SectíOMXXVII.Gouverne-ment do-tnejìiquede la Com-pagnie.
Troisième
Observa-
tion.
100 CONQUETES, ÉTABLISSEMENS &c. DES HOLLANDOISle premier Chapitre de cette partie de notre Ouvrage, est fondé surl’expe-rience, & qu’il est impossible qu’une chose de cette nature soit mieux prou-' vée que celle-ci ; c’est que le Commerce des Indes Orientales a été d’unprix inestimable pour la République des Provinces-Unies, & que les en-■ couragemens quelle a constamment donnés à la Compagnie des Indes, ontété l’effet dune bonne Politique, & une preuve de la sagesse avec laquelle" les affaires publiques ont été gouvernées dans ce Pays-là (a) (*).
La troisième Observation qui nait de ce qui est contenu dans ce Cha-pitre , c’est que de suivre constamment & sans s’en écarter des réglemenssages & prudens, est une méthode sûre & infaillible de maintenir danstoute fa vigueur quelque Système que ce soit. Les Auteurs qui ont ditleur sentiment sur la Compagnie Hollandaise des Indes Orientales, & furla maniéré dont ses affaires son gouvernées, ont généralement témoignéleur surprise, de ce qu’il n’est point arrivé de révolution extraordinaire dansles Etats qu’elle possede, par le grand changement des circonstances. Maiscette surprise cessera peut-être, 11 nous prenons garde que dans le fondil ne s est point fait de changement sensible dans les maximes de sonGouvernement. Dans l’enfance de la Compagnie, les gens qu’elle envo-yoit aux Indes, étoient également disgraciés du côté du caractère & dela fortune, & si nous en devons croire M. de JVït , cela avoit continuéjusqu’à son tems, ce qu’il attribuoit aux loix rigoureuses que la Compa-gnie
1lasftage, ubi fup.
(*) Nous pouvons paroìtre dans cette observation contredire directement le sentimentdu grand Politique Jean de TVit, qui croyoit qu’il aurait été beaucoup plus avantageuxà la République , & par conséquent que ie Gouvernement auroit fait paraître plus dc sa-gesse, íì le Commerce des Indes Orientales eût été ouvert à tout le monde. C’est cefjui nous a engagé à ajouter cette Note pour faire voir que nous n’avons nullement desseinde le contredire. Nous sommes très-persuadés que le Pensionnaire de JVit entendoittrop bien ces sortes de matières, & étoit trop bon juge des intérêts de son Pays, pourque nous osions l’accuser d’erreur Mais voici le véritable état des choses. On trouvadans les commencemens, qu’il étoit impossible de faire ce Commerce autrement que parune Compagnie privilégiée; & après qu’il se fut fait pendant quelque teins de cette ma-niéré , la Compagnie acquit tant de crédit, & les profits que la Nation faisoit étoient sivisibles & si considérables, qu’on ne jugea pas expédient de lui refuser la continuationde son Octroi. Nonobstant cela, 0 peut rester un doute, & c’étoit celui de M. de JVit ,si, au cas qu’on eût refusé le premier renouvellement d Octroi, le Commerce des Indesn’auroit pas pu subsister, & être plus avantageux aux Sujets des Etats-Généraux, qu’ilne l’a été (i j? Mais fans prétendre résoudre ce doute, ce que nous soutenons est, queles Etats ont fait très-fagement de soutenir ia Compagnie de la maniéré qu’ils ont fait, a-près avoir jugé à-propos de la maintenir; & il nous paroît que c’étoit le pati le plus sa-ge , après avoir renouvellé l’Octroí une fois : & en cela bien loin d’être opposés à M.de tVit, nous pouvons dire que nous avons pour nous, si ce n’estfon opinion,au moinsson exemple: car il étoit á la tête des Conseils de la République lorsque l’Octroi de laCompagnie fut encore renouvelle, ct qu’elîe le paya bien, sans qu’on le lui refusât pour-tant; pareeque cet habile Ministre d’Etat & ses Associés dans le Gouvernement jugèrentque dans l’état des choses il eût été dangereux, sinon impossible de le faire, defortequ’ils eurent la prudence de ne le point tenter.
(i) Grondai ea Maximen &c, I, Dcd , Ch, IS,