i< 5 o 'CONQUETES, ÉTABLISSEMENS Le. DES FRANÇOIS
Section auroit été à couvert d’être k victime d’inílnuations sinistres; l’événémentU- prouva le contraire j M. Caron , son compétiteur, ayant par ses intriguesCo mpa- , ac q U j s pj as je crédit encore obtint en 1671 un ordre de M. Colbcrt , parfeCdc* lequel on lui dohnoit le second rang au service de la Compagnie, & quiRichelieu déposoit & ordonnoit le procès des amis de M. Marcara , fans toutefois le& M. nommer, ni le charger en aucune maniéré (a). Mais en France on débitaColbert. contre ] u j les plus noires calomnies, de quoi ayant 'été informé par ses~ amis, il envoya son Apologie à M. Colbert , dans laquelle il se justifia stparfaitement, que le Ministre, après avoir examiné fafíaire à fonds, en fitun rapport impartial au Roi, qui le déchargea solemnellement par un Ar-rêt , de toutes les fausses imputations de ses ennemis. Mais il est juste austîde parler des services que son rival rendit à la Compagnie , & de dire parquels projets il gagna un Ministre aussi habile & clair - voyant, jusqu’au•point de pouvoir, quoique pour peu de tems, abuser assez de sa confiance,pour faire disgracier un homme qui avoit si bien mérité , & dont le cré-„ dit & l’expérience étoíent dune si grande utilité aux affaires de la Compa-ssé, & cela fans qu’il eût donné le moindre sujet d’être mécontent delui, ni même de le soupçonner (b) (*).
Son Projet On convient que le Sr. Caron établit le Comptoir de Surate, que lesd\attaquer p ra ncois ont encore, L un autre à Bantam dans flíle de Java, qu’ils ont
échoue ê? Sé *
cause fa \ ^ Q u ^ ln ; Hist. des Indes Orientales,
ptrle ’ 1. c. p. 146.
(/>) Histoire de la Compagnie des Indes,p. 63, 64.
(*) Nous avons déja parlé si souvent du Sr. Caron, qu’iln’esl pas nécessaire d’entrer icidans le détail de son caractère; U suffira pour notre but d'observer, que quoique sa capa-cité , son activité & son expérience eussent donné une haute opinion de lui à M. Colbert,& lui eussent tellement gagné la confiance de ce Ministre, qu’il lui donna d’abordun Em-ploi fort honorable au service de la Compagnie, & lui confia à la fin la principale con-duite des affaires, cela ne se fit pourtant ni â la hâte ni aveuglément, mais au contraireavec toutes les précautions possibles (1). Car M. Caron, bien-que né de pareil s Fran-çois, n'étoit pas François de naissance, desorte qu’il fut obligé de se faire naturaliser a-vec ses enfans , qu’il avoit .amenés en France, auiîì-bien que fa femme , & il les mit en-tre les mains de la.Cour , comme-des ôtages de fa bonne conduite; & pour rattacher parle lien de la reconnoifiânce, le Roi donna gracieusement vingt-mille livres par voye dedot à fa fille, qui épousa un Gentilhomme de Normandie (2). Mais il n’agit pas plutôthors du Royaume, que tous ceux en qui la Compagnie.fe fioit se soulevèrent contre lui;on le soutint fortement contre eux, fur ce que l’on crut que ce n’étoit de leur part qu’en-vie & jalousie contre un Etranger. II .est certain qu’il étoit celui sur lequel on comptoirprincipalement pour exécuter d’abord le projet d'établir ìe Commerce des Indes, & quela Cour en vint jusqu’à prendre toutes les mesures possibles pour obliger ceux qui étoíentaux Indes d’obéir aveuglément à ses ordres, &- de suivre à tous égards ses instructionsfur ce qui concernoit le Commerce, & de tout leur pouvoir (z). ■ Nous concevons bienque cette .extrême confiance en lui, venoit de la connoisthnce supérieure qu’il avoit detout le Commerce d’Orient; il étoit capable .d’éclaircir parfaitement, comme on ie voltpar les pieces qu’on a encore de lui, par lesquelles on voitaulsi qu’il avoit fait des ouver-tures pour envoyer une Ambassade au Japdh, pour laquelle on a cru, & peut-être avecraison, qu’il n’étoit nullement propre, bien - qu’il y eût résidé.
(1) Mein. du Sr. Mtrear*. (3) Lettre du Roi à M. ie U Haye, datée de
(2) Histoire de la Compagnie des Indes, T, III, Versailles U 27 Décembre 1670,po. 4° - Í4t