22 CONQUETES, ÉTABLISSEMENS &e. DES HOLLANDOISS-'ctio» La Baye est fore large, & s’avance en ovale deux ou trois lieues dans Iëa
"xx. terres - elle en a environ neuf de circuit, & peut contenir commodément
Gouverne- , d ’ cent Vaisseaux, mais son fonds n’est pas par-toutégalement bon, &T nt ’a nrès des terres il y a du danger. Le Fort des Hollandois, qui commandes -Bonne- la Baye, est vers le milieu ; c’est un Pentagone régulier , chaque bastionEspéran- e ft m onté de vingt pieces de gros canon. La ville & le Fort font situes auce. bouC ssune plaine, dont le circuit est de trois lieues, au pied de trois mon-BaZTZ tágnes. La premiere s’appelle la Montagne du Lion , parcequ’elle ressent-Cap. ble à un Lion couché : la seconde est celle de la Table , c est la pins haute,car dans un tems clair & serein on l’apperçoità une distance de plus de vingtlieues ; la troisième est la montagne du Diable , qui n’a rien d’auífi remar-Eble que les deux autres. Les maisons de la ville font belles & agréa-bles mais elles n’ont que deux étages, à cause des vents de Sud-Est, qui
y font très-dangereux. Les habitans qui demeurent au Cap & fur les côtesfont la plupart Chrétiens, on les appelle Africains; les autres qui habitentplus avant dans le Pays, on les nomme Paysans. Ils font ou Européens, oud’origine Européenne (a). _ , . , . ,
II V cn a qui demeurent a troìs-ccns Iigugs ugs cotes ? cecjui n empeche pásíulnla. qu’ils ne soient, obligés de fe rendre une fois par an dans un lieu nomméfions,Jans Stellenbofch où le Drossard du Pays réside; on les y lait passer en revue ,ks Tenes - parcequ’ils forment, ainsi que les bourgeois, des Compagnies qui ont leursOfficiers. Après la revue ils s’en retournent chez eux, profitant de cetteoccasion pour acheter tout ce qu il leur faut dans leur ménage. Ces genscultivent la terre, & fement du seigle, de forge, des poix, desfeves; ilsplantent aussi des vignes dont le vin est excellent. II y a de ces paysans quipassent pour très-riches, ayant outre de belles terres des troupeaux considé-rables Entre autres Colonies, il y en a une à huit lieues de la ville, toutecomposée de François Réfugiés, qui cultivent aussi les terres. L’endroitoù ils demeurent s’appelle Drakenstein , ils y ont aussi leur Eglise & leur Mi-nistre (b). Une partie des habitans de la ville du Cap font au service de laCompagnie, les autres font francs bourgeois. Us ont tous leurs Magistrats,qui décident des petites disputes & des affaires de peu de conséquence ; maisles affaires de quelque importance font portées devant le Gouverneur & son
Con-'
(«I Expédition &c. 1 . c. p. 228 1 22y. (H) Kolbe , T. II. p. 52.
de leur vertu & de leur capacité que M. Riebeek\ & c’est un bonheur pour les Hollandoisl> on a i t touiours suivi constamment les principes de cet habile homme pour le Gou-vernement de ce Pays car ù leroit aisé de faire voir qu’on ne pouvoit prendre de meil-leur svstême La Compagnie possede de vastes terres, très-fertiles, dans un climat sain& agréable ’ellea UN Pays bien cultivé, & qui se cultive de plus en plus de la maniéré laplus’ avantageuse, par l'agrîculture, les vignes & par le foin d’élever du bétail, en fortsque les provisions & les habitans se multiplient en même proportion. En peud’années cetteColonie deviendra si nombreuse, & les habitans deviendront par leur genre de vie si vi-goureux & fl courageux, que non selement ils n’auront rien à craindre de la part des autresNations, mais qu’ils pourront même fournir de bons soldats pour la défense de leurs au-tres Etablissemens dans les Indes, si k nécessité le requiert; & c’est-là une excellente poli-tique que les François ont sagement commenc'é à imiter (1).
(,) yoyez la Description de leurs Etabliffemens dans rifle de Botirho & às celle de >