DANS LES INDES ORIENTALES. Liv. XVII. Chap. IX. 15I
seau ou deux à Madagascar, où il entra en possession des Etablissemens de Sectionla Compagnie, & il trouva qu’ils ne valoient pas la peine d’être confer- II.
vés, bien-que l’on prétende qu’il ne lui en coûta gueres, parce quêtantGrand-Maître de l’Artillerie , il se servit des munitions qui appartenoient f “q, °,uau Roi ; après fa mort son fils vendit ce qui c toit à lui dans lTíle, pour Richelieuenviron vingt-mille livres, ce qui dtoit beaucoup plus que cela ne valoit (a) (*). & M.
Cela fait voir combien le Gouvernement de France s’accorde'peu avec le CoIbertiCommerce, & quelle difficulté ses plus habiles Ministres trouvent à fêta- cesteCm-blir par la voye de l’autorité. 11 faut cependant avouer que le Cardinal de pam'eRichelieu prit à cet égard toutes les peines qu’il est possble ; il fit venirde Hollande des personnes entendues dans le Commerce, attira en Francede riches Marchands de divers Ports de l’Europe, traça lui - même le plande la nouvelle Compagnie, & engagea les principaux Seigneurs & les per-sonnes riches en France à y prendre part. Cette démarche, qu’il croyoitpropre à avancer le succès du Projet, fut la cause de fa ruine; car y ayanttoujours quelques Seigneurs à la tête des affaires, ceux qui vouíoient avoirquelque emploi au service de la Compagnie .étoient contraints de devenirses créatures ; ce qui fit qu’il y eut très-peu de gens capables & de méritequi fussent employés, enforte que ceux qui étoient le mieux en état dejuger des moyens de faire le Commerce des Indes avec succès, regardèrent
(«) Hist. de la Compagnie des Indes, p. 19, 20.
C*) Quelque habile & grand homme que fût ce fameux Ministre, il avoue ingénumentqu’il avoit été longtems avant que de pouvoir concevoir qu’un Commerce qui fait sortirl’argent d’un Etat peut lui être avantageux , & ilreconnoît franchement, que par ce prin-cipe il ne goûtoit point le Commerce que les Provençaux font au Levant, à cause qu’ilse fait principalement argent comptant, pour ne rapporter que des marchandises utiles auluxe de la Nation. Mais ayant compris qu’on ne pouvoit se passer de ia plupart de cesmarchandises, que íi les François ne les alloient quérir, les Etrangers les apportoient, &que l’argent qu’on porte au Levant n’étoit pas de France, mais d’Ëfpagne, il reconnutqu’il s’étoit trompé, & vit clairement qu’une Nation pouvoit s’ênrichit en exportant del’argent, dès que c’étoit un moyen d’eu faire rentrer davantage (1). Ce fut ce quil’en-gagea à protéger ie Commerce des Indes, qui entrepris par son crédit, sembla expirer, a-vec son protecteur. 11 faut pourtant avouer qu’il y eut plusieurs circonstances malheureu-ses qui contribuèrent á accabler la Compagnie. Tel fut Passassinat de M. Foucquembourg ,qui étant revenu de Madagascar en 1646 fut assassiné sur le chemin de Paris, pareequel'on crut qu’il étoit chargé de pierreries; par-là la Compagnie fut non feulement privéedésavantagé de le consulter sur les affaires de cePays-là, mais aussi de ses Mémoires &de ses papiers, qui auroient pu être d’une grande utilise (2). La mort de M de Ffocourtfut un autre malheur; en retournant à Madagascar avec une Commission du Roi deGouverneur & de Commandant en Chef de Piste, il fut attaqué par un Corsaire debarbarie , & son Vaisseau sauta en Pair le ro de Juin 1S62, desorte qu’il périt avecenviron deux-cens autres personnes (z); á quoi il faut ajouter la mort du Duc de !a st/O/.Fr-flyf, qui s’étoit accordé avec la Compagnie, & étoit très-díspofé à lui donner tous lessecours possibles; ce dernier coup l’engagea à renoncer à de nouvelles entreprises, & àabandonner fes privilèges à d’auues (4).
CO Testament Folit. du C. de \iibtlitu, P. IL C z) Hist. dela Compagnie des Indes, p. zi.
Ch. 1. sect. 7. (4) Hist, des Indes Oçeiuales, T. III. p. *7.
Co íUc’ttrtf Rd. de Madagascar, F, II. cà. 4>