178 CONQUETES, ÉTABLISSEMENS &e. DES FRANÇOISSection Les maisons de /a ville font anffi régulièrement disposées, que si on Pa-hra ' ^oit tracée tout d’un coup , quoiqu’elle ait à-présent quatre lieues d’éten-
desnffaim ^ ue ' ^es Européens bâtissent de brique, mais les Indiens ne se servent que
de la Com - de bois & de terre enduite de chaux ; cette chaux est la meilleure qu’il ypajnie ait, étant faite de toutes sortes de coquilles mises en poudre ; on en faitaux Indes une e spece de pâte, qui lorsqu’elle a été quelque tems exposée à sair, de-vient auffi blanche & presque austì dure que de la pierre. Ces maisons n’ont' "Etendue , q u ’un étage, & ordinairement huit toises de long fur six de large, pourrégularité quinze ou vingt personnes ; elles sont fort obscures, & on ne fait commentde la Villes ont assez de jour pour leurs ouvrages. Les toits sont plats afin de pou-des^hbi- v °ú’ Y coucher, ce qu’ils font presque nuds suivant la coutume du Pays ;utì.s, ‘ car Pondichery étant dans la zone torride il y fait extrêmement chaud,bien-que l'expérience apprenne que Pair y est fort sain. Ce qu’il y a de très-singulier , c’est que dans toute Tannée il n’y pleut que sept ou huit joursau plus vers la fin d’Qctobre, ce qui arrive régulièrement (h). La plu-part des Indiens ou Gentils font Tisserans & Peintres en toiles, & quoi-que le meilleur Ouvrier ne gagne pas plus de deux fols dans fa journée, il
en a assez pour faire subsister sa femme & ses enfuis. Ils ne vivent que.
de riz cuit à Peau, & de gâteaux fans levain cuits fous la cendre. LePays des environs esttrès-bien cultivé ,& produit une grande quantité de riz ,desorte qu’il n’y a gueres d’endroit dans les Indes où tout foi t plus abon-dant, & où la viande, le poisson & la volaille soient à meilleur marché. Ilsn’ont cependant d’autre eau que celle qu’ils gardent, comme en Egypte, dans
des
(«) Lett. Edif. & Cur. T. XV. p. iy. Hist. des Indes Orient. T. III. p. 250.
étoit sor une éminence, qui commandoit la Citadelle; il étoit donc aisé de prévoir,qu’aussitôt que les~ennemis en seroient maîtres, Pondichery devoit bientôt tomber entreleurs mains. Le Gouverneur mit tous les gens dont il put se passer pour défendre cetimportant poste, & ordonna de miner l’Egiife, afin que si les Hollandois l’emportoient,ils n’en pussent profiter, & qu’il n’en souffrît point. Ce poste fut bientôt attaqué, com-me il l’avoitprévu, l'Ossic.er qui y commandoit avec la plupart de ceux qui le défendoienty surent tués, & les Hollandois s’en emparèrent. 11 fut alors question de faire sauter l.tmine, mais au grand étonnement, du Gouverneur la poudre ne prit point feu. Le Sol-dat envoyé pour l’y mettre, eut beau tourner fa mèche de toutes les façons, tout fut inu-tile; ayant enfin jetté un peu de poudre scebe qu’il avoir fur lui fur la traînée, elle lutbrûla le visage & les mains en s’alìumant, mais fans autre effet: on avoir si bien mêléla poudre avec de l’huiîe, qu’il étoit impossible qu’tlle prît feu. Le succès de cet ar-tifice pour sauver l’Eglise, obligea le Gouverneur de se rendre. Le soupçon tomba forte-ment sur les Jésuites, & bientôt il fut changé en certitude: celui qu’ils avoient emplo-yé, & á qui la crainte avoir fait prendre la fuite, revint après que les Hollandois su-rent maîtres de Pondichery, & ceux-ci avoient rendu l’Eglife aux Jésuites, à la sollici-tation du P. Tachant , ce qui découvrit tout le mystère. Ce même Pere étant retourné petiaprès en France, informa le Ministère de toute l’affaire, & releva fort le tort qu’avoit faitau public le moyen dont on s’étoit servi pour sauver cette Eglise ; mais en même tems iljugea à-propos de mettre cette invention fur le compte des Capucins, assurant que c’étoitleur Eglise; malheureusement pour lui le Supérieur des Capucins retourna aussi en Fran*ce, & mit le fait au jour, ainsi que nous rapprenons d’un Auteur dont la sincérité tílau-dessus de tout soupçon, & qui a été Confesseur & presque Martyr par les artifices deces rusés Politiques,