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22 (1764) L' histoire des découvertes, des conquêtes, et des établissemens des Hollandois, des Danois et des François dans les Indes orientales ...
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DANS LES INDES ORIENTALES. Liv. XVII. Chap. VII. 99cela ne se seroit il pas manifesté il y a Iongtems dune façon sensible en Hol- Sectioií )lande? Si cette maniéré de raisonner étoit juste, la Compagnie,au-lieudê- XXVII.tre le soutien de la République, lauroit renversée. La Hollande na pointde Mines, & nest pas fort étendue, ensorte quun Commerce ruineux au- méjUqueroit il y a Iongtems sépuiser jusquau dernier homme & jusqu au dernier de laCom-sol. II ne peut donc y avoir dexpérience plus décisive que celle-ci fur la P a S nic -véritable nature du Commerce des Indes Orientales, ni de plus propre àmettre au jour les sources de dépérissement, que quelques-uns prétendentêtre cachées fous les spécieuses apparences de profit ( \d ).

Mais qua-t-on découvert après une expérience de cent-cinquante-ans ?

La Compagnie déchoit-elle, ou a-t-elle épuisé la République? Certainementla Compagnie na jamais été plus puissante quelle Test aujourdhui ; sesforces fur mer égalent au moins celles de la République dans le tems quecette Compagnie fut établie, & ses forces de terre ne font pas fort infé-rieures, II est bien vrai, que depuis plusieurs années ses répartitions nontpas cgalé celles des premiers tems de son Commerce; mais à prendre letout ensemble, elle a donné au-delà de vingt pour cent de son premierfonds, depuis son premier Octroi, une année portant sautre. Nest-cepas- une chose prodigieuse? & est-ce encore tout? La Nation Hollan-doise na-t-elle pas recueilli de laccroissement des dépenses de la Compa-gnie dans le Pays, daussi grands ou de plus grands avantages, que des som-mes quelle a distribuées? Voyons de quoi il saglt. II y a environ vingtans que lon comptoir, que dans Iespace de moins de cent - trente ans, laCompagnie avoir réparti aux intéressés au-delà de cent-quatrevingt millionsde florins. Cest- un fait quon ne peut contester, tantquil y aura ce quonappelle une certitude morale (b).

II faut encore faire entrer en compte les sommes extraordinaires que laCompagnie a déboursées en divers tems, pour le renouvellement de sonOctroi , pour secourir 1 Etat dans les cas de nécessité, ou pour gagner lafaveur du Public, comme pour la bâtisse du magnifique Hôtel de villedAmsterdam ; les grosses sommes payées pour les droits dans le cours dece grand nombre dannées, & les prodigieuses richesses amassées aux In-des , que lon a transportées & dépensées en Hollande ; enfin les profits duCommerce des marchandises que lon porte en Hollande, pour avoir cellesdes Indes. Car bien - que ces marchandises se payent aux ventes de la Compa-gnie en argent, cet argent provient de la vente dautres marchandises, ce quidiminue le prix, & doit procurer un gain considérable fur celles quonexporte. Toutes ces considérations, jointes à une autre, quà mesure quele Commerce de la Compagnie sest étendu, ses forces navales & cellesde la République ont augmenté , tandis que la Marine dEspagne & dePortugal a dépéri par la perte du monopole du Commerce des Indes, toutcela ensemble doit nous convaincre, que ce que nous avons avancé dans

le

(«) Bastuìge, ubi sup. Ch. Z6. re de Commerce, & dans Janiçon, T. I-

(£) Voy. la Table des Répartitions faites p. 315-318.par la Compagnie insérée dans ic Dictionnai-

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