DANS LES INDES ORIENTALES. Liv. XVII. Chap. VII. 15plus mal à son aise qu’aucune de celles de la Compagnie; ce qui vient fau- Skctiobte de bonne nourriture, car les vivres font fort rares dans ces Isles, le XVIII.terroir étant très-fablonneux & stérile. Les pauvres Soldats mangent deschiens, des chats & d autres animaux qui leur tombent entre les mains (sl). Banda.La meilleure nourriture est la tortue, qu’ils peuvent avoir pendant íix mois —.de Tannée ; & ils fe félicitent quand ils peuvent attrapper quelque mauvaispoiílon. Ils font leur pain du suc d’un certain arbre qui ne ressemble pasmal à de la lie de biere. Ce suc étant séché devient dur comme une pierre,mais étant jette dans seau, il leve & devient bon à manger, c’est-à-diredans un Pays où il n’y a pas autre chose. A T égard des autres vivres com-me du beurre, du riz &c. on les fait venir de Batavia, mais ils font tropchers pour que les Soldats puissent en avoir beaucoup. Pour dire la véritéles habitans n’y font pas fort heureux , deforte qu’on peut dire qu’ils ont lefort qu’ils méritent, puifqu’il est rare qu’il fe trouve un honnête hommedans ces Isles (b).
Ler originaires étoient si médians, si fourbes & si intraitables, à ce que Habitant.disent les Hollandois, que la Compagnie a été obligée de s’en défaire, &de les remplacer par des Colonies Hoilandoifes ; mais dans le fond ce chan-gement n’a pas mis les choses fur un meilleur pied ; car ces Colonies fontcomposées de gens fans aveu ou de vauriens, qui ont été ou bannis de leurpatrie, ou qu’on y relegue pour leur punition ; les uns font condamnés à y de-meurer le reste de leurs jours, d’autrespour un tems. La plupart n’y viventpas longtems, & meurent ordinairement de la maladie qu’on appelle miséré-ré. On y envoye aussi de jeunes-gens qui ne veulent pas fe ranger & qui me-neur une vie déréglée, pour les rendre souples & dociles, deforte que lesI lollandois de Batavia appellent Banda Yljle de Correction. Les seuls habitansqui y font assez à leur aise font des Negres, qui y étoient établis avant queles Hollandois en sissent la conquête, & qui vivent assez tranquillement dansleurs montagnes. JNous apprenons par quelques-unes des dernieres Relationsde ces quartiers-là, que la Compagnie a fait essayer à Amboine de planter &de cultiver des Muscadiers, dans le dessein, à ce que Ton croit, d’y trans-planter le Commerce de la muscade, comme elle a fait celui du géroíie, par-ceque les éruptions du Volcan, dont nous avons parlé, deviennent de plusen plus fréquentes, & par conséquent T air des Isles de Banda devient ausside plus en plus mal-fain (c).
S E C-
(<*) flaatiltoti't Accòtmt of tbe Eaft Indies,Vol. II. p. 1^2.
(£) Expédition &c. 1 . c. p. 157,158.
(c) Dictionnaire de Commerce, T. LCol. 1216.