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22 (1764) L' histoire des découvertes, des conquêtes, et des établissemens des Hollandois, des Danois et des François dans les Indes orientales ...
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154 CONQUETES, ÉTABLISSEMENS &c. DES FRANÇOISSection & méprisoient les Chrétiens. Que dun côté les Hollandois confínoientavec le Roi de Mataram, qui les étoit venu plus dune fois assiéger avec^nie^fbus Lent-mille hommes ; que d'un autre côté ils avoient pour voisins ceux de/«C. de- Bantam, qui nétoient éloignés de Batávia que de douze lieues, qui avoientRichelieu souvent fait la même chose que le Roi de Mataram. Au-lieu que tous les& M. habitans de Madagascar e'toient bonaces, & faifoient paroître beaucoup deColbert disposition à recevoir lEvangile, tellement quon pouvoit fe tenir plus as-suré avec cent hommes dans Madagascar, quavec mille & davantage dansJava ; quoutre cela on pouvoit dire encore que le trafic sexerceroit avecbeaucoup moins de peine à Madagascar, puifquelle étoit située de façonà faire dune maniéré commode le Commerce de la Mer Rouge,& duGol-phe de Bengale, aussi bien que celui de la Chine & du Japon.

On passoit ensuite aux moyens dexécuter le projet dont on pre'tendoitavoir prouvé la possibilité, & lon difoit que pour y parvenir il falloit unfonds de six millions, qui feroit employé à équiper douze ou quatorzegrands Vaisseaux depuis huit-cens jufquà quatorze-cens tonneaux, afin depasser un très-grand nombre de personnes danslIsle de Madagascar, pouren prendre possession de la bonne forte ; quon ne doutoit pas que Sa Ma-jesté ny entrât pour un dixieme ; quon étoit de plus assuré que diversgrands Seigneurs y entreroient pour des sommes considérables ; quon avoicsujet de croire que Sa Majesté sétant engagée pour un dixieme dans lepremier armement, elle en fourniroit davantage pour Iesfuivans; que SaMajesté pour encourager le projet étoit disposée aussi à remettre à la Com-pagnie la moitié du Droit des Entrées & des Douanes pour les marchandisesqui sapporteroient des Indes ; que le Roi accorderait volontiers de porterfur fa part toute la perte qui fe pourrait faire dans les huit ou dixpremieresannées, & que ce feroit par ce grand engagement que chacun verrait si leRoi affeclionnoit véritablement cette affaire. Que les Particuliers pour-raient sintéresser dans la Compagnie pour telles sommes quils vou-draient , jufquà ce que le fonds fût complet, après quoi on ny recevraitplus personne.

Que le Roi permettrait non seulement aux Etrangers de souscrire pourtelle somme quil leur plairait, mais accorderait à ceux qui feraient intéres-sés au-dessus de dix-mille livres (ensuite on mit vingt-mille livres) le droitde naturalité, sans quils eussent besoin dautres Lettres, au moyen dequoileurs parens, encore quEtrangers, pourraient hériter deux en France ; &quen cas quil arrivât une rupture entre cette Couronne & les Etats dontils feraient Sujets, leurs effets ne pourraient être saisis ni confisqués enconséquence de la guerre. Que la Compagnie aurait ses Directeurs, quiferaient pris du Corps seul des Marchands , & que tout le fonds feroitmis entre les mains dun homme nommé de leur part. Que les Etrangerspourraient être du nombre des Directeurs de la Compagnie, pourvu quilsy eussent un intérêt notable, & quils vinssent s'habituer en France avecleurs familles. Que les Causes de la Compagnie feraient portées en pre-mière instance par devant la Justice Consulaire la plus prochaine, & parappel au Parlement.