DANS LES INDES ORIENTALES. Liv. XVII. Chap. VII. 99cela ne se seroit il pas manifesté il y a Iongtems d’une façon sensible en Hol- Sectioií )lande? Si cette maniéré de raisonner étoit juste, la Compagnie,au-lieud’ê- XXVII.tre le soutien de la République, l’auroit renversée. La Hollande n’a pointde Mines, & n’est pas fort étendue, ensorte qu’un Commerce ruineux au- méjUqueroit dû il y a Iongtems sépuiser jusqu’au dernier homme & jusqu au dernier de laCom-sol. II ne peut donc y avoir d’expérience plus décisive que celle-ci fur la P a S nic -véritable nature du Commerce des Indes Orientales, ni de plus propre àmettre au jour les sources de dépérissement, que quelques-uns prétendentêtre cachées fous les spécieuses apparences de profit ( \d ).
Mais qu’a-t-on découvert après une expérience de cent-cinquante-ans ?
La Compagnie déchoit-elle, ou a-t-elle épuisé la République? Certainementla Compagnie n’a jamais été plus puissante qu’elle Test aujourd’hui ; sesforces fur mer égalent au moins celles de la République dans le tems quecette Compagnie fut établie, & ses forces de terre ne font pas fort infé-rieures, II est bien vrai, que depuis plusieurs années ses répartitions n’ontpas cgalé celles des premiers tems de son Commerce; mais à prendre letout ensemble, elle a donné au-delà de vingt pour cent de son premierfonds, depuis son premier Octroi, une année portant sautre. N’est-cepas-là une chose prodigieuse? & est-ce encore tout? La Nation Hollan-doise n’a-t-elle pas recueilli de l’accroissement des dépenses de la Compa-gnie dans le Pays, d’aussi grands ou de plus grands avantages, que des som-mes qu’elle a distribuées? Voyons de quoi il s’aglt. II y a environ vingtans que l’on comptoir, que dans I’espace de moins de cent - trente ans, laCompagnie avoir réparti aux intéressés au-delà de cent-quatrevingt millionsde florins. C’est-là un fait qu’on ne peut contester, tantqu’il y aura ce qu’onappelle une certitude morale (b).
II faut encore faire entrer en compte les sommes extraordinaires que laCompagnie a déboursées en divers tems, pour le renouvellement de sonOctroi , pour secourir 1 Etat dans les cas de nécessité, ou pour gagner lafaveur du Public, comme pour la bâtisse du magnifique Hôtel de villed’Amsterdam ; les grosses sommes payées pour les droits dans le cours dece grand nombre d’années, & les prodigieuses richesses amassées aux In-des , que l’on a transportées & dépensées en Hollande ; enfin les profits duCommerce des marchandises que l’on porte en Hollande, pour avoir cellesdes Indes. Car bien - que ces marchandises se payent aux ventes de la Compa-gnie en argent, cet argent provient de la vente d’autres marchandises, ce quidiminue le prix, & doit procurer un gain considérable fur celles qu’onexporte. Toutes ces considérations, jointes à une autre, qu’à mesure quele Commerce de la Compagnie s’est étendu, ses forces navales & cellesde la République ont augmenté , tandis que la Marine d’Espagne & dePortugal a dépéri par la perte du monopole du Commerce des Indes, toutcela ensemble doit nous convaincre, que ce que nous avons avancé dans
le
(«) Bastuìge, ubi sup. Ch. Z6. re de Commerce, & dans Janiçon, T. I-
(£) Voy. la Table des Répartitions faites p. 315-318.par la Compagnie insérée dans ic Dictionnai-
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