r DANS LES INDES ORIENTALES. Liv. XVII. Chap. VIII. II?sembler, & de ranger du mieux qu’il nous est possible, les passages que Sectionnous trouvons dans les Auteurs d’autres Nations, qui parlent incidemment U.du Commerce des Danois , & pas toujours avec autant de candeur que ààànous souhaitterions. Nonobstant cela, nous osons assurer que dans ì’espa-ce de vingt ans les Vaisseaux de la Compagnie Danoise des Indes Orienta- Tranque.les avoient ouvert un Commerce avec les ííles Molucques, qui mit ceux bar &c.qui dirigoient les affaires à Tranquebar en état d’envoyer en Europe desVaisseaux richement chargés d’un bel assortiment de marchandises de tousles Pays des Indes; ensorte qu’on peut dire avec vérité, que fous le régnéde Christian IV. son Commerce fut aussi storissmt que celui d’aucune aìitreNation dans le méme intervalle, íi l’on en excepte les Portugais & les I Iol-landois ; & si l’on fait attention à la différence des circonstances entre cesNations & les Danois, on ne pourra qu’envifager ceci comme une preuvefrappante, que la justice, l’industrie & une application infatigable peuventfaire valoir un petit fonds de maniéré à le mettre en état de pouvoir fourniraux plus grandes entreprises ( a ).
II est vrai que ceux qui fe piquent d’approfondir les événemens, remarque- Les cir con-ront peut-être que durant ces vingt premier es années l’état des affaires dans /«-les Indes fut très-favorable à la Colonie Danoise, & aux vues de ceux que vorah ^ s -la Compagnie de Copenhague employoit. Les Portugais, encore fournis àl'Espagne, avoient à soutenir une guerre au-dehors, tandis qu’iís avoient bien 5des embarras domestiques; les Espagnols envoyoient rarement des Vais-seaux au-delà du Détroit de Malacca ; les Hollandoîs étoient entierementoccupés à fe rendre maîtres du Commerce des Epiceries ; & les Angloisse ressentoient , même dans un si grand éloignement, des troubles deleur patrie. Les Danois ne rencontrèrent donc que peu ou point d’oppo-sition.de la part de ces Nations, bien-qu’eîles regardassent toutes la ruinede leui Commerce, comme leur intérêt commun. Au contraire n’étant oc-cupcs ciC leurs piopîXS cifïcUiGSj les Dmiois croient généralement por~tés à rendre service à ceux qui avoient besoin d’eux, leur fourniíïant des pro-visions, des munitions & des armes, ce qui leur procurait un gain consi-dérable , & leur faifoit des -amis. Mais comme avec le tems les choses chan-gèrent de face, & que les Hollandais prirent tout-à-fait le dessus aux In-des, les Danois, ainsi que les autres, s’en ressentirent, & fe virent exclusde quelques branches de Commerce, dont ils avoient auparavant tiré le plusde profit, & qui, s’ils avoient pu les conserver, les auraient mis en étatde remplir parfaitement les grandes espérances que de si heureux commen-cemens avoient données ( b ).
Dans le même tems que leurs affaires commençoient à prendre un mau- Les afai-vais tour aux Indes, les affaires en Europe en prirent un plus mauvais en- m enEa.-core. L’attention de Christian IV. le Fondateur & le Protecteur du Com- ÏO P Q P ren ‘merce des Indes, fut détournée de cet objet par les longues & sanglantes^A-
glier -jiuliciahleà la Com »
( a ) Gesta L Vestigia Danorum in 0 - (D Schoutcn, T. I. p. 577. pagnie.
liente, p. 66.
P 3