IZ2 COMMERCE, COLONIES&c. DES DANOIS
Section L es Naturels font adroits & ingénieux, très-capables de toutes lesScien-MT d ces ’ â ils ont une'facilité surprenante à saisir les Arts mécaniques. On dîtTrinque*q ue la Langue Malabare fe divise en dix-huit Dialectes, dont les princípa-bar &c. les font ces trois ; le Kerendam, qu’on peut appeller la Langue des Savans,
---parceque c’est celle que parlent principalement les Bramins, & qu’elle est
Géme, con f acr ée aux mystères de la Religion; le Tamuìe, qui est la Langue polieOccupa- & usitée parmi les Gentils de toute cette fresquiste, qui a plus de trois-tions & mille milles Angloifes d’étendue ; le Warclagis , que l’on parle dans les Con»Langue trées Septentrionales, & qui différé de la Langue famille comme l’Ecof»des Na- p 0 j s ]’Anglois (a) (*). L’habillement des habitans est propre, mince &
mei ' léger, pour pouvoir l’ôter plus aisément quand ils veulent fe baigner, cequ’ils font fort souvent. Les gens au-dessus du peuple font honnêtes, af-fables & civils, & le commun peuple grossier & impoli, comme par-toutailleurs. II y a parmi eux plusieurs personnes fort riches & puissantes ,mais la plupart font dans un état de médiocrité, gagnant leur pain à lasueur de leur visage ; & bien-qu’ils travaillent beaucoup ils vivent sobre-ment, &n’ont que peu de chose pour subsister; avec cela ils font en généralgais & contens; on n’y voit point de mendians, à l’exception des Faquin,qui font des Religieux mendians ; car les Gentils disent, que celui qui a faitla bouche pour manger, a fait les mains pour travailler. Comme le Paysfournit peu de bois, & point du tout pour la construction, les maisons despersonnes accommodées font de brique, & les pauvres demeurent dans des
ca-
(d) Account &c. p, 8-10.
annuel du Soleil, plus il leur paraîtra évident que le tout est dirigé par une sagesse in-faillible , & avec cette bonté qui brille par-tout dans les œuvres de la Divinité.
(*) M. Ziegcnbaig, qui a pris des peines incroyables pour acquérir toutes les connoif-sances nécessaires pour bien remplir son Ministère, assure que la Langue Tamuìe, quoi-qu’abondante & énergique, est cependant trés-réguliere, & peut aisément être assujettieaux réglés deia Grammaire (i). Les Malabares écrivent fur des feuilles de palmier; ils tien-nent la feuille de là main gauche, & un poinçon de fer de la droite; ils avancent la seuil -le jusqix’â ce que la ligne soit finie, & la reculant ensuite ils en commencent une autre,-c’est ce qu’ils sont avec beaucoup d’adresse, & ils dépêchent bien de la besogne en peude tems. Ils ont dans toutes leurs villes, & même dans leurs bourgs & leurs villagesdes Maîtres d’école, qui enseignent aux enfans à lire & à écrire, mais il y en a peu quiparviennent à un degré de perfection pour l’un ou pour î’autre, & beaucoup moins enco-re qui sachent parfaitement l’un & l’autre, parceque suivant leur méthode il faut au moins-lïx ans d’une application continuelle pour devenir habile pour la lecture & récriture. On n’ea-voye /atna.s les filles â l’EcoIe, à la réserve de quelques-unes que l’on éleve pour le service■des Pagodes , & que l’on appelle les Servantes des Dieux (2). On donne à celles-ci une fortbelle éducation, ct on leur enseigne tout ce qui peut contribuer à leur former l’espritct le-corps. Les autres Missionnaires représentent les Malabares à l’égard des Sciences, com-me fort ignorans, s’amusant de fables ridicules & extravagantes; mais le curieux M. Zie-genbalg , q U i a employé tant d’années à cultiver les connoissances qu’il a acquises avectant de travail, avoue de bonne foi, qu’outre leur Théologie mystérieuse & allégori-que, ils ont aussi des Systèmes de Morale, des Traités de Logique, de Rhétorique, dePoésie, de Physique, de Médecine, de Géographie, d’Astronomie, de Chymie, de Mu-sique & de Mathématique (3).
(1} L/i Crazt , Histoire du Christianisme .des so*des, p. J 37 ' 53 í>»
(z) Account Scc. p, jo.(îj ibid, p. , jo,