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Fondationàa la For -
n<5 COMMERCE, COLONIES &c. DES DANOIS
II faut avouer que les matériaux que nous avons pour l’Histoire de ctCommerce font très-peu de cliose, Sc encore sommes - nous obligés de raf
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terefse de Mai de Pan 1(54.2, il passa sur un Vaisseau des Indes Danois, qui relâcha dans un Port deTranque- piste de Madagascar, & le chargea d’une Lettre en Portugais pour M Regimmd , quibar éfc, commandait dans Piste au nom de la Compagnie de France: „ Quand j’arrivai, dìt-il{ï~),
-— .— „ auprès de Regùmnl, i! étoit en colere <le ce que j’avois tant tardé, & instruit les
E'mft'h Danois des ports & de Pétat de Piste. Je lui dis, que n’étant pas soumis à ses ordres,
rijptntde „ i[ n’avoít rien à me dire; & qu’en qualité de Chrétien, j’étois obligé de secourircetteCom■ „ ^>Eres Chrétiens. Trois jours après, trois Commis Danois & quatre autres hommespapiie , vinrent dans leur chaloupe; & un des Commis, qui patloit François, dit qu’ils ve-pendant , noient le prier de troquer quelques marchandises du Pays pour d’autres qu’ils a-quelque voient à bord, ou de leur en vendre pour de Pargent comptant. Régi mon J répondit
terns. qn'il iroit voir leur Commandant ,& qu’il lui fourniroit & à ses gens tout ce qu’íi pour-
„ roit ; de cette maniéré il les renvoya fort contens, & avec quelques préfens. Cinq,, jours après, Rcgunoni arma fa chaloupe, il y mit une bouteille de roíïolïs, qui est„ une liqueur distilée avec de la canelle & du sucre, & très-fortifiante pour l’estomac ,,, quelques confitures sèches & liquides, quelques bouteilles de vin d’Espagne, un bar-„ rit de sel, d’excellens jambons, & cenunilb colliers de toutes sortes de rassade, qui.„ tre tonneaux de riz & un baril de biere. Je me inis dans la chaloupe avec seize„ autres, du nombre desquels étoit Regimmd lui-même & Jaques Front, Commandant de„ la Colonie de Saint-Pierre. Le même jour que nous partîmes du Port de St. Louis„ nous arrivâmes à celui d’itolangare, n’étant qu’â quatre lieues Pun de l’autre. Le Vais-„ seau Danois se prépara au combat, ayant mis ses fanaux jusqu’aux huniers, mais lors*,, qu’ils nous eurent reconnus tout se changea en joie, eu embraíìàdes & en festins. Le„ Capitaine nous régala de cochons, de canards & d’autres oiseaux qu’il avoit apportés„ des Istes Molucques; & après le repas il fit présent à Jaques Prnni d’un Cerf & d’u-„ ne Biche tous deux en vie, qu’il avoit apportés de ces istes, & qui font semblablesaux nôtres, pour les mettre dans Piste de Madagascar, où il n’y en a point; íl garda„ deux Cerfs & deux Biches pour les faire voir en Danemarc. Régimmul fit présent au„ Capitaine Danois de tout ce que j’ai marqué plus haut; de six morceaux de bois d’é-„ bene, de fix pieds de long & d’un demi pied en quarré, & de deux barrils de biscuit„ de France. En retour, le Danois lui donna une jarre de Perse entourée de cercles de,, canne pour la porter, contenant environ untierçon, pleine de lucre candi, une autre„ remplie d'écorces de citrons blancs, une autre un peu plus petite de gingembre con*
,, fit; deux autres de petites oranges & de petits limons , un sac de poivre contenant,, deux mesures;, un sac d’une mesure de doux de gérofie; mille noix muscades; un poc,, de fleurs d’orange , un sac de canelle, deux pieces de drap de Danemarc de vingt-cinq aunes chacune, l’une violette & l’autre couleur de rose; deux pieces de taffetas„ double de la Chine de la même longueur que les autres, une de satin blanc, daine de,, grogram noir, fix paires de bas de foie de-couleur, six chemises fines de coton, quatrebonnets de nuit de coton piqués de foie blanche, deux paires de caleçons à la Perflen-„ ne, qui descendent jusqu’à Ja cheville; deux paquets de cannes des Indes de couleur &
,, de grosseur différentes, grandes & petites, faisant environ une centaine en tout; unservice complet de porcelaine de la Chine , & une cruche de terre, faite de terre pri-„ s e proche du tombeau de Mahomet, avec une grilie au haut, pour y faire passerl’eau,
„ laquelle exposée au Soleil s’y rafraîchit au-lieu de s’échauffer.” Ce dernier article sentun peu la superstition; mais tout ce récit ne fournit-il pas la preuve la plus évidente ,qu’en ce tems- là les Danois faisoient un Commerce général aux Indes, lequel se seroitcertainement étendu & affermi, si les troubles domestiques n’avoient détourné ('atten-tion, & plus encore ôté les moyens de pousser un Commerce qui avoit besoin de sou-tien dans les commencemens, mais qui parvenu à fa maturité auroit bien dédommagé dcd qu’on auroit fait.
(i) Relation du Voyage de F ra»f»î> Cauíht de Rouen en l’Isie de Madagascar, l£es adjacentes &Côi« d’Astique. '■