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22 (1764) L' histoire des découvertes, des conquêtes, et des établissemens des Hollandois, des Danois et des François dans les Indes orientales ...
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CONQUETES, ÉTABLÏSSEMENS &c. DES HOLLANDOIS

Section Le troisième Résident demeure k Mocha en Arabie: c’est toujours unXXV. Marchand, qui a deux Teneurs de livres. Ce Pays est fous la domination^cy! 5 .- d’un Prince Arabe, qui a le titre d’Emir , & qui tient fa Cour à deux-censbon JT" milles à í’Òrient de Mocha., Aàen étoit autrefois le Port de ses .Etats, maisSiaraS’í/c comme il n’étoit pas commode, il le transporta quinze lieues plus loin àMocha Mocha, qui n’étoit qu’un village de Pêcheurs. La ville est située prochebr. ] a roer dans une grande plaine aride & sablonneuse, où il n’y a ni fruits

Résident* t>i eau, sinon de seau fomache & simal-faine, qu’elle cause à ceux qui fontde Mo- obligés d’en boire des vers dans les jambes, qui font également incommo-cha. des & dangereux («). Ils tirent de bonne eau de Mosa, mais comme celieu est à vingt milles de distance, & qu’il faut l’apporter par terre, ellerevient aussi cher que la petite biere en Angleterre. Cette incommoditén’empêche pas que Mocha ne soit une grande ville, qui a un bel aspectdu côté de la mer, mais elle est assez mal fortifiée. Les marchés y fontbien fournis de provisions; on y trouve du bœuf,du mouton,del’agneau,du chevreau, du chameau, de la gazelle, des poules ordinaires, des pou-les de Guinée, des perdrix & des pigeons (b).. La mer fournit beau-coup de poisson, mais de mauvais goût, ce qui rient de l'extrême salu-re de la mer, & de la nature des alimens dont ils fe nourrissent. On trou-ve durant toute l’année de bons fruits à Mocha, des raisins, des pêches,des abricots, & des coins, dont ils font de la marmelade pour leur usage,& pour envoyer hors du Pays ; on ne voit cependant aux environs de laville ni arbre ni arbrisseau, si ce n’est quelques Palmiers ; il pleut rare-ment plus de deux ou trois fois par an, Sc quelquefois il fe passe deux outrois années fans qu’il tombe de la pluie. Mais dans les montagnes , quifont à environ vingt milles, il n’y a gueres de matinée où il ne pleuve,,ce qui rend les vallées fertiles en fruits & en grains, tels que le fol enproduit; il n’y a point de riz, mais beaucoup de froment & d’orge. De-puis que l’Emir a.fait de Mocha le Port de ses Etats, & un Port franc, cet-te

(a) Du Boh,, Géogr. Mod. p. SIZ. (&) Hàmillon, Vol. I. p. 41-43.

constitution , c’est que le Roi est 1 c seul Marchand de son Royaume, & fait un fort:grand Commerce. - il envoye ordinairement cinq ou six grandes Sommes à la Chine, deux.au Japon, de consldérablesEscadres auTonquin & à la Cochinchine, à Surate, & jusquesfur les Côtes de Perse. Mais bien-que les marchandises appartiennent au Roi, les Vais-seaux sont principalement montés & commandés par des Chrétiens. Toutes les marchan-dises qu’ils apportent font mises en magazin, & oe-là il les débite à ses Sujets au prix qu’iîy met (1). Les Mines d’étain de Ligor font affermées aux.Hollanlois, ce qui leur estd’un grand avantage, parcequ’ils vendent cette marchandise au prix qu’il leur plaît ; cars’ils trouvent que le prix baisse ils l’envoyent en Europe. Le crédit qu’ils ont à laCour fait qu’ils débitent plus de marchandises qu’aucune autre Nation de l’Europe ,ce qui néanmoins ne leur produit pas un grand profit, les gains de la Comp 3 gn.epro-venant plus des marchandises qu’elle achette que de celles qu’elie vend. Tous le Sia-mois font en quelque façon trafic en une chose ou l’autre, mais ils sont de si bonnefoi, que le vendeur ne compte point l’argent qu’il reçoit, ni Tacheteur la marchandisequ’on lui livre (2).

(s) Dict.de Comro. VehI. Col. iiís , f 2 )'lbiY..Col. nfipj ii?v, Htmìltnu. V»l, I,

P- 2?E> -/S.