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22 (1764) L' histoire des découvertes, des conquêtes, et des établissemens des Hollandois, des Danois et des François dans les Indes orientales ...
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DANS LES INDES ORIENTALES. Liv. XVII. Chap. IX. ï?9òes étangs, lacs ou canaux, lors du débordement du Colram & dautresS ectiongrandes llivieres (*). _

Le Gouverneur, qui est en même tems Directeur pour la Compagnie, dliafairesest non seulement logé dans un beau Palais, mais dans toutes les circon- de la Com-stances publiques il fait une figure assortie à fa qualité. II a douze Gar- pagaiedes à cheval, habillés décarlate avec des galons dor fur le parement ; lOf- a J x la ^ esficter qui les commande a titre de Capitaine. II a aussi trois-cens Gardes à & c 'pied, nommés Pions ; quand il paroît en public, il fe fait porter en Palan- Magnifi-fiuìn, dont les carreaux & le dais font ornés de broderies & de glands cence dudor. Mais il ne paroît avec toute cette pompe que dans des occasions Gouver-extraordinaires, quand il faut recevoir un Roi, un Prince du un Ambassa- ne 0 a ^ t ^ (deur. En dautres tems les Pions fervent à dautres fonctions, suivant que % Commer-lon a besoin deux: car il y a peu dEtablissemens mieux réglés que celui- ce sc faitci, comme on pourra en juger, quand on saura que suivant le dernier- de- dansnombrement, on a compté dans Pondichery cent - vingt - mille habitans, lts iniles 'Chrétiens, Mahométans ou Gentils ; chose presque incroyable , si le faitnétoit fondé sur des témoignages incontestables. Pondichery est la ville lamieux située pour le Commerce, étant au centre des Etablissemens des Euro-péens fur la Côte deGoromandel, & ayant tout le Golphe de Bengale devantelle ; deforte que les Magazins de Compagnie font fournis non seulementdes marchandises de la Cote de Coromandel, mais des autres lieux des In-des , comme Bengale, Surate & la Côte de Malabar, aussi bien que de cel-les qui viennent de Perse & de la Mer Rouge ; elle a auffi des Magazinspour toutes fortes de marchandises d'Europe, que lon transporte commo-dément , quand il le faut, dans tous les lieux des Indes (a). Le principalCommerce cependant qui fe fait font des toiles, dont les plus belles fe fabri-quent

(a) Dictionn. de Commerce, T. I. Ct>l. 1155.

(*) On a vu que dans les comtnencemens que les François eurent Pondichery, 011faisoit de grandes plaintes que toutes les commodités de la vie y manquoient presque.

& sur-tout le pain & leau, si nécessaires à la vie ( 1). On crioit cependant plus haut quonne devoit, puisquil y a actuellement une Riviere qui traverse la Ville; & quoique le paysdes environs soit naturellement aride & sablonneux, lindustrie des habitans, aidée du se-cours des ingénieurs Européens, a fait que leau y est si abondamment & si égalementdistribuée, quils recueillent en grande abondance du riz, des herbages, des fruits desindes, & que lon y cultive les vignes avec tant de succès', quelles portent deux foispar an; à-la-vérité le raisin ny vient pas à la maturité requise pouf faire du vin,

Hiais il ne laisse pas dêtre de bon goût. sain & rafraîchiffmt (2). La Relation étendueque nous avons donnée dans le texte est tirée dun Mémoire envoyé à la Compagnie enFrance, & ceux qui ont été depuis à Pondichery (3) conviennent quil est exact. II fautatiisi considérer que la différence des Pays & des climats demande auiïï une différente ma-niéré de vivre, & labondance consiste véritablement à avoir ce qui est nécessaire pour legenre de vie qui convient aux lieux lon se trouve; car de sattendre à avoir fur laCôte de Coromandel cette forte dabondance que lon a en Europe, est absurde & peu na-turel; ceux qui dans le cours dun voyage aux Indes visitent ces endroits, ny font quePeu de séjour, & ignorant les mœurs & les coutumes font des juges peu compétens (4).

(1) Journal du voyage de M. Du &«es>ie, T. (s) Luìlur.

II. P.lâa-iL;. G) On na qu'2 compatit les Relations.

(aj Hist, des Indes Orient, T. III. p. zji , zjz.

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