H CONQUETES, ÉTABLISSEMENS & c. DES HOLLANEOISSection si J’on en croît l’opinion commune environ deux-cens-milie livres de sieur,XVIII ‘ dans la proportion suivante. L’Isle de Lontor en rapporte six-cens-millewmcZ',/ Hvres, Nera quatrevingt - mille , & Puloway cent-vingt-mille. On em-Banda. * ployé entre deux & trois-mille Esclaves pour avoir foin des arbres (a). 11 y a-II» des muscades sauvages, comme de la canelle & des doux de gérofle sauva-ges , mais elles ne valent pas grand’ chose, & il est aisé de les distinguer desvéritables, qui font longuettes comme un petit œuf. On apporte peu oupoint de noix sauvages en Europe , parcequ’elles ne se gardent point,& qu’il s’y engendre des vers, soit par un effet de leur humidité na-turelle , ou parcequ’elles ne font pas préparées convenablement quand onles recueille ; & l’on prétend qu’il y a certaines choses à observer à cet é-gard, dont les gens de la Compagnie font un grand mystère. On convientque quand ce fruit est mûr, la pulpe qui se trouve entre les deux écorces estrude, chaude & désagréable, & rien cependant de plus agréable lorsqu’el-le est confite ou marinée. II y a parmi les habitans de Banda de francs Bour-geois , qui seuls ont le droit d’avoir des vergers Muscadiers, & qui four-nissent les noix à la Compagnie ; on leur fait une modique gratification, &ils font néanmoins à leur aile. 11 croît ici, de-même que dans l’Ifle d’Amboi-ne, une forte d’Arbre nommé Caîiputtc , dont on tire une huile fort salutaire,aussi la vend-on très-cher (b) (*).
Forts íks Les Ports que les Hollandois ont dans les Illes de Banda font très-bienHollan- fortifiés ; mais pour prévenir tout inconvénient si quelque Vaisseau ennemiûoìs,- torn en troit dans le Port avec Pavillon Hollandois, il y a toujours une EscadreBanda 5 **de petits Vaisseaux, qui croisent autour des côtes; dèsqu’ils apperçoiventun Vaisseau étranger ils l’environnent, & examinent d’où il vient, où il va,& de quelle force il est. La Garnison est assez nombreuse, mais beaucoup
plus
(a) Dictionn. du Commerce, ubisttp. ( b) Expédition de trois Vaisseaux, T. II.
p. 156.
(*) II est «fiez extraordinaire, qu’avant l’arrivée des Européens aux Indes, des Natu-rels ne se servoient pas des épiceries de la même maniéré que nous, mais ils tâchoientd’en tirer des huiles & des baumes, qu’ils eftimoient très-salutaires pour les maux de tête,les crampes d’tstomac & les engourdissemans, L’tímpereur de Ceylon fait bouillir le fruitdes Caneliers, dont on tire une huile qui nage fur i'eau, qui se congele, & forme uneespace de cire blanche, dont on fait des bougies pour l’usage du Roi seul (i). Les Sujetsont pourtant la permission d’en tirer de i’huile. qu’ils brûlent dans leurs lampes , & dont ilsse servent extérieurement avec succès (a). Ce qu’on appelle Oleum Malabathrt est une hui-le qu’on tire des feuilles du Canelier ; elle est épaisse & ainere, & a le goût de l’huile degérofle mêlée avec une petite quantité d'huiíe de canelle; on s’en sert intérieurement &extérieurement. Les Insulaires d’Amboine se servent de l’huile de gérofle de la mêmemaniéré , mais principalement pour les maux qui viennent de froid : ils mêlent quel-quefois un peu de poudre de doux avec leur tabac ; mais comme cela donne fort à latête , on le fait rarement. Dans les Istes de Banda on fe servoit d’huile de muscadepour la crampe, & les engourdissemens après avoir dormi à pair, accident ordinairedans ces Pays (z). L’huile dont il est parlé dans le taxte étant devenue peu ipeu âmeil-leur marché, on s’cn sert beaucoup plus que des autres, parcequ’elle a au moins autant
d’odeur (4).
fil Hist. des Indes Orientales, T. II. f. îîi. fs) Voy. de Schtmtn, T. I. p. ni. 14J.
( Z/ Me'm. du Dr. Carcìn. (4) Sut des informations particulières.