DANS LES INDES ORIENTALES. Lrv. XVII. Chap. IX. 173
Ces Taisons déterminèrent la. Compaguie à charger M. Martin d’acquérir Sitc-nc»cette Place pour elle, aux meilleures conditions qu’il pourroit, & 11 obéit -in-exactement. Ils obtint du Gouverneur, qui lui avoit d’abord permis de ™?Èi ressy établir, la permission de fortifier la Place, & de se mettre avec ses gens œdcsm-& ses effets en sûreté, du mieux qu’il lui seroit possible ;> il n’y manqua pagaiepas, & mit fous la protection de son Etablissement un petit village- d’ín- ctct lnc1e &diens, d’environ quarante maisons, ouïes ouvriers qui travailloient pour ° c 'la Compagnie vivoìent heureux & tranquilles. II n’y avoit pas longtems Pondi-que les choses- étoient dans cet état, torique M. Martin vit son petit Eta- cherybliffement menacé dune entiere mine: le fameux Sevaji étant encré avecde grandes forces dans le Pays, voulut l’accabtor, comme étant du parti de qctó-ur/'ses ennemis. M. Martin suppléa par fa prudence à Ja force qui lui man-quoìt ; il s’y prit à tems pour négocier » & par f entreprise d’un Prince In-dien 'dont il avoit gagné T amitié , il obtint de Sevaji la liberté de trafiquerdans ses Etats, moyennant feize-eens roupies, qu’il lui paya. Cela se passa eu1680 & Tannée d’auparavant il avoit acheté le territoire du Roi.de Vi-siapourâ qui 'il appartenoit ; il se trouva donc passablement en fureté ; il appréíien-doit seulement que le fils de Sevaji, qui par le droit de la guerre étoit devenirSouverain de Pondichery, ne fût choqué s’il y faisoit des fortifications-régulieres fans son-consentement: ill’obtint en 1689, & mit alors la Placeen état de défense (u). . .
Cette précaution fut prise á tems; les Hollandoís commençaient à être T/is- parinquiets de l’état florissant de cette petite Colonie', & ils offrirent une som-me considérable au Rajah, s’il vouloit en déposséder les François;- mais le an 01 "Prince Indien, qui étoit aussi un fils de Sevaji, rejetta cette offre avec mé-pris , en disant, „ que les François avoient acheté honnêtement cette Pla-ce, & qu’ils en avoient payé la valeur, & que tout l’argent du monde” ne Je tenteroit pas de les en. déloger (/>). ” Les Hollandois résolurentcependant de venir a bout de leurs deíïeins, & la guerre entr eux & laFrance s’étant déclarée, ils firent ìes préparatifs nécessaires pour attaquerPondichery. En 1693 ils parurent devant la Place avec une Escadre dedix-neus NaviresL débarquèrent entre deux & trois mille hommes, avec
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ta) Mém. dans les Archives de laCompa- (b) Hist. des Indes Orient. T. III. p. 231,.gnie des Indes, N. i apudEund. 232.
mat est mauvais, le-terroir stérile, les vivres rares, & la situation du côté de terre peu.avantageuse; & ils assurent qu’ils ne comprennent pas à quel dessein les gens de laCompagnie se sont,fixés dans cet endroit (1)-Nous avons vu quels fyrent leurs mo-tifs; ils avoient besoin de' trouver d’abord une retraite , & c’étoit ìa meilleure qu’ils.vouvoient avoir. Si la plupart de ces. plaintes étoient- fondées en 1690, nous verrons,dans îa fuite, avec quelle industrie & quelle habileté on a remédié à çss inconvénientniais il faut toujours se souvenir de l’état des affaires dans le tems qu e M. Marti»fv fixa, & combien il étoit peu en son pouvoir de changer de place, ou de tenterquekque chose d’iroportant; car ce qu’il fit à Pondichery plusieurs années après y avoir rési-dé, est digne d’admirationp & e’est certainement a fa prudence, à fa modération & à son.aaìvité que la Compagnie est redevable d’avoir un Etablissement fur la Côte de Coro*mandel, quel qu’il foie C 2 /*
(ry joniuai ìi’tíU Vcyage anxJaUt* Orient, yar (i> Hiíî. des Indes Orient, T, HI. p. W>-W. D» &_“'//>«> T, 11. p. J 72 .
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