DANS LES INDES ORIENTALES. Liv. XVII.'.Chap. IX. H7
pïis du peu de progrès qu’à fait pendant très-longtems une Nation à d autres Sectionégards très-capable & entreprenante (à).
t" On fera convaincu que ces raisons font fondées fur des faits, quand on clmpa-*saura que de très-bonne heure un des plus grands Rois de France s’appcrçutg««Fran.de ces inconvéniens, & travailla bien sérieusement à y remédier. Ce fut çoises.
François I. qui par ses Déclarations des années 1537 & 1543, exhorta ses -**“
Sujets à entreprendre des voyages de long cours, & leur mit devant les ^Tonayeux les avantages qu’ils fe procureraient à eux - mêmes, s’ils entroient^J/á t,dans ses vues (b). Henri III. renouvella ces invitations par un Edit du tendre le15 Décembre 1578 , mais avec très-peu d’effet; car soit défautd’attention Ct ™nerce,de la part des Sujets, soit que la Couronne ne fût pas en état de fournirles secours nécessaires, il ne fit aucune entreprise qui mérite que nous enindes,parlions (c) (*). Mais fous le régné de Henri IV. un Flamand nommé Gé-rard le Roy , qui avoit fait quelques voyages aux Indes fur des VaisseauxHollandois, vint en France offrir ses services, en qualité de Pilote, auneCompagnie qu’il savoir se former pour tenter le Commerce des Indes : íaproposition, comme toutes celles de cette nature, fut très-bien reçue d’a-bord, & dans la fuite très-peu mise à profit ; il fe forma donc une Compa-gnie par Lettres Patentes du Roi du premier Juin 1604, qui lui accordoitun Commerce exclusif pour quinze années consécutives, à compter du jour
du
(<*) Monfon's Naval Tracts. (c) Histoire de la Compagnie des In-
(A) Dictíonn. de Commerce, T. I. Col. des, p. 14.
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(*) Nous nous flattons qu’on ne trouvera pas mauvais, si nous remarquons, qu’aprèstout le caractère des François est la principale raison qui les a empêchés jusqu’ici, a-vec toute leur ardeur & leur vivacité, de faire une plus grande figure fur mer, 11s ontfait des découvertes presque auffitôt qu’aucune autre Nation, mais tandis que les autresont poursuivi les leurs & les ont mises à profit, les François ont absolument négJigé cel-les qu’ils ont faites, & n’en ont jamais ouï parler jufqu’à 'aujourd’hui: c’est ce qui deman-de d’étre expliqué. Sous le régné de Louis XII. & ati mois de Juin 5503, le Sieur deC ermevillt doubla le Cap de Bonne-Espérance, & découvrit un grand Pays, auquel ildonna le nom A’Indes Máidiot,aks\ il y demeura environ fix mois, & revint avec le filsd'un Koi du Pays (1). Les Mémoires autentiques de ce tems-Jâ mettent le fait & plu-sieurs circonstances curieuses hors de tout doute ; avec cela on ne s’est donné aacune pei-ne pour suivre cette découverte, quoique la description que Gomeville & plusieurs autrespersonnes de son Vaisseau faisoient du Pays (2) auroit tenté toute autre Nation, & Tau-loit engagée à faire tous ses efforts pour établir une correspondance qui auroit faithonneur, & qui selon les apparences auroit produit un grand profit. Si les Angloisctles Hollandois avoient été de la même humeur Sa Majesté Catholique scroit restée feuleMaîtresse de P Amérique, & les ^ Portugais maîtres des Indes jusqu’à nos jours; car on^marquera bien que ce fut près de quarante ans après cette fínguliere a van tare , queFrançois 1 . publia son Edit pour exhorter ses Sujets à entreprendre des voyages de longcours; & d’entreprendre quelque chose par mer pour leur propre avantage, au-lieu de paf.fer leur vie en querelles domestiques, ou à entretenir des troubles dans le Royaume, quiétoient le mal de ce tems-là, íur-tout en France, '
(r) Mémoires touchant l’Etablissement d’une siasiique originaire de cette même Terre 166}, Sva"iiíTion Chrétienne dans le troisième Monde, au- (2) Déclaration du Capitaine de Gtnntviìlt dáVentent .appelle la Terre Australe Lee. présentés r s Juillet 1505,a N. S. î. le ïape sAlixmdri Vlll. par un Ecclé-
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