186 CONQUETES, ÉTABLISSEMENS &c. DES FRANÇOISSection dans le Commerce, ils n’étoient occupés qu à imaginer ce qui pouvoir faí-V re servir le nom & la réputation de Commerce pour remplir les Coffres da^nentfe'la Roi, asm d’acquiter les dettes de la Couronne, & de décharger l’Etat & laCompa^nL 'Nation du fardeau qu’ils avoient fur les épaules, & dans cette vue ils tra-génêruie vailloient à cette fuite d’inventions connues encore en France fous le nompar la réu- ^ SYSTÈME (ct).
nionde , ç e fut Jans cette vue que le Régent témoigna tant de faveur à la Com-avircs. ^ pagnie des Indes Occidentales, dont il fixa le Capital à cent millions, &
-— par-là fe procura le moyen de diminuer ce grand nombre de Charges, qu’u-
Cpmment ] on g ue guerre avoit rendues nécessaires. Mais quand la Compagnie des'lasafif Indes Orientales vint représenter sa situation, & solliciter du secours, lesDirecteurs reconnurent bientôt qu’ils avoient ■■ affaire à des gens qui en-riutres, tendoient leurs affaires aussi bien qu’eux-mêmes, & au-Jieu de les gouve'r-Compa- nei - 5 comme ils avoient fait les autres Ministres, ils furent obligés de feà ses reme ttre eutierement entre leurs mains, & de s’en rapporter à leur gêné-c “ tms ’ ro (ité & à leur discrétion,'/;). Le résultat fut ce qu’ils n’avoient pas vrai-semblablement prévu, savoir la dissolution réelle de la Compagnie , enl’incorporant à celle d’Occident, qui engloutit aussi toutes les autres, &cela dans la vue de l'avantage immédiat qui en revenoit- à l’Etat, & peut-êtredans une vue éloignée de celui du Commerce des Indes Orientales ; on enexposa pleinement l’état aux yeux du Public, pour lui faire croire que ladisposition de sommes íi considérables, les foibles progrès, & enfin la dé-cadence totale de ce Commerce, dévoient être attribués à une mauvaiseadministration, & qu’en y remédiant, le trafic des Indes ne deviendroit pasmoins avantageux à la France, qu’il l’étoicà l’Angleterre & à la Hollan-de (c . A considérer cette révolution dans les affaires de la Compagnie,& l’abolition de ses privilèges à la rigueur, il faudra regarder le nouvelEtablissement comme la cinquième Compagnie des Indes Orientales forméeen France ; mais si l’on pèse d'autres circonstances, telles que le transportdes effets & des dettes de l’ancienne Compagnie à la Nouvelle, & quelquesautres dont il sera parlé dans la fuite, on peut l'envisager comme une sim-ple continuation, ou tout au plus comme un rétablissement de l’ancienne (*).
L’E-
(it) Hiíì: de la Compagnie des Indes, p.335 - List. des Indes Orient. T. III. p. 195.se) Hist. delaComp des Indes, p. 114.
sel Dict. de Commerce, T. I. Col 1-57?& íuiv. 0 ‘ J
(*) Vers la fin du régné de Louis XIV. lorsque les revenus publics de France étoîentconsumés plusieurs années d’avance, lorsque les dettes de l’Etat étoient devenues si immen-ses . qu’on introduisit de nouvelles dénominations dans les Comptes, & que l’on comp-toir non seulement par millions mais par milliards, & lorsque les gens ies plus éclairéscroyoíent que tout étoit désespéré , cetoit M. Desma’-etz , éleve de M, Colhert , qui avoitla direction des Finances, & ce que la postérité aura de la peine à croire , il trouva moyeujusqu’à \a mort de son Maître, de maintenir en quelque sorte le crédit public Mais àla mort du Roi il s e retira, & laissa la direction de tout à ces esprits entreprenons que *le Duc Régent mit dans les affaires (1). Leur premier grand expédient fut l’Etablisse-
ment
(1) Hist. du Visa, T. I. p. 3,