174 CONQUETES, ÈTABLTSSEMENS &c. DES FRANÇOISSection une belle artillerie & six mortiers. Pour assurer d’autant mieux le succ èsVf '. de leur entreprise, ils s’adresseront au nouveau Rajah, qui n’étant pas dudaíflires caraí ^ cre de son prédécesseur, leur vendit tout le district pour environdtiaCm- vingt-mille Livres sterling de notre monnoye. Ils investirent alors & at-pagnie taquerent la ville, & après une belle défense M. Martin , qui étoitaux Indes encore Directeur - Général de la Compagnie, la rendit par une Capitula-^ Cm tion honorable le 6 Septembre 169Z, comme nous lavons rapporté dansun autre Chapitre (*).
Après Ce coup, qui sembloit anéantir sautorité de la Compagnie aux Indes ,qu'eiiecst fat dans la fuite ce qui pouvoit lui arriver de plus heureux. Car les Hol-M.Mar- ^ aI1 dois ne furent pas sitôt maîtres de la Place, qu'ils acheverent l’enceintetin la for- des murailles, les flanquèrent de sept bastions, & y firent tout ce qui pou*fisc. voit la rendre une des meilleures Forteresses des Indes, tant à cause de son,excellente situation, que pour empêcher les François d’y rentrer. A laPaix en 1697, Pondichery fut restituée aux François, qui la reçurent avectoutes ces belles fortifications, dont ils ne payerent qu’environ cinq-milleLivres sterling au Gouverneur, quand il la leur remit : ce qu’il n’auroit vrai*semblablement jamais fait, s’il n’y avoit été contraint par les ordres des E*tats-Généraux, qui gagnant beaucoup par la Paix, ne voulurent pas «'em-barrasser des querelles des deux Compagnies (a). Aussitôt qu’on fut enFrance la restitution de la Place, la Compagnie des Indes reçut ordre de laCour, de la mettre en état de défense, de façon qu’en cas dune nouvelleguerre, elle ne courût pas risque de la perdre. On envoya une Escadre a-vec quantité de munitions de guerre, deux-cens Soldats François pour aug-menter la Garnison, d’habiles Ingénieurs, & tout ce qui étoit néceíîàirepour mettre Pondichery à couvert des entreprises des Hollandois dans lafuite. On en confia de nouveau le Gouvernement à M. Martin , qui dansl’espace de trois ou quatre ans la fit changer tellement de face, quelle é-toit à peine reconnoissable. II acheva non seulement les fortifications selonles ordres qu’il avoit reçus, & forma une bonne Garnison d’entre sept ou
huit-
(a) Diction». de Commerce, T. II. Col. 791.
(*) Comme les préparatifs pour attaquer cette Forteresse ne purent se faire sans quele Gouverneur en eût connoiílance longtems avant le siégé, il envoya toutes les bou-ches inutiles à-Saint-Thomé, où les Portugais leur firent un accueil civil, il s ’ e » fuioitde beaucoup que la Place ne fût régulièrement fortifiée, ni que la Garnison fût propor-tionnée aux forces qui l’attaquerent ; desorte que M. Martin , bien-qu’il eût fait provi-sion de vivres & de munitions, & qu’il eût élevé quelques nouveaux ouvrages , ne ju-gea pas à-propos d’attendre la derniere extrémité ; mais après s’être défendu de façon àlui faire obtenir des conditions honorables , il rendit la ville par une Capitulation a-vantageufe à la Compagnie, & honorable pour lui (1). La Garnison sortit avec toutesles marques d’honneur; on fournit des Vaisseaux pour la transporter de Batavia en Eu-e > le Gouverneur eut la permisiìon de faire venir sa femme & sa petite fille de St.Thomé, fans que leur bagage fût visité. Sa conduite fut tellement approuvée en France,qu’on le continua non seulement dans ses Emplois, mais que le Roi l’honoia del’Ordredu Mont Carmel (a).
(i) Hist, la. Compagnie des Indes, p. 7j. (r) Histoire des Indes Orientales, T, III, p;