DANS LES INDES ORIENTALES. Liv. XVII. Chap. VII. 13
terre, elles prennent racine & produisent un arbre, qui ne viendroit pas si Sectionon le plantoit à la maniéré des autres. AI. Thevenot dit (a) qu’il y a dans XV11Lfille une espece d’oiseaux, qui avalent les noix après en avoir dépecé l’é- d&corce verte ; que quand ils les ont gardées quelque tems dans f estomac, ils B a ^ a _
les rendent par le conduit ordinaire, & quelles ne manquent pas de pren- - ->,
dre racine dans le lieu où elles tombent ; & de produire un arbre avec letems. Cet oiseau eít fait comme un coucou, & autrefois les Hollandois dé-fendoient fur peine de la vie d’en tuer aucun (//) (*).
A la longue, les Serviteurs de la Compagnie ont découvert pour les mus-cades, comme pour la canelle & les doux, la meilleure maniéré de lesbiencultiver, que nous rapporterons en peu de mots. Ces arbres ne viennentprésentement que dans les trois premieres Isles ; & comme ils font fort ten-dres & délicats, ils font plantés dans des vergers plus ou moins grands. Cen’est pas que ces vergers soient entourés de murailles ou de palissades, ils lefont seulement d 7 arbres plus hauts & plus forts que les Muscadiers, pourmettre le verger à couvert de la violence des vents, qui font fréquens dansces Isles. On employé constamment dans ces vergers un grand nombred’Efclaves pour nettoyer le terrein & en arracher les mauvaises herbes, &pour ramasser le fruit qui tombe de foi-même, qui est ordinairement le plusmûr & le meilleur. La grande récolte fessait dans les mois de Juin & d’Août,mais comme c 7 est la saison des pluies dans ces Pays-là, qui font fréquem-ment accompagnées de grandes bourrasques de vent, il arrive souvent de fâ-cheux contretems, parceque le vent abbat les fruits mûrs & verds pêle-mê-le avant qu’on les ait cueillis ; à-la-vérité les noix vertes ne font pas per-dues , on les fait confire, & feches ou liquides elles font une excellente con-fiture (c).
On fait dans le mois de Novembre une eípece de seconde récolte du fruitqu’on a laissé aux arbres pour mûrirce qui nempêche pas qu’on n’y re-vienne encore au mois d 7 Avril ; & bien-que l’on ne recueille alors que peude noix, ce font de beaucoup les meilleures, parce qu’elícs font eh petitequantité , & n 7 ont point essuyé de mauvais tems. On compte qu une an-née portant l’autreces trois Isles en produisent huit-cens-mille livres; &
O) Voy. T. V. p. m. 320. (f) Mém. du Dr. Garcia.
CO Tito. Pope Bkunt,li aval History, p. 48.
CO H est assez difficile de dire, s’il n’y a pâs eu quelque chose de vrai autrefois parrapporta la défense de tuer ces oiseaux; mais à-présent ce n’est plus cela. II y a dansles Isles de Banda & d’Amboine plusieurs especes d’oiseaux, mais sur-toutune soi te de pi-geons, qui en avalant les clpux & les muscades, qu’ils rendent ensuite, multiplient lesarbres sauvages dans toutes ces Isles, &la Compagnie oblige les habitans à les arracher;on ne fait aussi aucun quartier aux oiseaux dans les Plantations (ì). Pour ce qui est«e la bizarre imagination que ces arbres ne viendroient pas s’ils étoient plantés d’ li-"e autre maniéré, il y a longtems que les gens sensés y ont renoncé, puisque ces arbressiìn mu ' tiplìent slue trop aisément, & cela seul fait que les Hollandois font si jaloux &slviets fur cet article (2),
(’) Voy ’ T. 1. p. m. H i. Mém, du Dr. G«nin. (z) Expédition Sec. T. II. P- »*•
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