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II.
Fondationde la For-terefe deTranque-bar (ìfc.
Etat deTranque-bsr en1C6I.
II8 COMMERCE, COLONIES &c. DES DANOIS
guerres où il se trouva Jans cesse engagé pendant les dernieres années de fa vie,&qui continuèrent plusieurs années après fa mort, avec quelques intervallesde paix fort courts (a). Ces troubles dans le Nord, qui eurent de fâcheu-ses suites en général, furent fur-tout très-préjudiciables aux affaires de laCompagnie Danoise , & la mit hors d’état d’entretenir un Commerce ré-gulier avec fa Colonie de Tranquebar ; ce qui mit ceux qui y étoientdansfimpuissance d’envoyer, comme ils favoient fait jufqu’alors, des Vaisseauxen Europe {b). Us fe ressentirent non seulement eux-mêmes beaucoup deçe changement de leurs affaires, mais il les rendit méprisables' aux autresNations Européennes, qui avoient plus de bonheur, & diminua fort leur cré-dit chez les Indiens ; circonstances également mortifiantes & irrémédiables.Ce qui ajouta encore à ces disgrâces, c’est que n’ayant pas été prévues, f étatde leur Commerce ne répondoit nullement à la belle apparence de leur For-teresse & de leur Ville, qu ils avoient pris foin d’embellir dune façonqui la distinguoit de toutes les autres villes de la Côte, au moins en cerems - là (c).
Le célébré Voyageur Hollandois Gautier Schouten, si justement estimépour la simplicité & la vérité de fes Relations, nous apprend qu’il pas-sa devant cette ville en 1661 , & il dit que son aspect est beau du côté dela mer, d’où l’on volt le Fort des Danois , dont les murailles font de pier-re très-blanche, & qui a quatre bastions. Màis il remarque comme unechose extraordinaire, qu’il y avoit deux Vaisseaux Danois dans le Port, dontles Officiers vinrent visiter ceux du Vaisseau Hollandois, fur lequel étoitSchouten, nommé le Lion rouge. II semble qu’on n’y voyoit gueres deuxVaisseaux à la fois, il ajoute qu’on voit rarement des Vaisseaux de leur Na-tion-dans les autres Ports des indes; qu’ils font fort brouillés avec les Mau-res qui traversent leur Commerce ; que la ville courroit risque quelquefois,si on n’y envoyoit du secours de la Forteresse ; elle est. peuplée, dit-il, deToupases, de Gentils & de Maures, qui payent tous tribut aux Danois,suivant la coutume du Pays (d) (*).
SEC-
O) Pufcndors, Des Roches. ' . (Y) Dicfc. de Comm. T. II. Col. 754..
(D Commerce des Danois aux Indes , ( d ) Schouten, Voyage aux Indes Orient.’
p. 53 - - T. 1 . p. m- 577 -
(*) Les Nations Chrétiennes qui trafiquent aux Indes, comme les Anglois, les Hoí-landois, les François, ont auíîì bien que les Danois des Etablissemens fur ia Côte de Co-romandes desorte qu’ils ne sont nulle part à plus de dix lieues les uns des autres, &qu’en quelques endroits il n’y en a que six de distance. Chacun .de ces Forts Européensa une Ville ou au moins un Bourg, qui en dépend, habité par des Chrétiens, des Mau-res & des Gentils : ces derniers font généralement le plus grand nombre (1). Les hutesoù ils demeurent sont petites & misérables, & ressemblent plutôt à des chaumières pourdes bestiaux, qu’à des habitations pour des hommes; ils ont néanmoins la plupart de nom-breuses familles. En voyant ces huttes en dehors, on auroìt de la peine à croire qu’unhomme puisse y entrer fans peine, & se tenir debout en dedans, tant elles paroìssent baf-fes; mais le fond est fl fort au-dessous du rez de chaussée qu'elles font fort hautes dans
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(1) Account ©f the Religion, Goureincnjent St C, of the Malabaiians, x. 5.