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22 (1764) L' histoire des découvertes, des conquêtes, et des établissemens des Hollandois, des Danois et des François dans les Indes orientales ...
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DANS LES INDES ORIENTALES. Liv. XVII. Chap. IX. 167Ministres que dautres personnes, insinuèrent que les revenus soustraient Sectiondes privilèges & des exemptions accordées à la Compagnie des Indes O- nt-rien taies ; & bien-que leurs protecteurs prêtassent volontiers loreille àces p^rêtaiinsinuations, ils ne savoient gueres comment sy prendre pour faire révo- btiriecré.quer ces immunités; car daller rondement en besogne & de les abolir, au- dit de laroit été une infraction si visible de lEdit de création de la Compagnie ,quelle auroit trop révolté même en France. Mais les Fermiers-Généraux s ' ne ",trouvèrent bientôt moyen de vaincre ce scrupule, en montrant quil étoitfort aisé dénerver les privilèges fans les abolir, & ils fournirent tantdex-pédiens, que la Compagnie perdit le fruit de ses privilèges, fans en êtredépouillée. Ensuite on défendit de vendre des étoffes aux Etrangers, dansla supposition que sils ne pouvoient acheter de la Compagnie des manu-factures des Indes, ils seroient obligés d en prendre de la fabrique de Fran-ce; mais comme on ne pouvoit les y forcer, ils nen acheterent point dutout ; la Compagnie perdit son profit, & la Nation tout le produit de cet-te branche de Commerce, ce qui lui fut très-préjudiciable. On mit aussiun gros droit fur la foie écrue, dont la Compagnie recevoit environ sept-mille livres par an, & quoique ce droit rapportât beaucoup , cela ne putempêcher une défense absolue de faire entrer de la soie, sous prétexte quel-le faisoit du tort à celle de France, tandis que réellement la plus grande par-tie se vendoit aux Etrangers argent comptant : cest ainsi quen ne con-naissant pas bien lintérêt public, les Ministres défaisaient continuellementtout ce que M. Colbert avait travaillé détablir. II ne faut donc pas êtresurpris, quaprès une lueur de prospérité, la face des affaires de la Com-pagnie fût plus sombre que jamais, nonobstant toutes les peines que se don-nèrent dhabiles Directeurs pour mettre tout dans son vrai jour (a) (*).

La

(aj Hist. de la Comp. des Indes, p 81-83.

(*) II ny a gueres de Pays en Europe, les revenus publics se Ievent avec plus derigueur par rapport au Peuple, dune façon plus incommode pour le Commerce, ou plusdispendieuse pour lEtat, quen France, & les Fermiers-Généraux, leurs Soufermiers& leurs Commis fassent de plus prodigieuses fortunes par des voies la plupart ruineusespour la Société. Tant que la Compagnie des Indes Orientales neut que peu de Com-merce, tant que M. Colbert & le Marquis de Seignelai son fils vécurent, ces Vautoursnoserent toucher á ce Corps: car ces Ministres entendoient le Commerce & laimoient,ou pour mieux dire ils laimoient pareequils lentendoient. Mais après la mort de cesdeux grands Ministres, & pendant le peu dannées que la Compagnie importa beaucoupcie marchandises, ces gens avides simpatienterent, & ne parièrent aux Ministres quedu tort quon faisoit aux revenus. Les Ministres , dont ils étoient les instrumens ,qui sen scrvoient continuellement , & qui avoient besoin deux pour fournir aux be-soins publics, écoutèrent, & ne purent véritablement fe dispenser découter leurs re-présentations ; & la fuite fut quon chargea peu à peu de nouvelles difficultés des gensqui nen avoient déja que trop à combattre, & dont les demandes les plus raisonna-bles étoient rejettées (i). Des exemples sont propres à en donner une idée, en voiciun. La Compagnie avoit trois - mille livres de Cassé dans ses magazins, dont elle avoitJ payé les droits; elle demanda la permission den charger le tiers pour la Hollande,l'on en demandoit, & de le remplacer fans payer de droits fur la cargaison du premier

Vais'

(1) Hist. de la Compagnie des Indes, T, III, p. zsí, rs».