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22 (1764) L' histoire des découvertes, des conquêtes, et des établissemens des Hollandois, des Danois et des François dans les Indes orientales ...
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i2o COMMERCE, COLONIES &c. DES DANOISSection tres endroits de Bengale, & un Etablissement plus considérable quils a-j 11 * voient à Bantam, leur fournissoient plusieurs sortes de marchandises, quilssituation chargeoient, quand loccasion sen présentoir, sur les Vaisseaux quils en-do la o voyoient à Surate, dans le Goîphe de Bengale, à Malacca , & dans fillelonie de de Celebes (d). Sils avoient fait ce Commerce dans les Indes entierementTranque- p 0ur i eur propre compte, il les auroit non seulement garantis de la néces-bar fíté, mais les auroit enrichis en se ménageant ; mais comme ils navoientpas des fonds suffisans ils étoient obligés de fretter leurs Vaisseaux, &dycharger quantité de marchandises pour des Marchands Gentils & Maures. Cesdivers moyens pris ensemble les maintinrent dans une situation passable, &les mirent en état denvoyer de teins en teins, peut-être une fois en deuxou trois ans, un Vaisseau en Europe (A).

Comment Mais bien-que ces expédions à dautres du même genre pussent leur ai-le Rajah j er à f e soutenir en tems de paix, ils ne pouvoient leur fournir des ressour-jour à a ces c ^ ans à circonstances fâcheuses, auxquelles ils fe trouvèrent quelque-inquiétas, fois exposés, & qui les mirent plus dune fois à deux doigts de leur perte.' La principale cause de ces difficultés étoient les querelles quils avoient quel-quefois avec le Rajah de Tanjour, qui fur des prétextes frivoles leur cou -poit la communication par terre, & en venoit quelquefois jufquà assiégerleur Forteresse & leur Ville avec une armée nombreuse (r). Si nous devonsen croire quelques Relations, quelque petit & peu considérable que le Com-merce des Danois pût paroître à leurs puiilàns compétiteurs , ils ne laif-soient pas de les regarder dun œil denvie, & doffrir des sommes considé-rables pour le Port dont ils étoient en possession. Bien-que le Rajah nepût sen rendre maître en dautres tems, parcequil fe trouvoit lui-mêmepressé par le Mogol, il jugea quil étoit juste, ou au moins nécessaire ,que ses Vasseaux.portassent une partie de la charge, desorte quil employala force pour extorquer les sommes dont il avoit besoin, & que les Danois,nonobstant la médiocrité de leurs fonds, furent obligés de fournir ( d ) ; danscette extrémité lon prétend quils fe permirent des actions aussi hardiesquinexcufables pour se tirer de peine. Un de nos compatriotes en rappor-te un trait dans Tannée 1684: desaccidens de cette nature, auxquels fe joi-gnit la famine, les mirent si bas, qssiils engagerent trois de leurs bastionsaux Hollandois pour une somme dargent, afìn dempêcher la Garnison& les habitans de la ville de mourir de faim ; mais ils les rachèteront dèsTannée suivante, ils prirent dequoi le faire, cest ce qui fut inconnu auxIndes. On y eut cependant certains soupçons: un Vaisseau Anglois, nommé lel'oruiofe , destiné pour Surate, qui dans fa route avoit touché àCalecutpourprendre de leau, du bois & dautres provisions, disparut ; & on avoit en-tendu canonner fortement en mer peu après son départ de Calecut : commeen ce tems- il y avoit deux Vaisseaux Danois qui croisoient depuis le Cap

Co-

(d) Guymi , Hlst. des Indes Orientales ,T. Iil> P- 77 - Dictionnaire de Commerce,T. IL Col. 754.

(0 Commerce des Danois aux Ibu. p. 5 t.

(c) Gesta & Vestigia &c. p. 67.

{d) Dictionnaire de Commerce, T. ILCol. 1142. i