152 CONQUETES, ÉTA 3 LISSEMËNS &c. DES FRANÇOISSacTiow la Compagnie comme unechimere, & ne voulurent jamais s’y intéreiler.
H- D’autre part les Compagnies Angloise & Hollandoise des Indes Orientales,gnìesfius guidées feulement par F expérience, traitèrent l’affaire de la Compagnie dele C. rie France avec mépris ; tandis que les autres Etats de FEurope , voyant queRichelieu] la France, après tant d’essais réitérés, ne pouvoit rien faire avec touteb â p a puissance, conclut que le Commerce ^ des Indes étoit par fa nature ré-0 beit ' ' íervé aux Puissances maritimes, & ne s’en inquietterent pas davantage ;" " chose - presque incroyable, si elle n’étoit fondée sur f autorité des meil-
leurs Historiens (a).
M Col Mais la fcene changea'bientôt, lorsque Louis XIV. prit lui-même lebcit re ■ Gouvernement en main, & quTl eut à son service des Ministres égalementnouvelle le capables de prévoir & de surmonter les difficultés qui pouvoient s’oppoferProjet , íe* à fexécution des grands desseins qu’ils formerent pour la gloire de leurTe flan! Nation. M. Colbert fut un de ceux que ce grand Prince distingua, aussifut-il redevable à l’activité & à la prudence de ce Ministre de plusieurs dessuccès qui le rendirent le plus puilîant Monarque de FEurope ; ce grandhomme conçut le dessein de rétablir la Compagnie Françoise _des_ Indes,nonobstant toutes les disgrâces qui avoient fait échouer Fhabileté & lesfoins de ses prédécesseurs (/?). Mais avant que de publier son projet, ils’informa à fonds de f assure qu’il vouloir entreprendre, en consultant lesMarchands & les Mariniers qui passoient pour être les plus entendus (*).Ce fut d’eux qu’il apprit qu’il y avoit trois grands obstacles à lever pourexécuter son dessein. Le premier, de trouver »n fonds suffisant pour é-tablir une Compagnie, parceque l’on n’avoit rien fait ci-devant à cet égardqui pût donner des espérances apparentes de succès. Les Marchands Fran-çois amoureux de nouveaux projets, étoient assez prompts à souscrire,mais très-lents à remplir leurs engagemens après avoir souscrit. Le se-cond, d exclure absolument les Etrangers, bien-qu’il fût évident qu on ne
pou-
G) Testament Polit, de Colbert, p. 182. (b) Essai for la Marine St furie Commer-
ce, p. 113.
(*) Nous trouvons que ce Ministre consommé parle de cette Compagnie au Roi avecbeaucoup de modestie, & non seulement sans se faire honneur à Jui-même, mais en re-connoistànt que tout ce qui pouvoit résulter de cette Etablissement étoit une suite du plandu Cardinal de Richelieu (1). Cette Compagnie , dont M. Colbert fut proprement lefondateur, passe généralement pour la quatrième Compagnie des Indes Orientales enFrance, autorisée par le Roi. 11 ne sera pas inutile de récapituler les différens titrespar lesquels les Auteurs François désignent ces Compagnies. La premiere s'appelle laFlotte de Montmorency 011 la Compamie da Molucques, qui a subsisté depuis 1611 jus*qu’en 1642. Ils appellent la seconde, la Compagnie de Ricault 011 de Madagascar, quele Cardinal de Richelieu forma, & qui dura depuis 1642 jusqu’en 1656- La troisième eutle titre de Compagnie du Duc de la Meilleraye , parce qu’il -'accorda avec la Compagnie,
& qu’ils firent une espece dissociation, qui dura jusqu’à 1664. que le Duc de Mazarittfils du Duc de la Meillerayc & l'ancienne Compagnie vendirent Jeurs droits à celle qui Cefonnoic sous les auspices dé M. Coll’ert , lequel peut à juste trtre se nommer le-fondateurdu Commerce & de la Marine en France (2).
(1} Têstam. Pelitiq. de CMtrt. CU, III. (2.) Hist.de la Compagnie des Indes, p. 1.