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22 (1764) L' histoire des découvertes, des conquêtes, et des établissemens des Hollandois, des Danois et des François dans les Indes orientales ...
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Î)ANS LES INDES ORIENTALES. Liv. XVII. Chap. IX. Ègardé jusquau tems que les Hollandois sétant rendus maîtres de ce Royau- Sêcìton ]me, ou plutôt de la personne du Roi, se servirent de son autorité, pour les H.exclure auíîì bien que les Anglois, comme nous savons rapporté ailleurs, maisce ne fut pourtant que quelques années après la mort de M. Caron (a). % c. /eLa grande expérience quil avoit acquise pendant le tems quil avoit été Richelieuau service des Hollandois, lui rendoit tout aisé & familier ; mais ce qui le & M.rendit fans-doute plus agréable encore à M. Colbert, ce fut le projet de fur- Colbert __prendre quelquune des Forteresses de Ceylon, & de procurer par - auxFrançois une part au Commerce des Epiceries. Tout le monde convientquil eut une grande part à ce dessein, sil nen fut pas linventeur ; & ilfaut avouer aussi que le projet étoit très-bien conçu. Le Ministre souhait-toit extrêmement de voir la Compagnie des Indes Orientales solidement é-tablie, & un Commerce réglé, qui fît entrer tous les ans en France de richescargaisons; car il commençoit à être convaincu, que si cela ne se faisoitpas promptement, cette derniere Compagnie auroit le même fort que lau-tre ; & que lesprit léger & impatient des François ne leur permettoit pasde se fixer assez longtems dans un lieu pour le rendre fertile, sil ne létoitpas naturellement, ni damasser des richesses, si elles ne se trouvoient pas fousleur main, & quils neussent en quelque façon quà les prendre ; desorte quesi le projet en question avoit réussi, il auroit pleinement rempli toutes sesvues, en procurant dun seul coup aux François une Forteresse, un Port,

& une part dans le Commerce de la Canelle ; on employa des forces assez con-sidérables pour l'exécution de ce dessein, & lon assure quon avoit le con-sentement de lEmpereur de Ceylon (b). Mais nous avons parlé ailleurs ,en faisant lHistoire de la Compagnie Hollandoise, de la maniéré dont cet-te affaire échoua, & comment le Sr. Caron périt à la vue du Port deLisbonne, ainsi il est inutile de nous y arrêter. On reconnut après lamort du Sr. Caron , que bien-quil eût été très-zélé & très-actif, il na-voit pas été fort fidele dans la conduite des affaires de la Compagnie,mais quil avoit amassé des richesses pour lui-même, dont la plus grandepartie périt avec lui, dans le tems quil cherchoit à les mettre en lieu desûreté (c) (*).

Avant

(«) Tavernier , Chardin, Le firuyn &c. des, Paris 1698, irvo.

(b) Journal du voyage des Grandes In- (c) Basnage, Annal. T. II. p. 457.

(*) II y a quelque difficulté à fixer la date de cette Expédition, cependant il semble yavoir preuve suffisante, que le Sr. Caron mit à la voile pour aller attaquer Ceylon au moisde Février 1672 (r). Les Auteurs ne sont pas bien d'accord fur les fautes quil fit dans laconduite de cette importante affaire, mais ils saccordent unanimement à en attribuer lemauvais succès à quelque faute de fa part, ou à quelque fausse information. Quoi quilen soit, il sembarqua pour France avec tous ses effets, & arriva fur les Côtes de Bretagnevers la fin de lannée 1674 (2); mais soit quil redoutât ses ennemis, soit, comme sonantagoniste Marcara laffure, que fa conscience lui reprochât sa mauvaise conduite, il or-donna au Vaisseau de faire voile pour Lisbonne, il périt (3). Par fa mort la Com-

P a V

fi) Hist. de la Comp. desludet, p. 6z , «4, , (z) Hift, de la C 9111 p. des Iadí», p. 4°,.

(z) Mem. du Si. Mari tut.

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