DANS LES INDES ORIENTALES. Liv. XVII. Ciiap. IX.
II partirent donc de l’Iíle Dauphine, ainsi que Jes François rappellent, section& arrivèrent le 24 Décembre 1667 à Cochin, où ils furent reçus avec 11.beaucoup de déférences par les Officiers de la Garnison Hollandoise. De- pfp*-là ils continuèrent leur voyage, & arrivèrent à Souali, qui est le Port de^Surate, où ils dévoient établir le premier Comptoir de la Compagnie aux In- Richelieudes (a). En 1669, on jugea à propos pour le service de la Compagnie , & M.que M. Marcara iroit à la Cour de Golconde, où il avoit d’anciens amis, Colbert.& des parens, pour obtenir du Roi, par leur crédit, les facultés & lespri- ^vileges nécessaires à la Compagnie pour négocier dans ses Etats, pour y v ^ nt /g”!acheter & faire fabriquer des marchandises, & pour établir un Comptoir rate pourà Mafulipatan. Cette Commission étoit à tout prendre fort difficile, d’au-j établirtant plus que l’on favoit que les Anglois & les Hollandais, nonobstant l e un Comp-grand crédit qu’ils avoient dans cette Cour, n’avoient pu obtenir de bien totr ‘moindres grâces, & avoient fait bien de la dépense pour conserver les pri-vilèges qu’ils avoient; d’ailleurs ce n’étoit point un secret, que leurs Agenstraverfoient notre Négociateur Persan de tout leur pouvoir, & en mêmerems il n’étoit pas trop fourni d’argent, qui en pareil cas n’est pas moinsnécessaire aux Indes qu en Europe. Avec tout cela le Sieur Marcara se char-gea avec plaisir de cette importante négociation, & en vint heureusementà bout (b). II est vrai qu’elle le tint longtems, & qu’il refusa d’accepterun Firman ou des Lettres Patentes du Roi de Golconde, où il y avoit tantde conditions & de restrictions, qu’il jugea que ce Firman feroit de peud’utilité; à la fin il en obtint un, daté-du 5 Décembre 1669, par lequel ilétoit permis à la Compagnie Françoise de négocier dans tout le Royaumeà perpétuité, fans payer aucune forte de droits soit pour feutrée, soitpour la sortie des Vaisseaux, tant du Roi que de ceux de la Compagnie ;privilège que les Hollandois n’avoient jamais pu obtenir, & que lès An-glois obtinrent en 1655 par des sommes immenses, & par vingt ans de ser-vice sur mer pour les intérêts du Roi de Golconde. M. Marcara , munide son Firman, se rendit à Mafulipatan,-y fit enregistrer cette Piece, &yétablit un Comptoir ; & en qualité de Chef il conduisit le Commerce a-vec le même zele & la même diligence qu’il avoit fait paroître dans fanégociation (c).
On s’imagineroit qu’après de pareilles preuves de fidélité, suivies encore Le Sieurd’un succès si extraordinaire, le crédit de M. Marcara auroit été si solide-Caronment établi, tant à la Cour de France qu’auprès de la Compagnie , qu’il prend Vas-
sur leSieur
(-) Hiíì. ;de la Compagnie des Indes Marcara,
(a) Méui. de Marcara, ap. Hist. deslnd.Orient. T. III. p. IZ 7 , iZL.
fans enprofiterbeaucoup .
P< 43—45-
(c) Mém. du Sr. Marcara, 1 , c. p. 14.5
vice oîi ils avoient été engagés O)» Ce n’étoient-là que d’assez mauvais instrumens pourtravailler, mais c’étoient les seuls qu’il avoit, & il prit toutes les précautions tpoffiblespour les rendre propres au but qu’il se proposoit. Ainsi, tout bien considéré, il faut avouerque bien-que plusieurs de ses eïpédiens n’ayent pas réussi, la plupart étoient bien imagi-nés & très-bien mis en œuvre.
(1 ) \tnnefsrt , dt Tránchtvìlle , Gujtn,