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22 (1764) L' histoire des découvertes, des conquêtes, et des établissemens des Hollandois, des Danois et des François dans les Indes orientales ...
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DANS LES INDES ORIENTALES. Liv. XVII. Chap. VII. ioignie imposoit à ceux qui étoient à son service. Mais peut-être y au- Sectionroìt-il plus de bonne foi, & autant de vérité à dire, que la sévérité du XXVII.Système de Gouvernement de la Compagnie, devoit son origine à laconnoissance quelíe avoit du caractère de ceux qui y étoient soumis.- m ,.ji]uele sappliqua donc à régler les choses de maniéré que les vices des particu- àe lœCom-liers ne devinssent pas préjudiciables auBien public. Or quel quait été le prin- p«s me -cipe qui ait dicté cette maxime, il ne pouvoit pas y avoir un meilleur son- '

dement dun Gouvernement tel que le sien. La rigueur des Loix ne peutjamais être à charge à un honnête homme, parceque son inclination le por-te à suivre la route que les loix lui prescrivent ; mais pour des gens dun au-tre caractère elles font nécessaires, pour prévenir le désordre, & pour lesobliger à faire leur devoir (a).

Mais outre I exactitude & la précision des réglemens & du plan de fa Con-stitution, la Compagnie a encore fait entrer dans son Système une chosequi le rend dun usage général. Cest le pouvoir absolu quelle a donné auGouverneur-Général, sans autre limitation que fa propre discrétion ; &peut-être les bornes de cette autorité nont-elles jamais été connues , ni nat-elle jamais été employée dans toute son étendue. Jean Maatjuyter, quifut Général vingt-cinq ans, employa en quelques occasions des sommes quisurpassaient les appointemens quil avoit. Le Conseil des Indes lui contestale payement de ces sommes ; après avoir tranquillement allégué ses rai-sons , fans convaincre ses antagonistes, il produisit à la fin un pouvoir se-cret de la Compagnie, qui lauíorisoit à prendre tels appointemens quillui plairoit, ce qui mit fin à la dispute (b). Ce pouvoir du Gouverneur& la grande autorité du Conseil des Indes, fervent dans les cas la néces-sité le demande à adoucir la lettre des Loix, & à faciliter les choses à ceuxqui font au service de la Compagnie en quelque poste que ce soit ; caron íait très-bien que 1 esprit de ces Loix est de maintenir les intérêts de laCompagnie, òc non d affujettir ceux qui sont 3. son lorvicc h une gêne dé-raisonnable : de - vient que cest une maxime reçue aux Indes, que ce-lui qui ne veut pas penser à ses propres affaires , ne pensera jamais àcelles de la Compagnie; desorte que les richesses contribuent à lavance-ment, comme lavancement à acquérir des richesses. Ceux qui gouver-nent les affaires de la Compagnie dans ces Pays- savent très-bien, quece nest pas le plaisir mais lintérêt qui y amene les gens ; desorte quepourvu quen travaillant à faire fortune, ils ne fassent point de tort à laCompagnie, on leur donne tout lencouragement possible, à cause que celaproduit un fort bon effet tant aux Indes quen Hollande.

Ceux qui sen retournent dans leur patrie, y apportent leurs richesses,

& le changement frappant de leur condition en peu dannées, excite ceuxqui ont du courage & de lindustrie à suivre la même route, pour par-venir promptement à une situation aisée. Cest- ce qui en grande par-tie

(a) Gronden en Maximen ccc. III Deel. (b) Lo:kyr , Management of the DutchCap. 2. in India.