Sktiow
IV.
Hijloiredes affairesde la Com-pagnieauxt Indes&c.
176 CONQUETES, É-TABLISSEMENS &c. DES FRANÇOISjoie , & remercièrent le Gouverneur du foin qu il avoir de leurs intérêts (a\" r-là on voit ..clairement, que fi les François vantent en Europe la. gran'..ir & I’autorité absolue dé leur Roi, & relevant si fort ses conquêtes, ils^ ^"" ■’^rAlmrawaux Indes-: là ils frais vnlra'rlpur ém’iré
Descrip-tion deBondi-.chery.
Par-
deur ix vw —-, ---— i -, —
affectent détenir tout un autre langage aux Indes: là ils font valoir leur équité& leur modération, & disent qu’ils ont acheté le petit territoire qu’ilspossedent,qu’ilsont vécu en bonne intelligence avec leurs voisins, qu’ils ont bâti une sigrande ville , & acquis tant de milliers de Sujets, uniquement par -la douceur& la justice de leur Gouvernement. Ce fait, qui est aulîì véritable que singu-lier , démontre clairement quele bon-fens apprend à t-ous les hommes à pen-ser de la même maniéré, ■& que la grande différence d’opinions & de ceque nous appelions le caractère & le génie national , vient uniquementde la différence de Téducation & du Gouvernement. D ailleurs la Rai-son est par-tout la même , elle fait connoître la réalité & la certitudedes Loix naturelles, auxqueíles les hommes reviennent, quand l’infîuen-ce de Tautorité, ■& les autres obstacles accidentels font levés (b). Aprèsavoir rapporté de quelle maniéré Pondichery est devenue la Capitale de la/Compagnie Françoise des Indes Orientales, il faut en faire une descrip-tion plus exacte.
La Ville de Pmffchery ( c ) est située dans la Province de Gingy, fur laCôte de Corowandel, au douzième degré de Latitude Septentrionale, &au centieme degré trente minutes de Longitude, c’est-à-dire au soixante-dix-huítieme Est du Méridien de Paris. Elle est à environ cent toises du ri-vage de la mer, ce n’est qu’une rade, desorte qu’il faut transporter toutesles marchandises dans des Barques l’elpace de toute une lieue (dj (*). Les
Ma-
(«) Hist. des Indes Orientales, T. III. (c) Lullier , Voy. aux Indes Orientales,
x>. 248. P* 33-
(O Ibid. p. 247, 248. . (d) Journal d’un-voyage &c. par M. Du
Quesne , T. II. p. 161, 162.
(*) Quelques Voyageurs François parlent beaucoup de la peine & du danger qu’il y bà aborder; ils varient fur le nom des Barques dont on fe sert; l’un les appelle Chelin -«ues (1), & un autre Dingues {2). Voici la description que le premier en fait. „ Cesse, terre-ci est fort baffe : les Vaisseaux mouillent à près d une demie lieue; & les chalou-*' pes ni les canots ne peuvent approcher de terre qu’à une grande portée de fusil, par.
ce que la mer brise tellement, que ce feroit vouloir absolument se perdre, que’ d’en’’ approcher davantage. Les Noirs du Pays viennent prendre ceux qui y vont, les ma», chaudises & autres choies, dans de grands Bateaux plats, qu on appelle Chelinguesdont les bords font fort élevés. Ces .Bateaux sont faits de planches fort minces, nonl, clouées, mais simplement cousues ensemble avec de la corde, fans bitume, goudron,4 , raisiné, poix, ni étoupe. Ainsi l’eau y entre de toutes parts .en si grande quantité,„ qu’on est toujours en risque d’être noyé, & que les marchandises font toujours mouii-„ lées. Je.ne fai pas pourquoi la Compagnie n’y fait pas faire un Quai: il épargnerait„ le coût de ces Chelingues, & assurerait la vie & les marchandises; ces Bateaux étant fi„ peu sûrs, qu’il faut. toujours qu’il y ait deux hommes occupés à jetter l’eau av.ec des seauxde cuir, un autre au gouvernail, & six à nager, c’est-à-dire à tirer l’aviron; ainsi neuf„ hommes dans chacune, dont la dépense feroit-épargnée. C’eít, dit-on, du fable mou:
, „ vant,
(1) Journal du voyage de M, Du T, (2J Ullitrt Vsy. aux Indes Orient. x. ta,
S, lil i