SectionXXII.Direc-tions fi?Coinmandeurs.
54 CONQUETES, ÉTABLISSEMENS &c. DES HOLLANDOIS
qu’ils en avoient agi de la même maniéré à la prise de Fsrnanbuc dansleBré-sil, peu d’années auparavant (a).
Les Anglois avoient en ce tems-là un Comptoir à Cochin: .les Hollandoisleur ordonnèrent de se retirer avec leurs effets, & ils se transportèrentà Pe-nany. Les Hollandois trouvant la place trop grande, la réduisirent à la dixie-me partie de ce quelle étoit. Elle a à-présent environ six - cens pas en lon-gueur fur deux-cens de largeur, sept grands bastions la défendent& lescourtines font si épaisses, qu’on y a planté deux rangées d’arbres pour a-voir de la fraîcheur dans le tems des chaleurs. On y voit encore quelques-unes des rues que les Portugais avoient faites, avec une Eglise dont lesHollandois fe fervent, & la Cathédrale dont ils ont fait un magazin. Lamaison du Commandeur est un très-beau Bâtiment, & le seul qu u y ait à lamaniéré HoIIandoife, la Riviere baigne une partie des murailles. On a misfur le clocher de l’ancienne Cathédrale un mât de soixante - quinze pieds dehaut, fur lequel est le Pavillon, que l’on voit à la distance de sept lieues.La Garnison est ordinairement de trois-cens hommes effectifs: & depuisCochin jusqu’au Cap Comorin on entretient pour les Garnisons des Forts &des Loges cinq-cens Soldats & cent Matelots Européens, outre les Topassesôc les Milices., Ils tirent leur riz de Barsalore, parceque le riz de Malabarne peut pas se garder au-delà de trois mois, à moins qu’il ne soit dans sonécorce, alors il dure un an. Le Pays produit quantité de poivre,mais moinsfourni que celui qui croît plus au Nord. Les Forêts fourniílènt de bon?bois pour bâtir, & pour faire des coffres & des cabinets, que l’on. trans-porte par-tout sur les Côtes Occidentales des Indes. Ils ont aussi du fer,de l’acier, & de la cire. La mer y fournit abondance de bon poisson deplusieurs fortes, de - même que les Rivières, ce qui fait qu’il y est à bonmarché (b~) (*).
Cran-
(a) Emnilton's Accountof the EaftIndies, O) Ibid. p. 330, 331-Yol. L p. 329, 330.
(*) Nous ■avons rapporté dans la premiere partie de ce Chapitre, de quelle maniéréles Hollandois en vertu de leurs conquêtes fur la Côte de Malabar, fe font rendus maî-tres du Commerce du poivre & du cardamome, en faisant des Traités exclusifs avec les pe-tits Princes du Pays: c’est fur ce pied.avantageux que ce Commerce continue encore, cequi fait qu’ils y gagnent beaucoup.-II est vrai que les habitans ont tenté quelquefois desecouer le joug s mais tant s’en faut qu’iìs y ayent réussi, jufqu’à-préfent, qu’au contraireleurs efforts n’ont servi qu’à l’aggraver. Le Samorín, qui étoit un Prince íî puissantquand les Portugais abordèrent fur cette côte, avoit conservé qifeique apparence de gran-deur, & ce qui valoit beaucoup mieux, une parfaite indépendance jusqu’à l’an 1714,qu’ii eut la guerre avec les Hollandois. lis avoient bâti un Fort â Qiitwa fur ies frontiè-res des Etats du Samorin : ce Prince, fans faire préalablement la moindre plainte, ni aucunedéclaration de guerre, le surprit & y mit Garnison , ce qui alluma la guerre. Commeles Hollandois ont dans leurs Forteresses le long de la Côte, au moins mille hommes deTroupes, outre un bon nombre de Vaisseaux, ils serrèrent Je Monarque Indien, & I’o«bligerent enfin de faire la paix à des conditions fort désavantageuses. II consentit à fai-re rebâtir à ses dépens le Fort, qu’il avoit fait raser peu après le commencement de laguerre; à payer tous les fraix de la guerre , qui aboient à une grosse somme ; & cequ’il y eut de plus onéreux encore, il accorda à la Compagnie HoIIandoife un droitde sept pour cent de tout le poivre qui fortiroit de ses Etats, & cela à perpétuité ; en-