DANS LES INDES ORIENTALES. Liv. XVII. Ciiap. IX.
Magazins de la Compagnie & des Particuliers font en grand nombre &ma- section• gnifiques, autant que des Magazins peuvent l’étre. II y a une grande & bel- iv.
4e Place de Marché, íix belles Portes, onze Bastions pour la défense desmurailles, une Citadelle régulière & bien fortifiée : il y a dans les ouvrages 'fotocmnquatre - cens Pieces de canon, outre un Arsenal bien pourvu de pieces de paguíecampagne, de bombes, de mortiers, & d’autres munitions de guerre (a), aux IndesLa Maison du Gouverneur est belle, il y a tout ce qu’il faut pour le servicede la Compagnie, & pour la faire respecter. Au couchant de la ville est 'le Jardin de la Compagnie, planté de fort belles allées d’arbíes, qui fer-vent de promenades publiques, accompagné de tout ce qui peut contribuerà l'agrément & au plaisir des habitans de quelque distinction, avec un grandBâtiment richement meublé, où le Gouverneur loge les Princes & les Am-bassadeurs étrangers, qui font reçus avec de grands égards & défrayés aux-dépens de la Compagnie ; -on a trouvé que c’étoit-là une chose égalementsage & utile, & bien plus importante pour les intérêts de la Compagnie,que la dépense qu’elle occasionne (/;). Les Jésuites ont une belle Maison,avec douze ou quinze Prêtres, q tu montrent à lire, à écrire & les Mathé-matiques aux jeunes gens, aussi bien que tout ce qui est d’ufage dans la V leCivile : ils ne s’embarrassent gueres des Langues lavantes, & elles íeroienteffectivement de peu d’utilité dans ce Pays-là : il y a deux autres Couvens,outre celui des Jésuites, mais ils ne font pas auíîì beaux, & c’est le cas gé-néral dans. toutes les Indes (c) (*).
Les
(ri) Hist. des Indes Orientales, T. III. (c) Histoire des Indes Orientales, 1. c,
253„ 254- P. 249.
(/;) Luther, p. 97-99.
„ vant, & il est impossible de bâtir fur un fondement íì peu solide." On croirait quecette raison auroit dû satisfaire l’Auteur, avec cela il soutient que l’on pourroit faire unQuai, & il aj-oute qu’il se chargeroit de l’exécution au péril de sa vie. Quoi qu’il ensoit, cet inconvénient paroît être un sujet ordinaire de plainte sur cette Côte, commeon va le voir par ce que M. Lockyer dit sur le même sujet, par rapport à l’Etablissement ,des Anglais à Madras, ou le Fort Saint-George (1). „ Comme la Mer est ici fort hau-„ te, & que la vague se brise souvent loin du rivage, nos chaloupes ne sont d’aucun,, usage pour décharger ou pour embarquer les marchandises ; ils ont pour cela des Mus-„ [colas , ou grands bateaux plats, fort mal-faits, qui ne sont pas cloués comme les nô-
tres, mais cousus avec de la corde, ce qui fait qu’ils plient aisément,- & que les plan.
» ches ne se défont jamais par les coups les plus rudes ; ils les louent six Fatiliams ou dix-» huit sols pour chaque tour; mais la Compagnie en a sept pour une Pagode, qui vaut„ trente-fix Fanbams ; c’est un argent gagné chèrement , dix hommes pouvant faire tout„ au plus deux ou trois tours par jour; avec cela ces gens-là sont gais & de bonne hu-„ meur, chantant èn chorus à chaque coup d’avirou, & faisant retentir l’air de leurs E/a„ & Teìa.” Le Lecteur verra plus bas dans le texte, que supposé qu’il soit possible de re-médier à cette incommodité de Pondichc-ry, il est trcs-incemin, fur-tout à-présent, fi laCompagnie des Indes le jugeroit à-propos.
(*) On ne fera pas fâché de voir le tour d’adresse par lequel les Jésuites sauvèrent leurbelle Maison, dans le tems que les Hollandais prirent Pondichery, quoiqu’ils fussenttrès-bien que le salut de cet édifice étoit la perte de la Place (a). L’Eglise des Jésuites
étoit
(1) Account of the Tiade m India, P, H, (z) Me m- Hist. fur les Missions de Malabaij
par le V, Hçrbcrt, T, 11, p, 288,
Tome VIII. Z