i2o COMMERCE, COLONIES &c. DES DANOISSection tres endroits de Bengale, & un Etablissement plus considérable qu’ils a-j 11 * voient à Bantam, leur fournissoient plusieurs sortes de marchandises, qu’ilssituation chargeoient, quand l’occasion s’en présentoir, sur les Vaisseaux qu’ils en-do la o voyoient à Surate, dans le Goîphe de Bengale, à Malacca , & dans fillelonie de de Celebes (d). S’ils avoient fait ce Commerce dans les Indes entierementTranque- p 0ur i eur propre compte, il les auroit non seulement garantis de la néces-bar ’ fíté, mais les auroit enrichis en se ménageant ; mais comme ils n’avoientpas des fonds suffisans ils étoient obligés de fretter leurs Vaisseaux, &d’ycharger quantité de marchandises pour des Marchands Gentils & Maures. Cesdivers moyens pris ensemble les maintinrent dans une situation passable, &les mirent en état d’envoyer de teins en teins, peut-être une fois en deuxou trois ans, un Vaisseau en Europe (A).
Comment Mais bien-que ces expédions à d’autres du même genre pussent leur ai-le Rajah j er à f e soutenir en tems de paix, ils ne pouvoient leur fournir des ressour-jour à a ces c ^ ans à circonstances fâcheuses, auxquelles ils fe trouvèrent quelque-inquiétas, fois exposés, & qui les mirent plus d’une fois à deux doigts de leur perte.' La principale cause de ces difficultés étoient les querelles qu’ils avoient quel-quefois avec le Rajah de Tanjour, qui fur des prétextes frivoles leur cou -poit la communication par terre, & en venoit quelquefois jufqu’à assiégerleur Forteresse & leur Ville avec une armée nombreuse (r). Si nous devonsen croire quelques Relations, quelque petit & peu considérable que le Com-merce des Danois pût paroître à leurs puiilàns compétiteurs , ils ne laif-soient pas de les regarder d’un œil d’envie, & d’offrir des sommes considé-rables pour le Port dont ils étoient en possession. Bien-que le Rajah nepût s’en rendre maître en d’autres tems, parcequ’il fe trouvoit lui-mêmepressé par le Mogol, il jugea qu’il étoit juste, ou au moins nécessaire ,que ses Vasseaux.portassent une partie de la charge, desorte qu’il employala force pour extorquer les sommes dont il avoit besoin, & que les Danois,nonobstant la médiocrité de leurs fonds, furent obligés de fournir ( d ) ; danscette extrémité l’on prétend qu’ils fe permirent des actions aussi hardiesqu’inexcufables pour se tirer de peine. Un de nos compatriotes en rappor-te un trait dans Tannée 1684: desaccidens de cette nature, auxquels fe joi-gnit la famine, les mirent si bas, qssiils engagerent trois de leurs bastionsaux Hollandois pour une somme d’argent, afìn d’empêcher la Garnison& les habitans de la ville de mourir de faim ; mais ils les rachèteront dèsTannée suivante, où ils prirent dequoi le faire, c’est ce qui fut inconnu auxIndes. On y eut cependant certains soupçons: un Vaisseau Anglois, nommé lel'oruiofe , destiné pour Surate, qui dans fa route avoit touché àCalecutpourprendre de l’eau, du bois & d’autres provisions, disparut ; & on avoit en-tendu canonner fortement en mer peu après son départ de Calecut : commeen ce tems-là il y avoit deux Vaisseaux Danois qui croisoient depuis le Cap
Co-
(d) Guymi , Hlst. des Indes Orientales ,T. Iil> P- 77 - Dictionnaire de Commerce,T. IL Col. 754.
(0 Commerce des Danois aux Ibu. p. 5 t.
(c) Gesta & Vestigia &c. p. 67.
{d) Dictionnaire de Commerce, T. ILCol. 1142. i