t2 CONQUETES, ÉTABLISSEMENS&c. DES HOLLANDOIS
SseriôK font considérables que par leur situation; ce qui a engagé les Hollandois à yXVlll. construire des Forts où il y a un Sergent & quelques Soldats, pour empê-^lentde' cber le petit nombre de misérables habitans d’avoir commerce avec leurs voi-Iianda. sins ou avec les Etrangers (a) (*).
— —— C’est-là une description fidele de ces Isles, telles qu’elles font à-présent;
Culturels e ]ies ne laissent pas d’être de la derniere importance aux Hollandois, & leurdsMufca- va ^ ent mutant qu’Amboine , ayant eu la politique d’y rassembler toutes lesdicn U Je richesses des Molucques. C’est la source de simportant Commerce destes isies. noix muscades, qui y croissent en si grande quantité que les Hollandois enfournissent à tout l’Univers (b). L’arbre qui produit cet excellent fruit estgrand comme un poirier, ses feuilles ressemblent à celles du pêcher, hor-mis qu’elles font plus petites. La noix étant parvenue à fa parfaite maturi-té est de la grosseur de nos noix vertes. Elle est couverte de deux écorces :îa première est fort groffiere de l'épaisseur d’un doigt, & se fend à mesu-re que le fruit mûrit. Quand on la confit, elle est d’un goût très-agréable.La seconde est rougeâtre & odoriférante ; en l’ouvrant on trouve le fruit &au dessous une fleur fort belle, qui ressemble à un lis des champs. En la cueil-lant on ìa fait sécher, mais la noix est d’abord jettée dans de la chaux vi-ve, pareeque fans cela il s’y engendre des vers (c).
Précœa-' Outre les Isles dont on a parlé, il y en a d’autres dans le voisinage deTrcïJVur àà, où ces arbres croissent, mais la Compagnie les y fait arracher tousicTmpé- les ans. Cela paroît d’abord extraordinaire, puifqu’il semble quêtant unecher dt fois bien détruits, ils ne devroient pas reparoître. Mais il faut savoir queendtre j es oiseaux transportent le fruit d’un endroit à l’autre, ce qui fait que lesailleurs. Hollandois les appellent avec quelque raison les jardiniers des arbres aromatì *■ques ( àj. On n’est pas d’accord fur la maniéré dont cela fe fait, bien-que
tous les voyageurs conviennent du fait. M. Tavernier dit que la noix é-tant mûre, il vient de certains oiseaux des Isles qui font au Midi, qui lesavalent toutes entíeres, & les rendent de-même fans les avoir digérées (Y),& que ces noix alors couvertes d’une matière visqueuse ik gluante tombant à
ter-
(а) Dictionnaire de Commerce , T. I. (t) M c m. du Dr. Canin.
Col. 1214. CO Expédition de trois Vaisseaux, T. II.
(б) Mém. fur le Commerce des Hollan- p. 155.
dois, p. 243. (0 Voyag. P. II. L. II. p. m. 299.
(*) On fera peut-être bien aise d’être instruit du véritable état des choses dans cesIsles, & de connoître exactement la maniéré dont les Muscadiers font partagés en vergers.L’isle de Lontor , qui est la plus grande, a vingt-cinq de ces vergers , les uns plus grands& les autres plus petits, qui tous pris ensemble font estimés avoir environ foixante-dix-mille toises en quarté. L’iste de Nera, bien-que la seconde en grandeur, n’a que deuxvergers, qui ont cinq-mille quatre-cens toises en quarté. L’isle de Puloway est très-peti-te, mais extrêmement fertile, n’ayant pas moins de six vergers de Muscadiers, qui fontcent-quarante-mille toises en quarté. On convient aussi généralement que les noix && les fleurs de muscade de cette Isle sont préférables à celles des deux autres, ce qui vientuniquement de la bonté du terroir ; car d’ailleurs l’air y est aussi mauvais que dans aucunedes Iíles voisines, cqrnme on l’a dit dans le texte (1).
(0 Diftior-na ie d; Commerce, T, I. Co!. 1214, i.jj.