DANS LES INDES ORIENTALES. Liv. XVII. Chap: IX. i85
S E C T I O N V.
Eut domestique de la Compagnie’ dans le tems de la mort de Louis XIV. Sousquelles conditions & dans quelles vues le Duo Régent prit en main ses affaires& celles des autres Compagnies ; & q Ue [ ^toit le véritable but de leur réunion ,
. à laquelle il donna le titré renflant & spécieux rl’UNioN, pour que ce nom ser-vît en quelque façon à faire revivre le crédit.
R etournons à-présent en France , & passons de I’Histoíre des Sectiondifficultés que la Compagnie éprouva au dehors , à celle des efforts V.qu’elle fit dans le Royaume. A la mort de Louis XIV. son Fondateur, &son généreux & bienfaisant Protecteur pendant tout le cours de son régné, ^Lrmitele Duc d’Orléans fut mis en possession du Gouvernement de l’Etat, ou sen gl !„fs eempara fous le titre de Régent. C’étoít un Prince qui avoir de grands ta- par la réu-Lns, & qui au commencement de son administration fit tout ce qu’il put nion ílepour passer pour être pacifique,' F Ami du Peuple, & le Protecteur du Com-
merce. Ce fut donc à lui que la Compagnie s’adressa, comme il étoit-1_
naturel, pour obtenir un nouvel Octroi : dans fêtât où elle se trouvoit, el- Continua •le ne desiroit que le renouvellement de ses privilèges, pour en obtenir de^” J enouveaux ; c’eít ce qu’elle n’avoit jamais espéré. Car bien-qu’elle eût obte-nu, avant la mort du Roi, une prolongation de dix ans, à compter du f e ’ n ^ ffst,premier de Mai 1715, cette faveur, comme toutes les autres qu’elle avoir pagaie.reçues du Roi, ne lui servit de gueres, parce qu’elle manquoit de fondspour faire son Commerce ; d’ailleurs ce nouveau terme étoit si court, qu’iln’ajouta que très-peu à son crédit tant au dedans qu’au dehors du Royaume.
Elle actendoit des secours plus solides plu Duc Régent, & qu’il lui fourni-roit de quoi rétablir son Commerce. Mais ce Prince & son Ministre étoientdans des lèntimens bien différens de ceux dont la Compagnie se fîattoit ;ôí bien loin d’être disposés à donner de f argent à d’autres pour le mettre
dans
par la guerre. 11 avoue que c’est une prophétie dont les ennemis du Roi se moque-roient si elle étoit entre leurs mains, & il assure hardiment qu’ils verront avec le temsque les rieurs ne seront plus de leur côté, que les François les supplanteront, qu’ils leurenlèveront leur Commerce, & qu’ils les chasseront de la plupart de leurs Etablissemensdans les autres parties du Monde (1). 11 avoue que jusqu’alors ils n’avoient pas été heu-reux dans leurs entreprises; mais il console son Maître & se console lui-même, en remar-quant que des desseins de cette nature réussissent rarement d'abord; & il dit qu’il ne faut .
pas's’étonner que le chemin dans lequel on marche soit bordé d’épines qui piquent enpressant, ni qu’en courant en cette carrière on trouve des endroits raboteux, qui fassentquelquefois broncher. L’importance est qu’en tombant on ne se brise pas, qu’on ait laforce de se relever de sachûte, & de continuer ensuite â marcher ; car peu à peu on iraenfin jusqu’ab bout, malgré tous les obstacles qui auront causé du retardement. Cesréflexions & ces vues d’un Ministre mort il y a íilongtems, Je 16 de Juillet 1697(2},font assez extraordinaires, & on ne peut douter qu’elles n’ayent fait de fortes impressionsfnr st s successeurs.
(i) Testam. Politiq, de Likvoìs , p. 435,440, (r) Histoire Chronologique du dernier fieclc ,
Tome VIII. A a
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