DANS LES INDES ORIENTALES. Liv. XVII. Chap. VIII. np
SECTION III.
Expédions auxqueìs la Colonie des Danois ejl obligée cPavoir recours pour semaintenir dans la possession de leur Forteresse. Le Naïck de Tanjour Fat-taque avec de grandes forces ; les Anglois les assistent généreusement , £? ilsleur font redevables de la conservation de Tranquebar, S par conséquent dece cpu'ils font encore établis aux Indes.
C
Omme il faut beaucoup plus d’habileté pour conduire un Vaisseau au Sectionmilieu de la tempête, ou par des Détroits parsemés de rochers-& de- 111.eueils, que dans un beau teins & en pleine mer, nous ne pouvons fans Lâcheusemanquer â la justice disconvenir que dans la situation où se trou voient à/â".ceux qui dirigeoient le Commerce des Danois, leur Patrie étant hors d’é- tonte detat de faire peu de chose ou rien, recevant rarement du secours & fort ’JLïanque-irrégulièrement, ils méritent plutôt des louanges de s’être maintenus, que bar *du mépris pareequ’ils étoìent fi bas. La manicre dont iis s’y prirent mé- £ssssss Srite d’etre développée. D abord le revenu de la ville de Tranquebar four- de$Lm-nissoit à f entretien de la Garnison, qui bien-que pas considérable , étoit ployés depayée régulièrement & tenue complette. Les petits Comptoirs qu’ils a - ía Lmnpa-voient fur la Côte de Malabar, leur Loge de Chihchwat, & quelques au-foise pour
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I’inténeur. Elles n’ont proprement point de fenêtres mais' des trous par lesquels ilentre íi peu de lumière & d’une façon 6 oblique, que cela ne fait qu’une efpece de cré-puscule: c’est cependant dans ces misérables huttes, si basses, si sombres..& si mal ac-commodées que le fabriquent tant de belles & fines'marchandifes , qu’on apporte en sigrande quantité, & que l’on vend fi cher en Europe. Comme les vivres font à fort bonmarché, & que 1 industrie est fort grande paimi ces gens-là, qui s’occupent tous à quel-que ouvrage, ils travaillent pour tres-peu de c.hofe, ce qui fait que ceux qui achettent.lesirs marchandises de la premiers main, y font de grands profits (i). Les MarchandsChrétiens, Maures & Gentils envoyentees marchandises en différens endroits pour leurpropre compte, ouïes vendent à quelqu'une des Compagnies Européennes. Quelquefoisdes Marchands Gentils, qui fout fort riches, fe mettent fous la protection de quelqueFort des Européens, & ménagent le Commerce entre leurs Maîtres & leurs compatrio-tes , deforte qu’ils acquièrent des richesses immenses; mais ils ont grand foin de les ca-cher, autant qu’il leur est possible, pareeque les Officiers du Grand-Mogol, ou mêmeleurs propres Rajahs, qui ne font pas moins avides, ne manqueroient pas de les leur en -lever. Comme les Européens les protègent ordinairement contre les uns & les autres,ils les fervent avec beaucoup île fidélité, & quittent rarement leur jurisdiction, quand ilsfe sont enrichis f2). Les Marchands Maures font én plus grand nombre & font. un Com-merce fort étendu , ayant des Vaisseaux qui leur appartiennent, montés à-la-vérité com-munément par des Européens, & c’est principalement fous leur Pavillon qu’ils vont danstous les Pays des Indes & même jufqu’aux Manilles. 11 y a ordinairement vingt ou tren.te de ces Navires qui font de la Côte de Malabar, outre ceux de la Compagnie Danoise;
& confme dans cette partie du Monde il ne fe fait rien pour rien, il est aisé de compren-dre que ceux qui ont le manîment de S affaires à Tranquebar gagnent beaucoup àceCoîu-merce qui fe fait fous leur protection, auffi-bien que fur les ouvriers, & autres personnesqui vivent de leur travail (3).
(1) Tíivcrnìcr , Le Lrxy?:], Ovînjtqn,
(2) , Vol. 1 , p. J51.
{}) Dict. de Cornai, T, II. Col. 714,