Section
V.
Projetd'une nou-velle C-vn-pagnie àAlteua&c.
Las Mi-nistres daces Puis-sances fontdes rejirê-jenlationsà la Courde Dane-marc-
142 . COMMERCE, COLONIES &c. DES DANOIS
certainement l’ardeur que l’on marquoit dans les Pays étrangers pour entrerdans ce projet; il ne laissa pas d’avoir tant de succès, que ceux qui géraientles affaires de la Compagnie, commenceront à faire des préparatifs pour ti-ne expédition qui pût leur donner du crédit (a). II y eut auíìì plusieurspersonnes, qui entendoient bien le Commerce des Indes, qui allerent à Co-penhague, & témoignèrent de {'inclination pour entrerait service de la Com-pagnie; on les reçut bien & on les consulta souvent : ce fut par-là que cetimportant Commerce ne fut pas simplement connu, mais généralement en-tendu en Danemarc; deforte que l’on conçut non seulement de grandes espé-rances, du succès de ce Projet, mais que l’on témoigna aussi beaucoup de zé-lé à f avancer de tout son pouvoir, & même parmi les personnes de tout or-dre, par cet admirable principe, que tout ce qui peut contribuerait Bien pu-blic, doit être regardé comme étant de fintérèt public (/?). Dans cette dis-position des affaires, les préparatifs, comme il étoit naturel, fe firent avectoute la vigueur imaginable j*).
Aussitôt que l’on fut certainement que la Compagnie Danoise étoit furle point d’envoyer des Vaisseaux aux Indes Orientales, conformément à sonplan, & ait pouvoir qui lui avoit été accordé par son Octroi, les Puissances
Ma-
(aj Mercure Hist. & Polit. T. LXXXIV. p. 199. ( hj Dict. de Comtn. T. IV. Col, 1144.il n’y avoit pas d’homme prudent qui voulût souscrire, nonobstant toutes les belles pro-messes , & les grands privilèges accordés à la nouvelle Compagnie , qui dans le fonds pa-rodient destinés plutôt à attirer i’argent des autres Pays en Danemarc, qu’à rétablir le Com-merce ruiné des Danois aux Indes. Cette Réponse étoit datée d’Amsterdam le premier deMai 1728 (r); la. Gourde Danemarc en fut fort irritée; mais comme elle n’étoit point si-gnée, & qu’il n’étoit point aisé d’en découvrir l’Auteur, les plaintes qu'on en fit ne servi-rent de rien (2).
(*) Quand le Sieur Van /lsperen& ses Collègues virent les peines qu’011 fe donnoitpourdécréditer leur projet, ils jugèrent à-propos de démontrer la fausseté de quelques-unes desobjections, & ce qu’il y avoit de sophistique dans les autres. On remarqua dans une Pie-ce publiée à Copenhaguesur.ee sujet, que I’Etablissement d’une nouvelle Maison des In-des à Alcena, n’étoit point d’établir une nouvelle Compagnie, comme i! paroissoitévidem-ment par la Patente du Roi, qui ajoutoit seulement à l’ancienne, qu’à l’égard du créditdes Directeurs de la Compagnie, on n’avoit pas de juste raison d’y donner atteinte, puis-qu’il étoit de leur intérêt de dire la vérité, & que la Patente avoit pris des précautions pourempêcher que les Souscripteurs ne souffrissent du préjudice, en cas que les Directeurs nedéclarassent pas la vérité, que i’Histoire du Vaisseau Maure étoit une fausseté, & enfin quela Lettre même ne s’accordant point & fe contredisant, ne devoit être d’aucun poids au-près des personnes dépréoccupées ; car d’un côté l’on vouloit y prouver que le CommerceDanois aux Indes ne pouvoit être fort profitable, à cause de Pétât de la Compagnie; ce quisupposoit clairement Pintention de faire Commerce aux Indes, & de le faire du droit del’ancienne Compagnie; au-lieu que dans l’autre partie de la .Lettre, on soutenoit que c’é-toit une nouvelle Compagnie, & que l’on n’avoit rien moins que dessein de trafiquer. Qu’ilétoit donc impossible, le tout pris ensemble, que toutes les objections fussent fondées, &qu’il n’étoit ni absurde ni improbable qu’dles fussent toutes fausses, & inventées seulementpour renverser une Société établie par Paucorité de Sa Majesté Danoise, -qui devoit êtrerespectable à route l’Europe, & sur-tout à ses Alliés (3). Cette guerre par écrit paroît a«voir fini par-là, au moins pour les particuliers; d’autant plus convenablement, que lesoppositions à rétablissement de la Compagnie Danoise étoient devenues une affaire d’Ltat,& traitées comme telles par les Ministres des Puissances Maritimes à Copenhague & à ia Haye’.
(1) stKjftt, lUc. Hist, d’Actes ct c. T, V, (z) Hiíiorical Regisier, uíi sep.p. -L-Zr, (3J Mercure Hist. ct Politiq. T. LXXXV. p. 72,