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22 (1764) L' histoire des découvertes, des conquêtes, et des établissemens des Hollandois, des Danois et des François dans les Indes orientales ...
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DANS LES INDES ORIENTALES. Liv. XVII. Chap. VIII. np

SECTION III.

Expédions auxqueìs la Colonie des Danois ejl obligée cPavoir recours pour semaintenir dans la possession de leur Forteresse. Le Naïck de Tanjour Fat-taque avec de grandes forces ; les Anglois les assistent généreusement , £? ilsleur font redevables de la conservation de Tranquebar, S par conséquent dece cpu'ils font encore établis aux Indes.

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Omme il faut beaucoup plus dhabileté pour conduire un Vaisseau au Sectionmilieu de la tempête, ou par des Détroits parsemés de rochers-& de- 111.eueils, que dans un beau teins & en pleine mer, nous ne pouvons fans Lâcheusemanquer â la justice disconvenir que dans la situation se trou voient à/â".ceux qui dirigeoient le Commerce des Danois, leur Patrie étant hors dé- tonte detat de faire peu de chose ou rien, recevant rarement du secours & fortJLïanque-irrégulièrement, ils méritent plutôt des louanges de sêtre maintenus, que bar *du mépris pareequils étoìent fi bas. La manicre dont iis sy prirent- £ssssss Srite detre développée. D abord le revenu de la ville de Tranquebar four- de$Lm-nissoit à f entretien de la Garnison, qui bien-que pas considérable , étoit ployés depayée régulièrement & tenue complette. Les petits Comptoirs quils a - ía Lmnpa-voient fur la Côte de Malabar, leur Loge de Chihchwat, & quelques au-foise pour

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Iinténeur. Elles nont proprement point de fenêtres mais' des trous par lesquels ilentre íi peu de lumière & dune façon 6 oblique, que cela ne fait quune efpece de cré-puscule: cest cependant dans ces misérables huttes, si basses, si sombres..& si mal ac-commodées que le fabriquent tant de belles & fines'marchandifes , quon apporte en sigrande quantité, & que lon vend fi cher en Europe. Comme les vivres font à fort bonmarché, & que 1 industrie est fort grande paimi ces gens-, qui soccupent tous à quel-que ouvrage, ils travaillent pour tres-peu de c.hofe, ce qui fait que ceux qui achettent.lesirs marchandises de la premiers main, y font de grands profits (i). Les MarchandsChrétiens, Maures & Gentils envoyentees marchandises en différens endroits pour leurpropre compte, ouïes vendent à quelqu'une des Compagnies Européennes. Quelquefoisdes Marchands Gentils, qui fout fort riches, fe mettent fous la protection de quelqueFort des Européens, & ménagent le Commerce entre leurs Maîtres & leurs compatrio-tes , deforte quils acquièrent des richesses immenses; mais ils ont grand foin de les ca-cher, autant quil leur est possible, pareeque les Officiers du Grand-Mogol, ou mêmeleurs propres Rajahs, qui ne font pas moins avides, ne manqueroient pas de les leur en -lever. Comme les Européens les protègent ordinairement contre les uns & les autres,ils les fervent avec beaucoup île fidélité, & quittent rarement leur jurisdiction, quand ilsfe sont enrichis f2). Les Marchands Maures font én plus grand nombre & font. un Com-merce fort étendu , ayant des Vaisseaux qui leur appartiennent, montés à-la-vérité com-munément par des Européens, & cest principalement fous leur Pavillon quils vont danstous les Pays des Indes & même jufquaux Manilles. 11 y a ordinairement vingt ou tren.te de ces Navires qui font de la Côte de Malabar, outre ceux de la Compagnie Danoise;

& confme dans cette partie du Monde il ne fe fait rien pour rien, il est aisé de compren-dre que ceux qui ont le manîment de S affaires à Tranquebar gagnent beaucoup àceCoîu-merce qui fe fait fous leur protection, auffi-bien que fur les ouvriers, & autres personnesqui vivent de leur travail (3).

(1) Tíivcrnìcr , Le Lrxy?:], Ovînjtqn,

(2) , Vol. 1 , p. J51.

{}) Dict. de Cornai, T, II. Col. 714,