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22 (1764) L' histoire des découvertes, des conquêtes, et des établissemens des Hollandois, des Danois et des François dans les Indes orientales ...
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DANS LES INDES ORIENTALES. Liv. XVII. Chap: IX. i85

S E C T I O N V.

Eut domestique de la Compagnie dans le tems de la mort de Louis XIV. Sousquelles conditions & dans quelles vues le Duo Régent prit en main ses affaires& celles des autres Compagnies ; & q Ue [ ^toit le véritable but de leur réunion ,

. à laquelle il donna le titré renflant & spécieux rlUNioN, pour que ce nom ser-vît en quelque façon à faire revivre le crédit.

R etournons à-présent en France , & passons de IHistoíre des Sectiondifficultés que la Compagnie éprouva au dehors , à celle des efforts V.quelle fit dans le Royaume. A la mort de Louis XIV. son Fondateur, &son généreux & bienfaisant Protecteur pendant tout le cours de son régné, ^Lrmitele Duc dOrléans fut mis en possession du Gouvernement de lEtat, ou sen gl !fs eempara fous le titre de Régent. Cétoít un Prince qui avoir de grands ta- par la réu-Lns, & qui au commencement de son administration fit tout ce quil put nion ílepour passer pour être pacifique,' F Ami du Peuple, & le Protecteur du Com-

merce. Ce fut donc à lui que la Compagnie sadressa, comme il étoit-1_

naturel, pour obtenir un nouvel Octroi : dans fêtât elle se trouvoit, el- Continuale ne desiroit que le renouvellement de ses privilèges, pour en obtenir de^ J enouveaux ; ceít ce quelle navoit jamais espéré. Car bien-quelle eût obte-nu, avant la mort du Roi, une prolongation de dix ans, à compter du f e n ^ ffst,premier de Mai 1715, cette faveur, comme toutes les autres quelle avoir pagaie.reçues du Roi, ne lui servit de gueres, parce quelle manquoit de fondspour faire son Commerce ; dailleurs ce nouveau terme étoit si court, quilnajouta que très-peu à son crédit tant au dedans quau dehors du Royaume.

Elle actendoit des secours plus solides plu Duc Régent, & quil lui fourni-roit de quoi rétablir son Commerce. Mais ce Prince & son Ministre étoientdans des lèntimens bien différens de ceux dont la Compagnie se fîattoit ;ôí bien loin dêtre disposés à donner de f argent à dautres pour le mettre

dans

par la guerre. 11 avoue que cest une prophétie dont les ennemis du Roi se moque-roient si elle étoit entre leurs mains, & il assure hardiment quils verront avec le temsque les rieurs ne seront plus de leur côté, que les François les supplanteront, quils leurenlèveront leur Commerce, & quils les chasseront de la plupart de leurs Etablissemensdans les autres parties du Monde (1). 11 avoue que jusqualors ils navoient pas été heu-reux dans leurs entreprises; mais il console son Maître & se console lui-même, en remar-quant que des desseins de cette nature réussissent rarement d'abord; & il dit quil ne faut .

pas'sétonner que le chemin dans lequel on marche soit bordé dépines qui piquent enpressant, ni quen courant en cette carrière on trouve des endroits raboteux, qui fassentquelquefois broncher. Limportance est quen tombant on ne se brise pas, quon ait laforce de se relever de sachûte, & de continuer ensuite â marcher ; car peu à peu on iraenfin jusquab bout, malgré tous les obstacles qui auront causé du retardement. Cesréflexions & ces vues dun Ministre mort il y a íilongtems, Je 16 de Juillet 1697(2},font assez extraordinaires, & on ne peut douter quelles nayent fait de fortes impressionsfnr st s successeurs.

(i) Testam. Politiq, de Likvoìs , p. 435,440, (r) Histoire Chronologique du dernier fieclc ,

Tome VIII. A a

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