle de Ceram même, qui produisoitne. autrefois les meilleurs doux; & c’est aujourd’hui un crime s’i 1 s’en trouve— — — hors des cinq districts dont on a parlé. C’est pour prévenir cela que leGouverneur d’Amboine fait le tour de son Gouvernement avec une Flottede Corcorres , qui est quelquefois de vingtd’autrefois de trente, quaranteou cinquante Voiles ; & cette tournée se fait avec toute la pompe imagina-ble , pour contenter la vanité des Chefs Indiens. La véritable raison quiengage les Hollandois à prendre tant de peine, c’est qu’ils savent par ex-périence, que les Traités les plus solemnels ne peuvent empêcher ces Insu-laires de vendre de leurs doux aux Etrangers ; & les Hollandois eux-mêmesfraudent souvent sur cet article, bien-que la Compagnie fasse toujours pu-nir avec la derniere rigueur ceux que l’on y attrappe ; c’est par cette rai-son qu’on appelle ce fruit Galgen-kruid , c’est-à-dire Epicerie qui conduit àla potence (a).
Farces de Les forces de la Compagnie dans l’Iste d’Amboine consistent principale-la Comp/u menr àns la Garnison du grand Fort, qui est toujours nombreuse, rarementboine^â? àe moins de six-cens hommes de ses meilleures Troupes, qui font toujoursnouveaux en bon état. Le Fort, nommé la Victoire , est si bien fortifié par l’Art&Iaavantages Nature, qu’il est en quelque façon imprenable; il commande tellement lede cet Rta- Port, qu’aucun Vaisseau n’y peut entrer ou en sortir sans être coulé à fonds,ijjemcnt. ^ Q ouve rneur le veut. On croiroit qu’un Commerce aussi riche quecelui des doux suffit pour dédommager la Compagnie des dépenses quellefait dans cette Iíle. Mais les Hollandois ont fi grand foin de mettre tout àprofit, que depuis quelques années ils y ont planté du Cassé, qui avec letems pourra tourner à compte (/;). Dans le teins que M. Bernard étoit Gou-verneur d’Amboine, on découvrit quelque chose de plus précieux encoreque du cassé & des doux ; par fa vigilance on trouva que les torrens qui des-cendoient des montagnes entraînoient une grande quantité de Poudre d’or ;il poussa cette découverte avec tant de succès ,qu’il parvint à découvrir aussila mine: desorte que les richesses de ces Pays des Indes augmentent tou-jours, quand ils font entre des mains qui savent tirer le meilleur parti detout (c). Avant que de quitter Amboine, nous ne devons pas oublier uneespece de Bois rougeâtre qui s’y trouve, qui outre qu’il est fort beau,est solide & de durée ; il est peint naturellement de toutes sortes defigures. On en fait des tables, des cabinets, des cassettes & d’autresmeubles pour les principales personnes du Gouvernement, le reste se venden difterens endroits â fort grand prix : desorte que c’est encore un articleà ajouter aux richesses que produit Amboine (d) (*).
SEC-
(a) Mém. du Dr. Garcin. Expédition de 00 Idem ibid.
trois Vaisseaux, T. IL p. 148,149. {.dj Ibid. p. 153. Diftionn. de Commerce
(-) Idem ibid. p. 152. ss- 1 » Col. 1216.
(í) Si nous devons nous en rapporter à ceux qui ont examiné à fonds les affaires delsCompagnie fur les lieux, & pendant qu’ils étoient à son service, nous devons croire que