1(58 CONQUETES, ÉTABLISSEMENS &c. DES FRANÇOISSection La guerre qui s’alluma en 1691 fut très-préjudiciable au Commerce de lam. France en général, mais elle fut fur-tout fatale à celui de la Compagnie des'isir^ré a Inâes Orientales, qui étoit déja en fi mauvais état, qu’il avoit de la peinslìirlecré • à fe soutenir, à cause des traverses qu’il eíTuyoìt dans le Royaume, fanspar-àit de la 1er des attaques au dehors, auxquelles il étoit exposé de la part de Puiífan-Compa : ces infiniment supérieures en forces, & en état de le ruiner fans ressource,gme &c. au ffitôt quelles en auroient formé le dessein. Elle perdit, comme on leFâcheux verra plus bas, la feule Place importance qu’elle possédoit dans les Indes,état des qui lui fut restituée à la Paix de Ryswick ; mais ses affaires étoient alors staffaires de délabrées, que bien-que les Directeurs fussent déterminés à faire tous leursla Compa - e g- or[s p 0ur rétablir le Commerce en qualité de Compagnie, ils s’apperçu-ê ohftànt ° n 'rent qu’il fe passeroit bien du tems avant qu’ils fussent en état d’exécuterîouì les fe- leur dessein, desorte qu’ils accepterent volontiers, en attendant, la propo-cours sttion de quelques particuliers d’entreprendre le Commerce de la Chinequ'eiie «- Pous l’autorité de Ja Compagnie (a) (*).
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(«) Hist. des Indes Orient. T. III. p. 1S2,183.
Vaisseau ; bien-que cette demande fût trés-juste, on la refusa; parcequ’il y avoit d’autsesFermiers’, & que l’on dit que ceux qui dévoient à-présent percevoir les droits, ne dévoientpas souffrir de préjudice de ce qui s’étoit fait du tems de leurs prédécesseurs (1). Peut»être cette logique étoit-elle bonne en Finance, mais c’étoit un si furieux solécisme enfait de Commerce, qu’il n’est pas étonnant que les Directeurs trouvassent qu’on traitoiïleurs intéressés bien durement.
(*) On fera peut-être surpris de plusieurs choses inconsistantes , qui.fe trouvent dansle texte; par exemple, que la Compagnie eût des gens à son service aux Indes, desForts, des Garnisons ct des Comptoirs, & qu’avectout cela elle ne fit que peu ou pointde Commerce; qu’elle sollicitât fans - cesse de nouvelles grâces de la Cour, tandis queles premieres avoient si peu servi, & que dans le cours de tant d’Assemblées des inté-ressés, on n’eût pas découvert la véritable source de tout le mal. Mais pour parlerfans partialité, quoiqu’il pût y avoir, & qu’il y eût vraisemblablement quelque chosede répréhensible , cependant les Directeurs en France, & ceux qui étoient chargés desaffaires de la Compagnie aux Indes, étoient plus dignes de pitié que de blâme. Pen-dant ia plus grande partie du tems de leur Etablissement, la France fut engagée dansdes guerres préjudiciables au Commerce de ses Sujets en général, & plus ruineuses en-core pour ceux qui étoient intéressés à celui des Indes. 11 ne resterent certainement pasoisifs pendant les courts intervalles de paix, qui leur donnerent le tems de fe reconnoî-tre ; ct leurs Employés leur envoyerent de considérables! retours, qui produisirent dessommes immenses; elles les auroient mis en état de rétablir les affaires, si l'on avoit puengager les intéressés à avoir patience; mais la vue de tant d’argent réveilla le désir d’a-voir des répartitions, £e qui étoit, sinon injuste tandis qu’ils avoient des dettes, au moinspeu expédient. Cependant ils firent en 1687 & en 1691 des répartitions, qui monterontensemble à trente pour cent. Ce qui les mit dans ['impuissance d’envoyer des cargaisonsconvenables aux Indes, où ceux qui étoient chargés des affaires avoient emprunté degrosses sommes, & acheté une grande quantité de marchandises à crédit (r) Les Direc-teurs furent obligés d’en faire autant en France, les intéressés, si empressés à obtenir desrépartitions, étant fort lents à fournir ce qu’ils dévoient. Ajoutez à cela, que la magni-ficence de l’air que la Compagnie avoit pris, & que l'on ne jugeoit pas â-propos de di-minuer, absorboit des sommes considérables. De grandes pertes, des dettes â un hautintérêt, & une mauvaise œconomie pour prévenir des soupçons de quelque chose de plus
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f 1} Mém. fur le Commerce du Cassé, depuis (z) Hist, 4 e la Compagnie des Indes. P. Sa.ïCpi juíqu’à-piíscut. P. 7 }\