DANS LES INDES ORIENTALES. Liv. XVII. Chap. VIIT. n S
l’Amiral Danois s’empara de tous les eíFets du Prince, & mit la Princesse Sectionà terre dénuée de tout (a) : il y a cependant quelque lieu d’en douter,puis- II.qu’après avoir resté sept ans à la Cour de l’Empereur de Ceylon, elle passaà Tranqucbar, & y finit ses jours. Aussitôt que la Princesse fut à terre , ‘urefíjjP Amiral Danois fit voile pour la Côte de Coromandel, où il conclut un Trai- Tr an quê-té avec le Naïck de Tanjour, & laissa les Troupes, qu’il devoit débarquer à barge.
Ceylon, en garnison dans le Fort qu’il bâtit à Tranqucbar, auquel il donna -
le nom de Danebourg. A son retour il mouilla encore au Cap de Bonne-Efpcrance le 30 d’Août 162-1 (b) , & arriva heureusement à Copenhague aucommencement de satinée suivante (*),
Quand la Forteresse fut en état de défense, & que les Indiens eurent com- LaCempa-mencé à bâtir des maisons ou des huttes tout autour, Tranquebar changea gnîe fanbientôt de face,& d’un lieu peu-considéré & dont on prenoit; à peine con-noissance , cette ville devint assez renommée. Ceux qui étoient à la tête q^ant ue-des affaires de la Compagnie, traitoient les gens du pays, Portugais,Mau- bar^ 6 "res, Gentils avec beaucoup de justice & de douceur; les Vaisseaux qui ve-noient trafiquer étoient bien reçus, fans qu’ils fussent gênés en rien, com-me en d’autres lieux. Une conduite si prudente rendit la Colonie très-ílorif-fante en peu d’années, & au-delà des plus grandes espérances des Da-nois (c). Cette prospérité les fit penser à établir des Comptoirs fur la Cô-te de Malabar, pour avoir part au Commerce du Poivre, ou d’en établir end’autres endroits, & d’envoyer des Vaiílèaux dans les Pays les plus reculésdes Indes. Les Danois n ont donc aucune raison d’avoir du mépris pour lamémoire du Prince de Mingone, ou de dire qu’ils furent séduits parles montsd’or qu’il leur promit, pour les engager à passer dans des mers éloignées, oùils ne pouvaient les trouver (d) ; car tous les avantages qu’ils retirent de leurEtablissement de Iranquebar, tous ceux qu’ils ont retirés dans la fuite desIndes, & ceux qui ont été & qui feront les fruits de Commerce, doiventen grande partie être attribués à ce grand homme, dont le projet donna oc-casion à l’armement, qui fit réussir leurs premiers & foibles efforts, &d’oùtout le reste a découlé comme de fa source (j).
0*) Gesta âc. Baldann, 1. c. (r) Florjs, Observations on the Comme r-
(A) Gesta &c, p. 66, ce of Indies.
(d) Gesta &c. p. 66.
(*) Suivant l’inscription de l’Amiral Danois, dans fa langue, il n’avoit que quatr-Vaisseaux, qui tous appartenaient au Roi ( 1 ; ; mais l’Híslorien Hffliandois dit formellementqu’il y avoit cinq Vaisseaux de la Compagnie, & un seul du Roi. li ajoute, qu’il v en ,eut un qui périt, apies que 1 équipage fe fut révolté à Trinquemale, ce qui entera lesautres à lever l’ancre & a s’en retourner en Dmremarc ( 2 ), ce qui ne s’accorde ni avecl’inscription, ni avec la Relation des Auteurs Danois: cependant on doit supposer ou’ilssont mieux instruits de leurs propres affaires que les autres, & ils attribuent rofitivemencleur Etablissement à Tranquebar à l’Amiral. GicddeQ^.
(t) 11 seroit facile de rapporter divers faits pour appuyer ce que nous avançons dans letexte ; un seul exemple suffira. François Canhe de Rouen nous apprend, qu’uu mois de
(O Gesu & vddch. k c. x. 66, (-) c.j 7 . fz) G çlw 8c Vesúgîa Sce. I. c.
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