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22 (1764) L' histoire des découvertes, des conquêtes, et des établissemens des Hollandois, des Danois et des François dans les Indes orientales ...
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174 CONQUETES, ÈTABLTSSEMENS &c. DES FRANÇOISSection une belle artillerie & six mortiers. Pour assurer dautant mieux le succ èsVf '. de leur entreprise, ils sadresseront au nouveau Rajah, qui nétant pas dudaíflires caraí ^ cre de son prédécesseur, leur vendit tout le district pour environdtiaCm- vingt-mille Livres sterling de notre monnoye. Ils investirent alors & at-pagnie taquerent la ville, & après une belle défense M. Martin , qui étoitaux Indes encore Directeur - Général de la Compagnie, la rendit par une Capitula-^ Cm tion honorable le 6 Septembre 169Z, comme nous lavons rapporté dansun autre Chapitre (*).

Après Ce coup, qui sembloit anéantir sautorité de la Compagnie aux Indes ,qu'eiiecst fat dans la fuite ce qui pouvoit lui arriver de plus heureux. Car les Hol-M.Mar- ^ aI1 dois ne furent pas sitôt maîtres de la Place, qu'ils acheverent lenceintetin la for- des murailles, les flanquèrent de sept bastions, & y firent tout ce qui pou*fisc. voit la rendre une des meilleures Forteresses des Indes, tant à cause de son,excellente situation, que pour empêcher les François dy rentrer. A laPaix en 1697, Pondichery fut restituée aux François, qui la reçurent avectoutes ces belles fortifications, dont ils ne payerent quenviron cinq-milleLivres sterling au Gouverneur, quand il la leur remit : ce quil nauroit vrai*semblablement jamais fait, sil ny avoit été contraint par les ordres des E*tats-Généraux, qui gagnant beaucoup par la Paix, ne voulurent pas «'em-barrasser des querelles des deux Compagnies (a). Aussitôt quon fut enFrance la restitution de la Place, la Compagnie des Indes reçut ordre de laCour, de la mettre en état de défense, de façon quen cas dune nouvelleguerre, elle ne courût pas risque de la perdre. On envoya une Escadre a-vec quantité de munitions de guerre, deux-cens Soldats François pour aug-menter la Garnison, dhabiles Ingénieurs, & tout ce qui étoit néceíîàirepour mettre Pondichery à couvert des entreprises des Hollandois dans lafuite. On en confia de nouveau le Gouvernement à M. Martin , qui danslespace de trois ou quatre ans la fit changer tellement de face, quelle é-toit à peine reconnoissable. II acheva non seulement les fortifications selonles ordres quil avoit reçus, & forma une bonne Garnison dentre sept ou

huit-

(a) Diction». de Commerce, T. II. Col. 791.

(*) Comme les préparatifs pour attaquer cette Forteresse ne purent se faire sans quele Gouverneur en eût connoiílance longtems avant le siégé, il envoya toutes les bou-ches inutiles à-Saint-Thomé, les Portugais leur firent un accueil civil, il s e » fuioitde beaucoup que la Place ne fût régulièrement fortifiée, ni que la Garnison fût propor-tionnée aux forces qui lattaquerent ; desorte que M. Martin , bien-quil eût fait provi-sion de vivres & de munitions, & quil eût élevé quelques nouveaux ouvrages , ne ju-gea pas à-propos dattendre la derniere extrémité ; mais après sêtre défendu de façon àlui faire obtenir des conditions honorables , il rendit la ville par une Capitulation a-vantageufe à la Compagnie, & honorable pour lui (1). La Garnison sortit avec toutesles marques dhonneur; on fournit des Vaisseaux pour la transporter de Batavia en Eu-e > le Gouverneur eut la permisiìon de faire venir sa femme & sa petite fille de St.Thomé, fans que leur bagage fût visité. Sa conduite fut tellement approuvée en France,quon le continua non seulement dans ses Emplois, mais que le Roi lhonoia delOrdredu Mont Carmel (a).

(i) Hist, la. Compagnie des Indes, p. 7j. (r) Histoire des Indes Orientales, T, III, p;