DANS LES INDES ORIENTALES. Lrv. XVII. Chap. VIII. I2 $
tes contribuèrent non seulement à les secourir par un principe d’amitié Section& de générosité , mais le firent encore à leurs sraix & à leur propre III.dommage. , Fâcheuse
On dit que vers la fin du fiecle passé, dans le teins que M. Pitt étoitGouverneur du Fort de Saint-George, on proposa au Rajah de Tanjour hnìe ded’acheter de lui le Port de Tranquebar, pour la somme de cinquante-mille Tranque-Pardoes argent comptant, quand il pourroit le livrer. Les Danois ayant bar<eu de bonne heure connoiffance de cette intrigue, demanderont du secours Le Ra - ahaux Anglois; on le leur promit généreusement, & l’on tint parole dans la de Tan-suite (a). Le Rajali de Tanjour , s’étant déterminé à cette entreprise , \omveutassembla une armée d’entre trente & quarante-mille hommes, & s’avança óur T mi-di oh à Tranquebar. Les Indiens furent si précautionnés, qu’ils ouvrirentla tranchée à plus d’un mille de la Place, & formerent deux attaques. La „oîs.terre n’étant qu’un fable sec, ils enfoncèrent de côté & d’autre des troncsde cocotiers en guise de palissades & remplirent feutre - deux de fable ,enforte que leurs tranchées étoient presque auffi épaisses que les murs de laville, & fort hautes, tellement qu’ils étoient à couvert du feu des Danois.
Ils avoient environ vingt ou trente-mille hommes à faire ce siégé, & dansl’espace d’environ cinq mois ils conduisirent leurs tranchées, avec une pa-tience & un travail incroyable, jusqu’à une portée de pistolet des murail-les de la ville ; & ils avoient déja presque ruiné avec leurs batteries un desbastions, quand le secours des Anglois arriva. Les Danois s’attendoientde jour en jour à un assaut, & se préparoient à transporter leurs effets dansle Château & à abandonner la ville ; ils ne traverserent gueres les travauxdes ennemis, parce que la Garnison n’étoit que de detix-cens Européens,d’autant de Portugais Indiens, & d’environ mille Noirs, & qu’outre laForteresse ils avoient à défendre tout le tour des murailles, qui étoit d’unmille & demi. Elles étoient revêtues de pierre, mais fans fossé, desorteque les Danois, pour empêcher les ennemis de les escalader, avoient plan-té des palissades fort élevées fur le haut des remparts.
Un jour ou deux après I’arrivée des Anglois. on résolut de faire une sor- Belle âi-tie, & vers Fheure du lever du Soleil un détachement de Noirs s’avança, fase dasuivi des Anglois, mais les Noirs ne furent pas sitôt hors de la porte, qu’ils Anglois_s’ouvrirent à droite & à gauche, & firent place aux Anglois,n’ayantpoint iai ~envie d’en venir aux mains. Alors il sortit des tranchées un Corps desennemis, qui s’avancèrent en assez bon ordre, armés de leurs grands sabres& de leurs boucliers, fans décocher une feule fléché , ni tirer un seul coup. Ilsétoient bien habillés, ayant des vestes blanches & des turbans de la mêmecouleur, & paroiffoient déterminés à combattre de main à main dans laplaine qui étoit entre la ville & les tranchées. Les Officiers Anglois fu-rent un peu en peine, en voyant les Indiens s’avancer en si bon ordre, sa-chant que plusieurs de leurs gens étoient de nouvelles levées, &qu’il yavoitparmi eux des Portugais, fur lesquels il n’y avoit gueres de fonds à faire.
{fi) Harrh , ubi íup,
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