i 4 <S CONQUETES, ÉTABLISSEMENS &c. DES FRANÇOIS
CHAPITRE IX.
Histoire du Commerce des François aux Indes, où Von expose leursvues dans VEtablissement d'une Compagnie, les difficultés qu'ilsont trouvées à la soutenir ; £«? la décadence entiere de cetteCompagnie , avec le Plan & ks Progrès de la Compagnie des -Indes d aujourd'hui.
SECTION I.
Efforts des Rois de France pour inspirer à leurs Sujets le goût de la Navigationb du Commerce. Henri IV. établit la premiere Compagnie des IndesOrientales, quise diff ut sans avoir rien entrepris : une autre plus active &pendant quelque tems plus heureuse prend sa place ; mais à la fin après des va-riations dans son plan , elle tombe en décadence , £? est hors d'état de se soutenir.
frcrioN T)Lusieurs des meilleurs Ecrivains de France & des Nations voisinesont marqué leur étonnement, de,ce que les François, naturellementCampa - 65 am bitieux & vifs, ont compris si tard les avantages du Commerce & ceuxgmeiFnn- dune puissante Marine. Mais si l'on y pense mûrement, & que l’on con-çoiscs. fuite ce qu’a écrit fur ce sujet tin des plus habiles & des plus grands Mi-— niítres que la France ait produit, il ne fera pas difficile de marquer les vé-quìontfaii àbles causes de la lenteur avec laquelle ils se sont appliqués à des objets sique ks importuns, & du peu de succès qu'ont eu leurs premieres entreprises en ce
François genre (a). En premier lieu, ils n’avoient pas l’aiguillon de la nécessité,se smt ap- q U j a produit de si surprenans effets fur les Vénitiens & furies Hollan-^taîTJ' dois, que le besoin a obligés de faire des entreprises, qui en peu de temsCommerce. l es ont rendus riches & puissans. En second lieu, il y avoit à parler gé-néralement de grands défauts dans leur Gouvernement, au moins à l’égarddes affaires de cette nature ; tantôt les Rois avoient trop peu d’autorité,tantôt ils en avoient trop. Dans le premier cas ils ne pouvaient que donnerpeu d’encouragement à des projets de cette nature, & dans le dernier, lepeu dessûreté dans la jouissance de ce qu’on avoit mettoit obstacle à l’indu-Itrie, & étouffoit le zele pour le Bien public. Enfin la vivacité, l’incon-stance& la vanité des François, les rendoit peu propres à des entreprisesqui demandent un esprit calme, constant & flexible (b). En réunifiant ainsitout, & en comprenant bien quels obstacles l'abondance d’un Pays, les dé-fauts du Gouvernement, & les inclinations opposées du peuple forment àl’Etablissement d’un Commerce solide & étendu, on ne peut plus être sur-pris
(A Testament Polit, du Card, de Richelieu G) Estai fur la Marine & le Commerce,V. II. Ch. I. Sect. 6. p. 62, 63.