BANS LES INDES ORIENTALES. Liv. XVII. Chap. VIII. 135, Le ressort de la ville , q ai appartient saisi aux Danois , est fort étendu, Section& rempli dc villages très-peuplés. Le plus grand de ces villages est Pore- IV.j'ir , où l'on compte presqu’autant d’habitans que dans Tranquebar. Les Mìflìm r/<?Maures y ont plusieurs Mosquées, & depuis trente ans ils en ont bâti une
nouvelle. Les Gentils y ont auffi diverses grandes & magnifiques Pagodes.-L,
Mais le plus beau & le plus agréable des villages est Tiliiar, où résident qua- Eeffurt derante Bramins, dont les maisons font fort propres. Le chemin de Tranque- j* ranc l ue 'bar à Tiliiar est planté d’une double rangée d’arbres, qui portent des fleurs bar ‘rouges, blanches & jaunes, qui ressemblent assez à nos Lys: & comme cesarbres font toujours verds ci’un bout de Tannée à T antre, on voyage avecplaisir quelque chaleur qu’il fasse dans le Pays. On compte encore septautres villages, qui bien-que moins considérables que les deux premiers, nelaissent pas d’être fort peuplés ,& d’avoir des terres bien cultivées, Tfandara-pari , Kotupaleam , ErukittantJchéri, Tsachattanguri , Dewapallur , Oruwamanga-lam , & Tschenkitankerei. II y a six autres villages habités par des Pécheurs,
& d’autres gens de cet ordre, qui subsistent en fournissant la ville de Tran-quebar de poisson, ou en transportant avec leurs Barques le long de la côtedes marchandises d’un lieu à T autre : ces villages se nomment Pommeam-pœttci, KilUnschimedu , Calinkaraipœîtei , Sîngnurpœttei , /Ikkamenpœttei , &Elamerpœttei (a).
Quoi-
(a) Account os the Religion, Gouvernement, Learning and Oeconomy of the Mala-barians, p. Z, 4.
choses enrôlent pu être mieux dirigées, c’est-à-dire que ceux qui étoient chargés des af-faires à Tranquebar, auroient pu certainement se faire aimer davantage des Naturels, &trouver les moyens de gagner le Prince dans les Etats duquel ils étoient établis. A re-gard des liabitans nous avons les preuves les plus claires qu’ils font généralement h u-mains, biensoiíans & de bon naturel L’exemple suivant en fournit une dénìonílratioii*
Au mois de Septembre 1709» m. Ziegsnhalg voulut faire un voyage dans les terres d uRajah de Tanjour; il alh jusqu’à un endroit nommé PcrmnuM, où il crouva une assem-blée des principaux Malabares & Bratnines du lieu : ils lui dirent que son voyage étoittrop hazardé, & que plus ilavanceroit dans le Pays, plus il courroit de danger, les or-dres du Rajah étant de ne laisser passer aucun Européen fans Tarrêter; que pour eux ,quoiqu’iis eussent droit de le faire, ils lui Iaisseroient la liberté de s’en retourner, sachantqu’il n’enseignoit rien que de bon, & que toute sa doctrine ne traitoit que de ce qui con.cernoit Dieu ; que si contre leur avis il persistent dans son dessein, ils ne s’yopposeroientpas. Us ajoutèrent, qu’ausiitôt qu’on scuroit fa venue à Tanjour, il leroit arrêté; quePeut-être le Rajah ne lui ôteroit pas la vie, mais qu’il scroit enfermé dans une prison .jus-qu’à ce qu’il eût payé une grosse rançon. Qu’il avoit souvent traité les Prêtres Portugaisde cette maniéré ; & qu’en fe jettant ainsi imprudemment dans le péril, ce scroit être laVictime de son opiniâtreté plutôt que le martyr de fa Keligion: car ils rassurèrent, qu’ens’y prenant comme il fa! soit il risquoit tout fort inutilement; que si quelqu’un vouloiti’en,tendre , il iroit certainement le trouver à Tranquebar, où Upourroit l’instruire fans dan-ger. Áprès ce prudent avis ces indiens lui présentèrent civilement à manger & à boire,l’assurerent de leur respect pour sa personne, ct qu ils étoient disposes à 1 entendre fur dessujets de morale (i). U est difficile de concevoir qu’un Etranger puisse être mieux reçu dansaucun Pays.du Monde; il y a donc quelque raison de penser que si les Danois avaient eudes égards & de la complaisance pour les habitans de ce Pays, il y a longtems qu’ils auroientacquis assez de crédit parmi eux , pour en tirer un parti avantageux.
(ij La Croie, Hist. ilu Christianisme des Indes,p, 551 > 55r, Lettre de M. ZieitnbAlgiìy.-xntme,