DANS LES INDES ORIENTALES. Lit. XVII. Cen. VU. 97cevoir d’une façon proportionnée à leur poids & à leur importance. C’est SsC’rioKà celui à qui ces sortes de faits tombent entre les mains à en juger ; & s’il XXVll.u le malheur de s’y tromper , ce ne peut être qu’un effet de son peu de ju- tn 0 e l ^"’)Tgement, que la bonté de son intention fera toujours excuser, sur-tout sur mastiquedes matières de Commerce , & parmi une Nation commerçante (*). àe laCom-
En premier lieu, l’Histoire de la Compagnie Hollandoise des Indes Orien- ì )a S me -tales, décharge pleinement de tout soupçon d'exaggération, ce que les an- p rein ; et ^ciens Auteurs ont rapporté des richesses, de la puissance & de la prospé- observa-nte de Si do n , de Tyr & de Carthage , qui de foibles commencemens s’éle- trn.verent à un fi haut point de splendeur, & s’y maintinrent pendant une lon-gue fuite de siécles, par le moyen d’un grand Commerce sagement ména-gé. Nous pouvons aisément concevois que tout ce que l’Histoire en dit,est réellement arrivé dans les tems passés, puisque nous voyons de nos joursun Empire qui s’est élevé de bien plus, bas à une plus grande puissance,qui a étendu ses conquêtes tout autrement loin, & qui en est actuellementen possession. On voit par-là que le Commerce conduit aussi sûrement àla puissance, que sambition & le désir de la gloire; & que des Négocianspeuvent exécuter de grands projets aussi bien que les Conquérans & les Hé-ros. Ce détail doit nous convaincre que les forces navales font supérieu-res à toutes les autres, & qu’une petite Escadre de Vaisseaux bien condui-te , est en état de faire autant & plus que des armées bien disciplinées (a).
La plus grande gloire $ Alexandre a été d’avoir avec une poignée demonde pénétré au travers du plus vaste Empire jusqu’en Asie, & d’avoirle premier conduit les Européens jusques fur les bords du Gange. C’est doncun grand honneur pour ceux qui ont vécu dans des tems fort postérieurs,d’avoir avec des forces bien inférieures non seulement entrepris de fonder,mais fondé dans les Indes un Empire à cet égard plus-grand que le sien. Lc
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Ça) Gronden en Maximen &c. III. Deel.
(*) Les remarques & les réflexions qu’on fait fur les autres parties de I’Hìstoire Uni-verselle, intéressent principalement les Minisires d’Etat & les Politiques; mais celles quiroulent fur le Commerce intéressent tout le monde, & les personnes de toutes les con-ditions; & il ne peut y avoir rien de plus agréable & qui soit d’une utilité plus générale,que de les répandre autant qu’il est possible, pareeque c’est la voie la plus efficace decorriger les préjugés vulgaires, de déraciner de vieilles erreurs , & d’engager ceux quiont du loisir & de la capacité à s’appliquer à l’étude de sujets de la derniere impor-tance, de choses qui peuvent être mises en pratique, & être d’une utilité générale. 11n’y a jamais eu de siécle, où ceux qui font curieux & qui aiment â approfondir des su-jets de cette nature, ay en t eu plus de moyens de se satisfaire que dans le nôtre. II nousconvient donc de faire tout ce qui dépend de nous à cet égard, tant pour notre avanta-ge que pour celui de la Postérité. D’ailleurs, c’est en qudque façon un nouveau champdej-echerches, c’est une forte de science où les Modernes ont une supériorité recon-nue; par conséquent rien ne peut être plus glorieux à notre siecle & à notre Pays, quede la pousser aussi loin qu’il est possible, & de montrer que ià où nous avons désavan-tagés, nous sommes aussi capables de nous en servir & de les faire valoir, que ceux quinous ont précédés, & qui ont tant fait pour notre utilité en cultivant d’autres sujets (i).
(O Voy. la Préface de la derniere Edition du Dictionnaire de Comtr.etce, & ìla fin du II. volumePHistoue des Compagnies commerçantes de l’Enrope.
Tome FUI.
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