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22 (1764) L' histoire des découvertes, des conquêtes, et des établissemens des Hollandois, des Danois et des François dans les Indes orientales ...
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DANS LES INDES ORIENTALES. Liv. XVII. Chap. IX. i S3pouvoit aisément trouver en France les fonds nécessaires pour faire un Com- Sectionmercè il étendu. La troisième & la plus grande difficulté étoit daccorder H-& dassurer la liberté & f indépendance d'une Compagnie de façon que les Cf a 'Etrangers & les François fussent pleinement assurés de jouir de leur bien, [ e c\Jf s& quils pouvoient remettre la direction de leurs affaires à des personnes Richelieuquils regardoient comme dignes de leur confiance. M. Colbert peíà mûre- & M -ment le tout, & après avoir suffisamment mûri son projet, il communiqua ^°^ ertson plan à M. Charpentier , de f Académie Françoise, qui passoit pour une ~des meilleures plumes de France. Comme ce Mémoire est regardé com-me un Chef-dœuvre en son genre, quil explique le projet clairement, &contient quantité de circonstaces curieuses , il fera bon den donner unExtrait, dautant plus que .nous serons obligés dy renvoyer souvent dansla fuite (a).

On y expose dabord, que ce qui avoit fait échouer les Compagnies pré- Extrait dacédentes, étoit le manque de fonds, ou les mesures mal concertées pour ce I lan -lexécution de ce quelles avoient entrepris ; inconvénient dans lequel il nyavoit pas à craindre que lon retombât, parce que lon étoit persuadé quele Roi accorderoit une protection singulière à la Compagnie ; & que syintéressant lui - même avec la moitié du Royaume, on auroit plus de fondsque nen avoit eu dabord la Compagnie des Indes Orientales de Hollande.

A légard de f objection tirée des malheurs qui avoient déja ruiné troisCompagnies, on remarquoitque peu ou point dentreprifes de cette naturenavoient réussi dabord. Que les Espagnols firent de grandes pertes dansleurs premieres expéditions en Amérique, ce qui ne les empêcha pas depersévérer dans leurs desseins, qui leur ont acquis lempire du nouveau Mon-de. Que les Anglois ont vu ruiner quatre ou cinq fois leurs Colonies dansla Virginie, ce qui ne les en a pas chassés. Que la Compagnie de Hollandemême, qui surpassent íì fort toutes les autres, navoit pas été heureuse dansles commencemens.

. De- passant aux avantages de fille de Madagascar, dont les Françoispoffédoient une grande partie, on assurait que pour peu quon prit foinde sy fortifier , on auroit non seulement une Place, mais plusieurs quivaudraient mieux que tout ce que les Hollandois possédaient dans les In-des ; quon ne pouvoit nier que cette habitation ne fût incomparablementplus commode & plus sûre que celle de Batavia, les Hollandois avoientétabli leur principale résidence; plus commode, pareeque Madagascar é-toit très - agréable , dans un climat fort doux, & avoit de tout ce qui estnécessaire à la vie ; au-lieu quautour de Batavia, ne recueillant presquerien, il falloit que la Compagnie y fît venir.de loin du riz, de la viande ,

& dautres vivres nécessaires pour vingt-cinq ou trente-mille personnes ,ce qui ne pouvoit fe faire quavec de grands embarras & de grands fraix ;plus sûre, pareeque fIfle de Java étoit peuplée, de Nations brutales, vail-lantes & aguerries, qui faisant profession de la Loi Mahométane haïssoient

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(a) Discours dun fidele Sujet du Roi touchant lEtablissement dune Compagnie Fnuvçoite pour le Commerce des indes Orientales. Raris 1664. 4W.

Tome FUI. ' V