• DANS LES INDES ORIENTALES. Liv. XVII. Chap. VIII. 127
Leurs compatriotes ne leur donnerent gueres d’encouragement à leurarri- Sectionvée, & étoient si éloignés de montrer un grand zele pour ce nouvel Eta- ^V* ^blisiement, qu’ils ne firent pas difficulté de le traiter de projet chimérique Trinque*& impraticable. Une des raisons qui le leur persuadoit, c’est qu’ils necro- bar à.yoient pas que les Missionnaires puisent jamais-apprendre la Langue Damu- r ~~.le ou Tamule, qu’on parle dans tout le Malabar, assez parfaitement p 01U ‘prêcher dune maniéré coulante à un Peuple qui aime naturellement l’éío- \ on trcntquence, & qui passe pour parler fa langue plus correctement qu’aucunedes (iqu’thNations voisines (ri). Cela ne découragea pas nos Missionnaires, qui au surmon-tant de très-peu de teins établirent une Ecole Portugaise, où ils instrui- tent ^ eu ~soient des enfans pauvres gratis. Ils engageront ensuite à leur service im ìeu l anm •Maître d’Ecole Malabare avec tous les enfans qu’il instruisoit, & se mi-rent eux-mêmes fous fa Discipline, apprenait à lire & à écrire de la même,maniéré que ces enfans : il s’y appliquèrent avec tant cí’assidukc, que dansl’elpace d un an ils possédèrent la langue si parfaitement, qu’ils la savoientlire, écrire & parler aulsi bien que les habitans du Pays (/;). M. Ziegcnbalgcontinua ses travaux apostoliques avec un zele infatigable jusqu’au 23 Fé-vrier 1719; épuisé par les incroyables fatigues qu’il avoit essuyées, & mou-rut n’ayant pas trente-six ans accomplis (c). M. P lutschau, étant moins robu-ste , fut obligé de revenir en Europe, après avoir travaillé quelques annéesdans la Mission; fa place fut remplie par d’autres, qui marchant fur les tra-ces de M. Ziegenbolg , travailleront avec vigueur au grand dessein pour le-quel ils étoient venus, & firent un grand nombre de Prosélytes. Ils eurentà surmonter dans le cours de leur Mission bien des obstacles, mais ils en triom-phèrent par leur infatigable diligence, par leur vie exemplaire, & par leurZele fervent pour l’Evangile qu’ils prêchoient (*).
Nous
{a) Propagation of the Gospel in the East p. 537, 538. Proportion ct c p. iu. P g.
P. I. p. 26,27. (c) La Croze, I. c p. 567.
{b) LaCroze, Hist. du Christ, des Indes,
locateurs, réussiront là où les autres ont échoué (1). Sur le tout l’envoides Missionnai-res étoitune entreprise certainement .aussi prudente que pieuse; fondée sur des motifs jus-tes & jouables, & non fur un accès d’enthouíiasme, & qui, comme on le verra dans laNote suivante, a été poursuivie constamment à l'bonneur du Gouvernement Danois,
& au grand avantage des habitans du Pays par la bénédiction visible de Dieu fur les tra-vaux des Missionnaires, & par les secours qu’ils ont reçus, sur-tout des Anglois leurs voi- .fins, comme ils Pont généreusement & publiquement reconnu.
(*) Le Lecteur s’appercevra aisément que pour entrer dans un détail exact de ce sujet,il faudroit un assez gros volume: ainsi ce que nous dirons ici pour éclaircir ce qui estdans le texte, n'est que pour prévenir le reproche d’avoir omis dans un Ouvrage te! quecelui ci un article aussi important. Les premiers Missionnaires rencontrèrent bien des dis.ficultës, dont il y en avoit d’une nature á décourager des personnes qui nuroient eu moinsde piété, de prudence & d’application. En étudiant la Langue Tamule, ils s’apperçurentstu’elle étoit abondante & belle, & qu’ils étoient tombés précisément dans cette partie duUtys où on la parloit le plus purement, & où on l’entendoitje mieux: ce n’étoit donc '
Pas assez pour eux d’apprendre cette Langue, il falloit encore la posséder parfaitement,
(1) Geidtt , History of the Chu:ch of Malabar, T< IV»