■rS* CONQUETES, ÉTABLÏSSEMENS &c. DES FRANÇOISSection Avant que de quitter ce sujet, il ne sera pas hors de propos de reinar-quer combien la .persévérance est avantageuse en des affaires de cette na-V T" tore - Ces Portugais vinrent d’abord dans les Indes avec peu de forces, qui“defa Com- bientôt, devinrent supérieures à tout ce qui voulut s’opposer à eux, ensor-pagnie te que profitant des conjonctures favorables, ils devinrent pour ainsi di«.0u,xX ndçs re tout d’un coup maîtres des Indes. Les Hollandois, .pouffes par le défef-& c ‘ pair , .& ayant le Commerce des épiceries principalement en vue , tombe-Comhien rent fur cette partie des Etabliffemens des Portugais, où ils étoient les plusla.perscvé- foibles5 & les riches cargaisons qu’ils rapportèrent dans un Pays, où bienrance t c J! -dés personnes av.oient de l’argent & où un plus grand nombre n’en avoient0 geuse m point, mais étoient prêts à tout entreprendre pour en gagner, excita aisémentdes affai- ce courage , qui emporte tout ce qu’il rencontre, & par lequel ils ont.éta-rcs de cette bli un Empire bien. plus vaste & plus riche, que ne le font leurs Etats ensature. Europe (a). Les Anglais ont tenu un milieu entre la hauteur des Portu-gais & l’humeur intéressée des Hollandois. Quand toutes ces Nations al-lèrent aux Indes', elles étoient déja depuis du tems stilées au Commerce, &en état de faire les fraix de leurs premiers Etablissemens. .11 n’en fut pas de-même des François, ils vinrent les derniers, lorsque le Commerce des Indesétoit déja entre les mains d’autres Nations, qui avoient pour eux des fonds& de l’expérience ; ils rencontrèrent de grandes difficultés pour s’établir, &quand ils .furent établis, ils eurent peu de soutien de chez eux; avec tout ce-la en supportant ces difficultés, & en tâchant de les surmonter, en poussantje tems, avec la résolution de rester où ils étoient auffi longtems qu’il leurseroit possible, en quoi ils ont,réussi à la faveur de divers expédions, con-.tre l'attente des autres & peut - être contre la leur même, ils font venusà bout de leurs desseins; ce qui prouve qu’il n’y a point obstacles que lapatience ne surmonte, & qu’il n’est point de Nation qui ne puisse se for-mer à cette vertu, qui n’est pas autrement celle que l’on vante dans lesFrançois (b) (*).
SEC-;
■(a) Waltcr Ralegh's Discourse of tbe in* (S) Test. Polit, de Louvois, p. 439. 440.ventipn of Ships Stc.
service de France à ces Cours, qui y avoient beaucoup de crédit (i ) ; & depuis que leGrand-Mogol s’est rendu maître de ces Pays, les François ont eii foin de s’entretenirfurle. même pied avec ses Nababs, & outre cela de cultiver assidûment la bonne intelligenceavec les Kajahs ou Princes indiens, grands & petits, dépendans ou indépendans de l'Em-pire du Mogol; ce gui leur a été infiniment avantageux, comme on le verra dans la fui-te de ce Chapitre, & comme nous rapprenons continuellement par les avis qui viennentde ces Pays-là (2).
(*) Le hardi & entreprenant M. de Louvois , que nous avons cité pour appuyer ce quenous disons dans le texte, pensoit vraisemblablement ainsi, & bien-qu’il n’ait pas vécuallez pour voir de grands succès ni dans les Indes Orientales, ni dans les Indes Occiden-tales , il osa prédire au Roi son Maître, que par leur constance les François réussiraientà la fin, & ne se distingueraient pas moins par le Commerce, que par les Négociations &
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(r) Tavtrnitr , Sernicr , Carre > Dellon t-;c, - (z) Sui désinformations particulières & fur des
Mem. MS.de personnes qui résident aux Indes.