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22 (1764) L' histoire des découvertes, des conquêtes, et des établissemens des Hollandois, des Danois et des François dans les Indes orientales ...
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186 CONQUETES, ÉTABLISSEMENS &c. DES FRANÇOISSection dans le Commerce, ils nétoient occupés qu à imaginer ce qui pouvoir faí-V re servir le nom & la réputation de Commerce pour remplir les Coffres da^nentfe'la Roi, asm dacquiter les dettes de la Couronne, & de décharger lEtat & laCompa^nL 'Nation du fardeau quils avoient fur les épaules, & dans cette vue ils tra-génêruie vailloient à cette fuite dinventions connues encore en France fous le nompar la réu- ^ SYSTÈME (ct).

nionde , ç e fut Jans cette vue que le Régent témoigna tant de faveur à la Com-avircs. ^ pagnie des Indes Occidentales, dont il fixa le Capital à cent millions, &

- par- fe procura le moyen de diminuer ce grand nombre de Charges, quu-

Cpmment ] on g ue guerre avoit rendues nécessaires. Mais quand la Compagnie des'lasafif Indes Orientales vint représenter sa situation, & solliciter du secours, lesDirecteurs reconnurent bientôt quils avoient affaire à des gens qui en-riutres, tendoient leurs affaires aussi bien queux-mêmes, & au-Jieu de les gouve'r-Compa- nei - 5 comme ils avoient fait les autres Ministres, ils furent obligés de feà ses reme ttre eutierement entre leurs mains, & de sen rapporter à leur gêné-c tms ro (ité & à leur discrétion,'/;). Le résultat fut ce quils navoient pas vrai-semblablement prévu, savoir la dissolution réelle de la Compagnie , enlincorporant à celle dOccident, qui engloutit aussi toutes les autres, &cela dans la vue de l'avantage immédiat qui en revenoit- à lEtat, & peut-êtredans une vue éloignée de celui du Commerce des Indes Orientales ; on enexposa pleinement létat aux yeux du Public, pour lui faire croire que ladisposition de sommes íi considérables, les foibles progrès, & enfin la dé-cadence totale de ce Commerce, dévoient être attribués à une mauvaiseadministration, & quen y remédiant, le trafic des Indes ne deviendroit pasmoins avantageux à la France, quil létoicà lAngleterre & à la Hollan-de (c . A considérer cette révolution dans les affaires de la Compagnie,& labolition de ses privilèges à la rigueur, il faudra regarder le nouvelEtablissement comme la cinquième Compagnie des Indes Orientales forméeen France ; mais si lon pèse d'autres circonstances, telles que le transportdes effets & des dettes de lancienne Compagnie à la Nouvelle, & quelquesautres dont il sera parlé dans la fuite, on peut l'envisager comme une sim-ple continuation, ou tout au plus comme un rétablissement de lancienne (*).

LE-

(it) Hiíì: de la Compagnie des Indes, p.335 - List. des Indes Orient. T. III. p. 195.se) Hist. delaComp des Indes, p. 114.

sel Dict. de Commerce, T. I. Col 1-57?& íuiv. 0 J

(*) Vers la fin du régné de Louis XIV. lorsque les revenus publics de France étoîentconsumés plusieurs années davance, lorsque les dettes de lEtat étoient devenues si immen-ses . quon introduisit de nouvelles dénominations dans les Comptes, & que lon comp-toir non seulement par millions mais par milliards, & lorsque les gens ies plus éclairéscroyoíent que tout étoit désespéré , cetoit M. Desma-etz , éleve de M, Colhert , qui avoitla direction des Finances, & ce que la postérité aura de la peine à croire , il trouva moyeujusquà \a mort de son Maître, de maintenir en quelque sorte le crédit public Mais àla mort du Roi il s e retira, & laissa la direction de tout à ces esprits entreprenons que *le Duc Régent mit dans les affaires (1). Leur premier grand expédient fut lEtablisse-

ment

(1) Hist. du Visa, T. I. p. 3,