DANS LES INDES ORIENTALES. Liv. XVII. Chap. VII. ioignie imposoit à ceux qui étoient à son service. Mais peut-être y au- Sectionroìt-il plus de bonne foi, & autant de vérité à dire, que la sévérité du XXVII.Système de Gouvernement de la Compagnie, devoit son origine à laconnoissance qu’elíe avoit du caractère de ceux qui y étoient soumis. Eî- m ,.ji ií]uele s’appliqua donc à régler les choses de maniéré que les vices des particu- àe lœCom-liers ne devinssent pas préjudiciables auBien public. Or quel qu’ait été le prin- p«s me -cipe qui ait dicté cette maxime, il ne pouvoit pas y avoir un meilleur son- '
dement d’un Gouvernement tel que le sien. La rigueur des Loix ne peutjamais être à charge à un honnête homme, parceque son inclination le por-te à suivre la route que les loix lui prescrivent ; mais pour des gens d’un au-tre caractère elles font nécessaires, pour prévenir le désordre, & pour lesobliger à faire leur devoir (a).
Mais outre I exactitude & la précision des réglemens & du plan de fa Con-stitution, la Compagnie a encore fait entrer dans son Système une chosequi le rend d’un usage général. C’est le pouvoir absolu qu’elle a donné auGouverneur-Général, sans autre limitation que fa propre discrétion ; &peut-être les bornes de cette autorité n’ont-elles jamais été connues , ni n’at-elle jamais été employée dans toute son étendue. Jean Maatjuyter, quifut Général vingt-cinq ans, employa en quelques occasions des sommes quisurpassaient les appointemens qu’il avoit. Le Conseil des Indes lui contestale payement de ces sommes ; après avoir tranquillement allégué ses rai-sons , fans convaincre ses antagonistes, il produisit à la fin un pouvoir se-cret de la Compagnie, qui l’auíorisoit à prendre tels appointemens qu’illui plairoit, ce qui mit fin à la dispute (b). Ce pouvoir du Gouverneur& la grande autorité du Conseil des Indes, fervent dans les cas où la néces-sité le demande à adoucir la lettre des Loix, & à faciliter les choses à ceuxqui font au service de la Compagnie en quelque poste que ce soit ; caron íait très-bien que 1 esprit de ces Loix est de maintenir les intérêts de laCompagnie, òc non d affujettir ceux qui sont 3. son lorvicc h une gêne dé-raisonnable : de - là vient que c’est une maxime reçue aux Indes, que ce-lui qui ne veut pas penser à ses propres affaires , ne pensera jamais àcelles de la Compagnie; desorte que les richesses contribuent à l’avance-ment, comme l’avancement à acquérir des richesses. Ceux qui gouver-nent les affaires de la Compagnie dans ces Pays-Ià savent très-bien, quece n’est pas le plaisir mais l’intérêt qui y amene les gens ; desorte quepourvu qu’en travaillant à faire fortune, ils ne fassent point de tort à laCompagnie, on leur donne tout l’encouragement possible, à cause que celaproduit un fort bon effet tant aux Indes qu’en Hollande.
Ceux qui s’en retournent dans leur patrie, y apportent leurs richesses,
& le changement frappant de leur condition en peu d’années, excite ceuxqui ont du courage & de l’industrie à suivre la même route, pour par-venir promptement à une situation aisée. C’est-là ce qui en grande par-tie
(a) Gronden en Maximen ccc. III Deel. (b) Lo:kyr , Management of the DutchCap. 2. in India.