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22 (1764) L' histoire des découvertes, des conquêtes, et des établissemens des Hollandois, des Danois et des François dans les Indes orientales ...
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DANS LES INDES ORIENTALES. Liv. XVII. Chap. VII. 55tous les Chefs des Comptoirs; mais ceux-ci correspondent directement avec Sectio»

le Gouverneur-Général de Batavia, & ne dépendent d’aucun autre Gou- XXV.verneur ou Directeur (a). Le premier réside à Cheribon sur la Côte deJava, à quarante-huit lieues de Batavia. La Compagnie y fait un trafic à,assez avantageux en cassé, cardamome, indigo, coton &c. Le Pays est Sianî&Vefort fertile en riz & autres vivres, autant que pays au Monde. 11 est fous Mochala domination de quatre Princes, qu’on appelloit autrefois Pangerangs , & ^ c 'aujourd’hui Sultans , bíen-que ce nouveau titre ne les rende pas plus puif-sans. L’un d’eux est nommé le Sultan de la Compagnie, parcequ’il est tou-jours dans ses intérêts. Dans le fond tous quatre pourroient bien être ainsiqualifiés, puifqu’ils fe font mis fous fa protection, pour fe délivrer desvexations du Roi de Bantam qui leur faisoit la guerre. Ils auroient infail-liblement été réduits fous fa domination, si les Troupes de la Compagnie neles eussent assistés, & n’eussent chassé les Bantamois de leur Pays (/;). De-puis ce tems-là ces Princes ont par reconnoissance accordé de grands privi-lèges dans leurs Etats à la Compagnie, entre autres celui de bâtir un Fortà Cheribon, où l’on entretient une Garnison de soixante hommes, &unComptoir bien situé & en très - bon ordre. A une demi-lieue du Fort onvolt les tombeaux des Princes de Cheribon dans un Temple très-vaste. Ilsont trois étages, & font construits de toutes fortes de pierres rares ; ondit qu’il s’y trouve des trésors immenses, & que les Princes font persuadésqu’ils ne peuvent être volés ni enlevés par force, bien-qu’ils ne soient pasgardés. On rapporte même l’exemple de plusieurs personnes, qui s’étantapprochées des endroits où ces trésors font déposés, font mortes fur lechamp. Les Anglois avoient autrefois un Etablissement considérable à Che-ribon , avec une petite ville qui en dépendoit ; mais les Employés qui y é-toient ayant lié des intrigues avec les femmes du Pays, disent les Hollan-dois, les naturels en furent si irrités qu’une nuit ils les massacrèrent tous &raferent la Ville OU le bourg (c). II ne seroít nullement hors de vraisemblan-ce, si l’on pouvoit savoir bien la vérité, qu’ils furent poussés à ce massacrepar quelques-uns de leurs voisins Chrétiens, à qui leur Etablissement dans l’Ulede lava bleíïoit la vue (*).

Avant

(a) Expédition de trois Vaisseaux, T. II. (c ) Hamiltorìs Account ofthe East Indies,

p. 2 is. Vol.II. p. 12U. Expédition &c. T. II. p. 213.

(/,) Ibìd. p. 21 r.

C) Il n’y a point d’endroit dans l’Iíle de Java où il se fasse un plus grand Commercequ’à Cheribon; où il fe trouve plulleurs Marchands Javanois fort riches & quifontgran-de ligure: ce qui surprendra d’autant moins, qu’un même Marchand fait différentes for-tes d’affaires. qui en Europe feroient incompatibles. H aura une grande maison avec u-ne boutique commode, où toutes les marchandises dont il trafique, porcelaines, étoffesde foie, pierreries &c font étalées de la façon la plus avantageuse : on y montre toutavec un air de refpeét dc de civilité, dc on le fait valoir avec tant d adresie, qu’il n’eít pres-que pas possible à un Européen de s’en tirer fans acheter quelque chose, quand mô-me il n’en a pas besoin (i> Outre cela le même Marchand aura deux ou trois escla-ves»

(1) Schmm, Voy. eux Indes Orient, T, II. p. m. 4C2 &fuiv«