DANS LES INDES ORIENTALES. Liv. XVII. Chap. IX. ig 3
mais les recompensoient de leurs services. Us protégeaient les habitans qui Sections’ctoient établis à Pondichery, dont ils perfectionnoient tous les jours les ^ouvrages, envoyant sans-cesse des Partis pour nettoyer les chemins des Bandits, .
des Maraudeurs & autres Pillards qui les infestoient; par ce moyen ils enga- ^ a íagèrent un Peuple sobre, pacifique & industrieux à s’établir dans leurs terres, pagnieoù ces gens-là étoient assurés de jouir tranquillement des fruits de leur tra- ouxhide&vail, qui ne vont rarement gueres au-delà du nécessaire, avec lequel ils ne ° c 'laissent pas de vivre contens (a).
Ce procédé soutenu pendant plus de cinquante ans leur a acquis une Ràpnta.haute réputation dans les Indes, & à juste titre; leur Forteresse & leur vi-gilance les ayant garantis des surprises & de l’opprestìon, comme leur pau-vreté les mettoit à couvert de l’envie, & leur politesse des insultes auxquel- luíerentles ils anroient fans cela été exposés. Mais ces avantages ne font pas com- h tr /<?«>*parables encore à celui de la connaissance de Fintérieur de l’Inde, qu’ils ont hn,ne C0!3 'acquise par leur Commerce avec les Naturels, en allant de Cour en Cour;desorte que dans cet espace de tems il se forma parmi eux une multitudede Sujets, qui connoissoient mieux le Commerce de Fintérieur du Pays, lesendroits d’où venoient les plus belles marchandises, ceux où se fabriquoientles plus belles manufactures, que ne le peuvent connoître ceux qui demeu-rent toujours dans leurs Etablissemens, & qui n’ont pas Foccasion, ou nefont point tentés d’entreprendre de nouveaux voyages (b). Ce fut encorepar-là que plusieurs Marchands & Jouailliers acquirent en voyageant de pe-tites fortunes, qui étant revenus en Europe fur des Vaisseaux Anglois &Hollandois, furent dans la fuite utiles pour le Commerce particulier qui sefit à St. Malo par la permission de la Compagnie. On fit peu d’atten-tion à toutes ces circonstances dans le tems que les affaires de la Compagnieétoient en si mauvais état, qu’elle fut obligée de céder fis privilèges pourempêcher ceux qui étoient à son service de mourir de faim , & cependantelles contribuèrent dans la fuite â la mettre en état de faire son Com-merce avec plus de facilité, avec moins de dépenlè, & par conséquentavec plus de profit, qu’aucune des autres Nations qui trafiquent auxIndes (c) (*).
Avant
(a) Mém. dans les Archives de la Compa- ( \b ) Lett. Edif. T. XV.gnie, nura. i. 00 Hist. des Indes Orient. T. III. p. 359»
(*) Ce goût de voyager de lieu en lieu, & de s’iníìnuer auprès de ceux qui font à latête des affaires, est naturel aux François, à leur a toujours été fort utile, bien-quequel-stues-uns de leurs voisins s’en soient moqués en le traitant de légéreté C’est par-là qu’ilsfont plus de progrès, & qu’ils fe mettent fur un meilleur pied dans presque tous les Paysstu’aucune autre Nation. Ce qui le prouve, c’esl que quelques-unes des meilleures Rela-tions que nous avons des Indes, ont été écrites par des François qui y ont été fans ca-faftere, & uniquement pour y faire fortune. C’est en conséquence de ce même tour d’es-prit, que nous les voyons si prêts L prendre toutes sortes de Postes civils & militaires dansfis Cours des Princes d'Orient, ce qui fait qu’eux & leur Nation sont mieux connus de plu-sieurs de ces petits Souverains, que d’autres. Pendant que les Royaumes de Visiapour,de Golconde & dc Bengale subsistèrent, il y avoit toujours des François, ou des gens ao