DANS LES INDES ORIENTALES. Liv. XVII. Chai». VII. 57des Indes, mais fur-tout à la Chine & dans les contrées voisines. Quand ils Sectio»font assaisonnés de sel & d’épiceries, c’est une gelée nourrissante, faine & XXV.délicieuse, bouillis en soupe, ou mangés en ragoût. On les vend à Bataviahuit ou dix fchelings la livre (a). , bo„, jf
Un second Résident demeure dans le Royaume de Siam, & a fous lui Siamun Sous-marchand ou Teneur de livres. La Compagnie y fait un grand MochaCommerce en étain, plomb, dents d’éléphans, gomme, lacque, laine & au-tres marchandises. Ce Royaume est fort puissant, & a environ trois cens Ré fuientlieues d’étendue. Le Roi encourage toutes les Nations à y trafiquer librement; & Siam.mais les gros Vaisseaux sont obligés de mouiller à trente-six lieues de la Ca-pitale, pareequ’ils auroient trop de peine à remonter la Riviere de Menan ,dont le courant est fort rapide. Ce Fleuve, ainsi que le Nil & plusieursautres des Indes, déborde tous les ans, & inonde les campagnes, desortequ’une bonne partie du Pays reste pendant la moitié de Tannée sous seau,
& c’est pour cela que les maisons sont bâties fur des pilotis (b). Le Royau-me de Siam est abondant, & les Chinois y font un grand Commerce. LesHollandois jouissent ici préférablement à a autres Nations de très-grands pri-vilèges, depuis la fameuse révolution qui y arriva.peu de teins après ledépart des Ambassadeurs de France. Les Hollandois acquirent beaucoupde crédit auprès du nouveau Roi, pareeque f o n prédécesseur qu’il avoit faitmourir, avoit donné les principaux Emplois Civils & Militaires à des Fran-çois ; ainsi la politique ne lui permettoit pas d’avoir beaucoup de liaison a-vec une Nation qu il savoir n’être pas dans ses intérêts. La faveur qu’il »témoigna aux Hollandois a servi de réglé à ses successeurs, &,comme nouslavons dit, ils ont toujours eu de grands privilèges depuis. Ils ont unComptoir à un mille environ au-dessous de la ville fur le bord de la Rivie-re , ce qui les met à portée d’amasser une grande quantité de peaux decerf, qu ils envoyent au Japon: ce Commerce joint à celui de Tétain, dontils jouissent exclusivement, & qui s’y trouve en abondance & fort fin, faitque les Hollandois ménagent le Roi de Siam beaucoup plus que ses voisins.
Les Siamois eux - mêmes sont fort adonnés au Commerce, & les Chinoisqui demeurent dans le Royaume encore davantage, desorte qu’ils envoyenttous les ans des Vaisseaux au Japon; ce qui, vu la difficulté du voyage,estassez extraordinaire. Ils se vantent d’avoir eu l’usage de la Boussole plusde mille ans avant qu’on l’eût découverte en Europe, mais les Jésuitesont remarqué que leurs boussoles, de même que celles des Chinois, sontfort imparfaites ; ce qui vient peut-être de la régularité des vents ali-ses , qui rendent une division exacte de la boussole moins nécessaire quechez nous (t) (*). Le
Mémoires du Dr .Garcin. (c) Mém. fur le Commerce, p. 257.
Çf) Voyage de Siam. L. VI.
(*) H n’y a gueres de Pays dans l’Orient dont nous ayons de plus amples descrip-tions , & que fur le tout nous connoiíïïons peut-être moins que le Royaume de Siam.
Nous osons cependant assurer qu’il n’est point de contrée de l’Orient de la même é-tendue qui produise plus de marchandises de prix que celle-ci, & c’est ce qui rend lesHollandois fi soigneux de ce Commerce. Cc qu’il y a feulement de singulier dans la
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