Î)ANS LES INDES ORIENTALES. Liv. XVII. Chap. IX. Ègardé jusqu’au tems que les Hollandois s’étant rendus maîtres de ce Royau- Sêcìton ]me, ou plutôt de la personne du Roi, se servirent de son autorité, pour les H.exclure auíîì bien que les Anglois, comme nous savons rapporté ailleurs, maisce ne fut pourtant que quelques années après la mort de M. Caron (a). % c. /eLa grande expérience qu’il avoit acquise pendant le tems qu’il avoit été Richelieuau service des Hollandois, lui rendoit tout aisé & familier ; mais ce qui le & M.rendit fans-doute plus agréable encore à M. Colbert, ce fut le projet de fur- Colbert ‘ __prendre quelqu’une des Forteresses de Ceylon, & de procurer par - là auxFrançois une part au Commerce des Epiceries. Tout le monde convientqu’il eut une grande part à ce dessein, s’il n’en fut pas l’inventeur ; & ilfaut avouer aussi que le projet étoit très-bien conçu. Le Ministre souhait-toit extrêmement de voir la Compagnie des Indes Orientales solidement é-tablie, & un Commerce réglé, qui fît entrer tous les ans en France de richescargaisons; car il commençoit à être convaincu, que si cela ne se faisoitpas promptement, cette derniere Compagnie auroit le même fort que l’au-tre ; & que l’esprit léger & impatient des François ne leur permettoit pasde se fixer assez longtems dans un lieu pour le rendre fertile, s’il ne l’étoitpas naturellement, ni d’amasser des richesses, si elles ne se trouvoient pas fousleur main, & qu’ils n’eussent en quelque façon qu’à les prendre ; desorte quesi le projet en question avoit réussi, il auroit pleinement rempli toutes sesvues, en procurant d’un seul coup aux François une Forteresse, un Port,
& une part dans le Commerce de la Canelle ; on employa des forces assez con-sidérables pour l'exécution de ce dessein, & l’on assure qu’on avoit le con-sentement de l’Empereur de Ceylon (b). Mais nous avons parlé ailleurs ,en faisant l’Histoire de la Compagnie Hollandoise, de la maniéré dont cet-te affaire échoua, & comment le Sr. Caron périt à la vue du Port deLisbonne, ainsi il est inutile de nous y arrêter. On reconnut après lamort du Sr. Caron , que bien-qu’il eût été très-zélé & très-actif, il na-voit pas été fort fidele dans la conduite des affaires de la Compagnie,mais qu’il avoit amassé des richesses pour lui-même, dont la plus grandepartie périt avec lui, dans le tems qu’il cherchoit à les mettre en lieu desûreté (c) (*).
Avant
(«) Tavernier , Chardin, Le firuyn &c. des, Paris 1698, irvo.
(b) Journal du voyage des Grandes In- (c) Basnage, Annal. T. II. p. 457.
(*) II y a quelque difficulté à fixer la date de cette Expédition, cependant il semble yavoir preuve suffisante, que le Sr. Caron mit à la voile pour aller attaquer Ceylon au moisde Février 1672 (r). Les Auteurs ne sont pas bien d'accord fur les fautes qu’il fit dans laconduite de cette importante affaire, mais ils s’accordent unanimement à en attribuer lemauvais succès à quelque faute de fa part, ou à quelque fausse information. Quoi qu’ilen soit, il s’embarqua pour France avec tous ses effets, & arriva fur les Côtes de Bretagnevers la fin de l’année 1674 (2); mais soit qu’il redoutât ses ennemis, soit, comme sonantagoniste Marcara l’affure, que fa conscience lui reprochât sa mauvaise conduite, il or-donna au Vaisseau de faire voile pour Lisbonne, où il périt (3). Par fa mort la Com-
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fi) Hist. de la Comp. desludet, p. 6z , «4, , (z) Hift, de la C 9111 p. des Iadí», p. 4°,.
(z) Mem. du Si. Mari tut.
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